[CRITIQUE] Un bon petit soldat, il vaut quoi le nouveau film de Stephane Brizé sur le monde du travail
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Après sa percutante trilogie du travail, où brillait Vincent Lindon, le cinéaste français Stéphane Brizé trace cette fois le portrait d’une femme évoluant dans un milieu de travail toxique, incarnée par l’excellente actrice italienne Alba Rohrwacher,
Une femme de pouvoir mais fragile
L’histoire met en scène une femme d’une quarantaine d’années, incarnant une figure puissante mais fragile, qui doit naviguer dans un univers où la brutalité et la brutalité implicite sont monnaie courante. La narration s’attarde sur ses moments de doute, ses insécurités et la sensation d’être un imposteur, des sentiments universels que Brizé souhaite mettre en lumière. La scène clé où elle doit annoncer une décision difficile à un collaborateur illustre cette tension : une confrontation qui dévoile la fragilité de ses certitudes et la brutalité du système qu’elle sert, souvent sans en avoir pleinement conscience.
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Une représentation sans clichés et plus satirique qu'à l'accoutumée
On sent pour Brizé l’importance de représenter cette femme, jouée avec un talent immense par Alba Rohrwacher avec nuance, évitant les clichés liés à la figure de la dirigeante. Elle incarne à la fois la puissance et la vulnérabilité, illustrant la complexité des femmes dans des postes de responsabilité. La dimension intime de cette lutte personnelle rejoint la critique sociale, car derrière le portrait individuel se dessine une réflexion plus large sur la brutalité inhérente à certains environnements professionnels, où la performance et la confiance en soi sont souvent mises à rude épreuve.
Mais ce souci du détail n'empêche pas le traitement de ce sujet par une tonalité moins sombre moins pessimiste que lors de ses précédents film sur le monde du travail, les scènes de jeu avec le happiness manager ou le décalage entre les films promotionnels et la réalité de la violence managèriale peuvent parfois preter à (sou) rire devant l'énormité du truc.
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On aime aussi la dimension sonore du film, où la musique joue un rôle essentiel pour accentuer l’atmosphère.
L'emploi à ce sens de percussions pour souligner les moments d’angoisse ou de tension, créant une ambiance oppressante.
La séquence d’ouverture, qui rappelle un clip vidéo avec un montage serré, témoigne de cette volonté de mêler esthétique et narration.
Une reprise en deux occasions, et notamment au générique d'une version punk rock, du titre de Louis Amstrong «What a Wonderful World», vise à illustrer la dualité des perceptions : la même chanson peut raconter deux histoires opposées, tout comme le visage de son personnage peut incarner des réalités contrastées.
L'occasion idéale pour explorer la complexité de l’identité, en montrant que derrière une même apparence, il peut exister des versions très différentes de soi-même. Encore une fois, Brizé frappe très fort !
UN BON PETIT SOLDAT
Réalisation: Stéphane Brizé
date de sortie : 25 novembre 2026
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