Retour sur "Un diamant dans les gravats " vu par notre rédactrice - illustratrice
On avait déjà présenté, il y a tout juste un mois, le dernier volet de la collection "Ma nuit au musée" chez Stock, version Luz, l'ancien dessinateur de Charlie Hebdo, mais en voici une nouvelle approche, plus axée dessin et technique par notre collaboratrice Virginie Dessine
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La collection “Ma nuit au musée “ chez Stock repose toujours sur le même postulat : un écrivain, une artiste, une personnalité publique passe la nuit dans le musée de son choix et il en naît des textes. Luz a choisi le centre George Pompidou alors qu’il est fermé et en chantier. Pourquoi ? parce qu’il se reconstruit comme lui. Parler du fait qu’être seul dans un musée en chantier c’est aussi savoir se laisser envahir par la somme des tableaux absents, des visiteurs disparus, ces travailleurs de la culture remplacés un temps des des ouvriers du bâtiment, par tous ces fantômes supposés ou réels. Luz noircit de croquis (qui accompagnent le texte) un petit carnet cette nuit là alors que les œuvres sont toutes emballées. Je comprendrai, à mesure que j’avancerai dans mes croquis, que, la plupart du temps, je bonhommifie le réel qui m’entoure En d’autres termes, il voit des bonhommes partout comme lorsqu’on voit des visages dans la nature, des têtes d’animaux dans les rochers ou des sourires dans le décor urbain (on parle de paréidolie) . Au fur et à mesure de ses déambulations, Luz se livre : Après le 7, mon monde intérieur, celui qui est tapissé de certitudes s’est effondré. Plus exactement : au creux de l’enveloppe que je nomme mon corps, il n’y a plus eu d’organes, de réseaux nerveux ou de viscères mais un très large cratère. Les caisses où sont rangées certains tableaux lui font penser aux cercueils de ses amis de Charlie ou 8 enterrements qui ont eu lieu en si peu de temps. Bluffée par sa mémoire (il se souvient exactement où étaient les collections avant). A propos de Bacon dont il avait vu une rétrospective à Beaubourg il écrit : Si ses portraits, malaxés, tabassés, piétinés, étaient aussi puissants, c’est parce qu’il recherchait la justesse, pas la ressemblance…[…] que le dessin a collé non pas aux traits de la personne mais à ce qu’on ressent d’elle. Bacon ne peignait d’ailleurs que ses amis. Bluffée par tout ce que Luz arrive à écrire sur des pièces vides et des œuvres en carton. Il raconte par exemple comment les artistes expressionnistes et la peinture expressionniste allemande sont rentrées dans sa vie (et on comprend mieux comment est née la bande dessinée, Deux femmes nues, que je vous conseille vivement). Une balade parmi les fantômes et un texte intime et très émouvant, 10 ans après l’attentat. |

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