« QUELQUES MOTS D’AMOUR"-Rencontre avec le réalisateur Rudi Rosenberg
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Après Le Nouveau en 2015, le cinéaste Rudi Rosenberg signe avec "Quelques mots d'amour", signe son second long métrage. Ce long métrage, chroniqué ici même, raconte le combat d'Abigaëlle pour rencontrer enfin son père qu'elle n'a jamais vu et qui n'a pas voulu la reconnaître à sa naissance.
Erika, sa mère (sublime Hafsia Herzi), qui élève seule ses deux enfants l'accompagnera dans sa quête.
Quelques mots d’amour » raconte l’obsession de cette dernière pour retrouver ce géniteur qu’elle n’a jamais connu et qui ne l’a jamais reconnue. celui qui fait un long-métrage tous les dix ans nous a présenté son film le 8 octobre à Lyon " Je voulais avant tout par ce film rendre hommage aux mères célibataires", a t- il expliqué en exergue de notre rencontre.
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Un chien star et Sarcelles en vedette
Rudi Rosenberg explique également l’ancrage de son second long-métrage au milieu des tours de Sarcelles au mitan des années 90 par deux arguments. L’un est pratique : " C’est évident que rechercher quelqu’un avec l’aide des techniques d’aujourd’hui précipite l’issue et cela devient un court-métrage" … et l’autre plus sentimental : "C’est ma jeunesse ; j’ai une nostalgie de cette période, comme beaucoup de gens de Sarcelles d’ailleurs en ont eu dans les années 2000 ."
C’est dans ces mêmes années 2000 justement que se déroule l’épisode « Papa va venir » de la célèbre émission belge « Striptease » : une mère et ses deux filles attendent, en vain, l’arrivée d’un père pour fêter l’obtention d’un permis. 'C’est l’une de mes sources d’inspiration avec d’autres témoignages de filles recherchant leur père, très nombreux dans ces années-là. Je me suis dit que cette quête était une vraie idée de cinéma. C’était aussi pour moi l’occasion d’y greffer des sujets qui m’intéressent : le rapport mère-fille, qui est au cœur de film, celui entre frère et sœur… Sans oublier d’y mettre des touches d’humour. L’épisode de ’’Striptease’’ m’a aidé pour le rythme des dialogues et pour la direction artistique .
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"Je ne me permets pas de poser un jugement sur mes personnages »
« Quelques mots d’amour » pose certaines questions assez vertigineuses, comme cette idée de chantage à l’enfant qui fait naître beaucoup de souffrances. "Pour une mère ayant fait un choix radical et qui, souvent impuissante mais toujours compatissante, voit son enfant puis son adolescente s’enferrer jusqu’à s’isoler et déraper ; pour une jeune fille en quête de repères et de considération. Je ne me permets pas de poser un jugement sur mes personnages ; je ne dis pas qu’une telle ou untel dit vrai. Tout ce que je sais, c’est qu’une fille de 14 ans, qui n’a rien demandé et qui n’est pas comptable de ce qui s’est passé entre sa mère et son père, souffre… Voilà ce que je raconte. Et le fait que ce cataclysme permet à la fille de retrouver une mère qu’elle avait invisibilisée .
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On aurait pu s’imaginer que Rudi Rosenberg ait écrit le rôle d’Erika pour Hafsia Herzi, une nouvelle fois formidable à l’écran. Mais la réalisatrice et actrice est arrivée après dans l’aventure, le cinéaste étant parti sur un casting sauvage presque intégral. On ne se connaissait pas. Elle a lu le scénario et c’était parti. On s’est retrouvé sur le plateau et tout a été d’une grande simplicité. Hafsia est quelqu’un d’évident, d’instinctif. Elle n’a pas eu peur de jouer aux côtés d’amateur(e)s même si on a vécu des moments disons cocasses… se voir proposer des matelas entre des prises… assurer la communication de certain… Pour la concentration c’est compliqué mais cela donne des souvenirs de tournage géniaux .Quant à Aïdan Djouadi, qui joue Yoni, le petit frère d'Abi, le réalisateur raconte : " Il avait envoyé une vidéo à notre directrice de casting, où il racontait une bagarre qui avait eu lieu dans son école. Il était si drôle que nous l'avons immédiatement engagé."
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Retour en images sur l’avant-première le 8 octobre de "Quelques mots d’amour" au Pathé Bellecour en présence du réalisateur Rudi Rosenberg.
Et, pour corser un peu la chose, le réalisateur s’est mis en tête de faire tourner des enfants et des animaux : "C’est compliqué mais toutes les actrices et les acteurs professionnel (le)s ne sont pas toujours plus simple. Et le chien était un acteur merveilleux (rire) . "C'est un bon acteur, s'est amusé à enchaîner Rudi Rosenberg. Beaucoup de chiens ne savent pas jouer. Mais lui, oui... C'est incroyable." Et d'ajouter, avec humour : " Cela coûte très cher de faire tourner un animal au cinéma. C'est presque celui qui a été le mieux payé sur la production.
Comme quoi il suffit souvent de… quelques mots d’amour pour réussir un film .
Merci au Pathé Lyon et à Ad Vitam.
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