[CRITIQUE] "Le Mage du Kremlin » : " Le Prince " de Machiavel version XXIème siècle.
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Dans la Russie après l'URSS, il y a tant de jeunes gens assoiffés de liberté. Beaucoup d'enfants d'apparatchiks qui n'ont qu'à tendre les bras pour attraper le pouvoir offert par cette émancipation toute neuve.
Des oligarques qui vont gagner beaucoup d'argent et des artistes qui découvre la permission d'enfin tout dire au théâtre et tout montrer sur les nouvelles chaines de télévision.
Vadim Baranov, auteur dramatique d'avant-garde moscovite devenu producteur de téléréalités populaires et "décervelantes" - excusez le néologisme- , est approché par les nouveaux maitres du pays afin qu'il les aide à mettre au pouvoir un obscur ex agent du KGB qu'ils pensent malléable et inoffensif.
Très mauvaise idée et très mauvaise pioche, l'association de ce fat nouveau premier ministre et futur président de la fédération de Russie et du producteur opportuniste et sans état d'âme va créer un monstre, le plus terrible chef d'état que la Russie est connue depuis Staline.
Un Tsar ambitieux, prêt à tout pour redresser le blason de l'Empire Russe.
Glaçant, " Le mage du Kremlin" qui au départ est un roman à succès de Giuliano da Empoli, c'est " Le Prince " de Machiavel version XXIème siècle. Terreur, manipulation, fake news, téléréalité et abrutissement des masses, le héros qui murmure à l'oreille de Vladimir Vladimirovitch Poutine est librement inspiré par Vladislas Sourkov, homme de médias qui théorisa " La démocratie souveraine" et " La verticalité du pouvoir " deux concepts qui ont fabriqué la Russie d'aujourd'hui. Sourkov l'éminence grise du Tsar Poutine, Sourkov, l'homme qui lui a appris comment prendre le pouvoir et surtout comment ne plus jamais le rendre.
Belles images, Moscou recréé à Riga en Lettonie, une distribution parfaite, Jeffrey Wright, le narrateur, séduit autant qu'effrayé par la nonchalance et la voix doucereuse du toujours excellent Paul Dano ( n'en déplaise à Quentin, le mauvais coucheur. ), et bien sûr Jude Law, visage marmoréen, regard reptilien, il est un Poutine plus vrai que nature.
Film historique et philosophique de très bonne facture, on peut simplement regretter que la réalisation classique d'Olivier Assayas et le scénario parfois scolaire de notre incontournable russophone Emmanuel Carrère, n'ont pas l'originalité et la vitalité du film d'Ali Abbasi " The apprentice "qui racontait aussi l'histoire d'un pacte faustien entre un homme de pouvoir sans âme et un communiquant sans scrupule en version USA.
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Le Mage du Kremlin », d’Olivier Assayas, avec Paul Dano, Jude Law, Alicia Vikander, Tom Sturridge
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