Baz'art  : Des films, des livres...
27 décembre 2012

On se lève tous pour... le stand up!!

Je vous l'ai déjà dit pluMustapha-Elatrassi-1sieurs fois sur ce blog ( je commencerai pas à radoter un peu moi?)  : concernant les spectacles comiques,  ce que je préfère, c'est avant tout la simplicité.
C'est vrai quoi, mettez moi un chaise, une scène,  et dessus un type qui raconte sa vie pendant une heure et je suis comblé, alors que parrallélement, les spectacles avec des sketches et des personnages très variés, j'ai toujours tendance à trouver cela un peu too much, un peu trop exagéré..
Le stand-up réclame  avant toute autre chose du punch, une tchatche irrépressible et du rythme, et lorsque j'ai envie de rire, ces 3 élements me suffisent amplement.

 Bref, j'adore le stand up, et je suis ravi qu'il fleurisse tant sur les scènes françaises depuis une bonne dizaine d'années, grace évidemment à l'essor de son Jamel et de son comedy club. C'est en hommage à ce genre humoristique  vénéré, que je vous dresse une petite revue de 3 artistes dont j'ai vu le spectacle récemment, deux sur scène, et un, le boss , Jamel en personne à la télé pour la dernière de son spetacle Jamel en vrai retransmise en direct sur M6 la semaine passée.

 1.Un corrosif et percutant Mustapha El Atrassi  : 

Lorsque je suis allé voir Mustapha El Atrassi début décembre au Rideau Rouge, mon café théatre de quartier dont j'ai déja maintes fois parlé, il partageait l'affiche avec Julien Courbet, l'ancien animateur de Sans Aucun Doute. Doutant fortement du pouvoir comique de ce dernier (déjà Arthur et Cauet, ca faisait peur, alors  imaginezJulien Courbet!!!), je n'ai pas hésité à préférer attendre la seconde partie de soirée pour aller applaudir cet humoriste que j'avais remarqué il y a quelques années chez Ruquier puis chez Ardisson,  aussi bien pour son sens de la répartie vacharde que pour son ton bien incisif à souhait.

Plus que Jamel, la véritable source d'inspiration d'El Atrassi, c'est l'école américaine du stand up, celle de la grande épque, de  Richard Pryor, Lenny Bruce, George Carlin,  en passant par  plus récemment Jerry Seinfeld ou Chris Rock. D'ailleurs, sa connaissance de l'humour US lui a permis  de rester l'année dernière quelque temps à l'affiche de la prestigieuse Laugh Factory ("L'usine du rire") de Los Angeles  puis de jouer dans la foulée quelques dates à San Fransico et New York, avec un vrai succès à la clé.

L'humoriste a d'ailleurs retenu pas mal de chose de son séjour outre atlantique vu que son spectacle est réglé comme une mécanique qu'un américain ne renierait pas. Et le rythme qu'il met dans ses diatribes a une efficacité toute anglo saxonne. avec un show réglé comme du papier à musique. Mais cela n'empeche pas non plus l'improvisation, dans laquelle El Atrassi, formé également à la bonne école, montre toute l'étendue de son art, au grand dam des spectateurs choisis comme tête de turc.

L'humour pratiqué par le comédien est typiquement celui que j'affectionne : corrosif, méchant, osé : il n'épargne personne, et semble se délecter d'entendre des "ouh" et des "oh" de la part du public qui semble parfois un peu outré. El Atrassi est particulièrement pugnace avec la communauté maghrébine et son rapport si particulier avec la thématique du sexe, mais si les spectacteurs directement concernés n'ont pas semblé tous rire aux éclats, son passage avait vraiment le mérite de sortir des sentiers battus.
El Atrassi parle longuement du sexe, et tout cela est hilarant sans jamais verser dans le grotesque ou le vulgaire, et même les passages plus anodins a priori sur son chat (qui fait tout pour attirer son attention afin de passer sur You tube) est tout aussi tordant. Spécial dédicace à son passage sur les requêtes google, qui m'a fait hurler de rire, mais tous les geeks qui ont un blog ne pourraient forcément que se délecter.
Bref, un excellent moment passé avec un vrai surdoué de la scène

173669_max-boublil-12.Un regressif et chantant Max Boublil

Bien qu'étant  plus âgé que Mustapha El Atrassi ( 33 ans contre 26), Max Boublil a un public moins diversifié en âge et surtout beaucoup plus jeune.

Dans cette Bourse du travail rempli de visages prépubères, nous avions l'air de vrais  papy et mamies.

Il faut dire que Max Boulbil est une vraie idole de la jeunesse, grâce à ses vidéos sur You Tube qui l'a totalement consacré icone du web. Ecouté et regardé en quelques mois par plus de 1 million d’internautes en 2007, le clip de sa chanson délibérément provocatrice, « Ce soir... tu vas prendre », avait fait le tour du Web et des plateaux télé.

Mais il faut croire que je suis resté un grand ado car pour la seconde fois en un an, je suis retourné, toujours avec ma compagne, le voir sur scène.  Sa première prestation ( encore) au Rideau Rouge m'avait emballé, alors que je connaissais jusqu'à alors tres mal son univers. Dans  ce spectacle il nous racontait son quotidien, tout ce que sa cyber célébrité lui a apporté et surtout il nous raconte comment sa vie de mec normal lui a inspiré ses chansons cultes de "J’aime les Moches" en passant par "Chatroulette" .

Du coup, j'avais totalement refait ma culture "Boublil" en regardant tous les mois les (inégaux) nouveaux clips qu'il met en ligne, et également en m'achetant les deux albums de chanson humoristique qu'il a commercialisé, et écoutant en boucle presque tous ses morceaux, mes préférés étant Mon Coloc et les mythos, bande originale du film du meme nom.

Je ne serais pas très long sur le compte rendu de son dernier spectacle vu à la Bourse du Travail car en fait,  si vous voulez savoir ce que j'en pense, autant vous renvoyer sur mon billet de l'année dernière. En effet, comme je m'en suis aperçu de suite, ce spectacle est exactement la copie conforme que celui joué l'an passé, alors que j'étais persuadé qu'il s'agissait d'une tournée différente. Du coup, me rappellant bien de ses répliques et de l'ordre de ses chansons, l'effet de surprise était nettement moins dévastateur que la première fois. Je me suis toujours bien marré, car son humour est toujours aussi efficace, mais forcément, comme j'ai une mémoire pas trop mauvaise ( au moins un truc sympa que dame nature m'a donné), je me rappelais bien des chutes de ses phrases.

Cela dit, reconnaissons tout de même que tout le spectacle n'était pas exactement le même que l'an passé : Boulbil a modifié quelques passages ( un sur sa vision de l'allemagne, bien marrante),  a rajouté à la fin une chanson tirée de son second album ( T'es bonne, où il joue avec un plaisir certain à la rock star) , et a également visiblement enlevé de son répertoire des situations un peu trop osées.

Il faut dire que ce soir là, dans le public, étaient présents pas mal d'enfants âgé de 10 à 13 ans, et cela a visiblement perturbé l'humoriste, décontenancé par le fait que des parents aient pu emmener voir leur progéniture voir un spectacle pas forcément adapté à leurs âges.

Cela a donné lieu à quelques envolées improvisées bien senties, car comme pour El Atrassi, Boublil est bien à l'aise niveau interactivité et impro. Un bon moment quand même même si j'aurais préféré avoir plus de nouveauté dans le show.

1321303893_tout-sur-jamel-french-dvdrip3. Un Jamel un poil décevant

Jamel Debbouze, je pense être un des tous premiers à l'avoir vu sur scène, bien avant qu'il ne devienne l'immense star qu'il est devenu quelques années après: à ma fac de Villetaneuse, au milieu des années 90, j'étais allé le voir dans un amphi dans lequel il  donnait un show, alors qu'il débutait tout  juste sur Radio Nova, et je me souviens que j'avais été épaté par son aisance scénique et sa verve, même si je ne pouvais me douter de l'ampleur que sa carrière allait prendre par la suite.

Ensuite, je n'ai jamais raté un de ses spectacles sur scène, riant aux éclats devant ses pitreries et son sens de la formule, ainsi que devant sa capacité à chambrer le public avec des vannes dont lui seul a le secret.

J'avais failli, les deux fois qu'il a joué son spectacle Tout sur Jamel sur Lyon, aller le voir en direct, mais le prix étant assez inabordable pour mes finances actuelles, j'ai abandonné l'idée et j'ai attendu que son spectacle passe à la télé, ce qui a été le cas la semaine passée, avec la retransmission de sa dernière au Zénith sur M6, que je n'ai pas voulu rater, m'appretant à rire comme un tordu, comme à chaque fois avec lui.

Or, là, grosse déception : si Jamel reste toujours aussi bondissant et énargique, et  cultive toujours  l'art du stand up, c'est à dire la capacité de dialoguer avec l'assistance comme s'il racontait sa vie à son meilleur copain, son spectacle n'occasionne pas vraiment les crampes aux zygomatiques attendues . La faute à une écriture  assez faible, poussive, et même parfois consensuelle. Comme l'indique le titre de son  one-man-show, Tout sur Jamel, l'acteur se contente de raconter sa vie, mais sans le brin de fantaisie et pas assez de recul pour nous faire rire.

  Tout est finalement attendu de sa part  « Mon père ne voulait pas que je fasse du théâtre, un truc pour les homosexuels et les pédés. Il a changé d'avis quand je lui ai offert sa première voiture ».  Il est aussi question d'immigration, de religion, de sa rencontre Jamel émeut également quand, au bout de trois quarts d'heure, il arrive à «l'essentiel»: la rencontre avec l'amour de sa vie, la journaliste Mélissa Theuriau. et de son mariage avec elle ( la partie finalement la plus drôle et la mieux écrite du spectacle)."Quand t'es amoureux, tu fais des trucs que t'as jamais faits comme entrer dans un magasin de bougies»,

On a la nette impression que Jamel se repose un peu sur ses acquis, sur le capital sympathie qu'il dégage, et surtout sur le fait que son public lui est déjà acquis et s'esclaffe dès qu'il ouvre la bouche... Cela dit, au fil du show,  je n'ai pas eu l'impression que les gens riaient à tout rompre. Pourtant à la fin de son show, l'artiste  se félicite de son public qui, malgré ses diversités générationnelle, sociale et culturelle, rit au même moment, pour les mêmes blagues.

Bref, au vu de ces trois spectacles, j'ai eu un peu l'impression que le maitre s'est fait un peu dépassé par ses "élèves", pas forcément au niveau de la forme, mais bien du fond...

En même temps, nuancons un peu mon propos :pour Jamel, j'étais simplement devant mon écran de télé. (et puis j'ai toujours du mal à comprendre le plaisir que peut avoir un humoriste à jouer dans une salle aussi immense que le Zénith)... Et vous, alors, vous en pensez quoi, du stand up en règle générale? 

Commentaires
C
Je n'ai vu que le dernier spectacle de Jamel et je n'ai pas accroché du tout. Si tu dis que c'est n'est pas le meilleur, je vais donc lui laisser une chance pour les prochaines fois :)
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A
Ma préférence va aux scènes ouvertes, ou au spectacle de jeune qui démarrent. Je ne suis pas fan de Debouzze, en revanche El Atrassi, why not ! Il a l'air de bien se débrouiller.<br /> <br /> Sinon, je ne sais plus si on en avait parlé mais je te conseille Alex Ramires, il tourne à Lyon d'ou il est originaire. Il fait pas mal de personnages différents, tu n'aimes pas forcément ça, mais à voir tout de même !
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M
J'ai offert une place à Jules pour Jamel Debbouze à la Halle Tony Garnier, il a eu le même sentiment que toi, qu'il se reposait sur ses lauriers, qu'il était moins saignant... et lorsque j'ai vu le spectacle à la télé la semaine dernière, j'étais bien d'accord avec lui. Nous aussi nous sommes fan du stand up et les "élèves" de Jamel au Comedy Club sont effectivement très bons!
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I
Je mets de côté Djamel dont j'ai fini par me lasser et garde les 2 premiers pour un éventuel séjour sur Paris ...
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LE FESTIVAL DU FILM DE LAMA DÉVOILE SA PROGRAMMATION !
 

 

Cette année encore, pour sa 32ème édition, le Festival du Film de Lama vous propose une programmation qui ravira petits comme grands, faisant une belle part aux œuvres présentées au Festival de Cannes avec des films venus du monde entier. Comme l'indique la devise du festival, rendez-vous aux "Chroniques d'un village monde" !
 
Le festival s'ouvrira sur le film de Sarah Arnols L'espèce explosive, présentée à la Quinzaine des Cinéastes cette année et mené par Alexis Manenti, Ella Rumpf et Vincent Dedienne.
 
Pour continuer sur cette lancée cannoise, le festival aura l'honneur de vous présenter La vie d'une femme de Charline Bourgeois-Tacquet mais aussi Notre Salut (Prix du Scénario - Festival de Cannes 2026) d'Emmanuel Marre, Minotaure (Grand Prix de Cannes 2026) de Andreï Zviaguintsev, La Bola Negra (Prix de la mise en scène - Festival de Cannes 2026) de Javier Calo et Javier Ambrossi ou encore Histoires de la nuit de Léa Mysius.
 

Festival du Film Italien de Villerupt

49e édition - Du 23 octobre au 8 novembre 2026

www.festival-villerupt.com

 

 

 

Hommage à Monica Vitti et rétrospective autour de la figure du père, la 49e édition du Festival de Villerupt dévoile ses premiers éléments de programmation et son affiche officielle.

 

En 2026, le Festival de Villerupt a souhaité, dans le cadre de sa rétrospective thématique, mettre en avant la figure paternelle. D’autorité structurante dans l’Italie d’après-guerre, cette dernière dérive progressivement vers une figure fragile, déplacée, voire problématique, révélatrice des mutations sociales, économiques et culturelles du pays. Une évolution qui sera illustrée travers une sélection d’une dizaine de films.

 

Le festival rendra aussi hommage à l’une des plus grandes icones du cinéma mondial : Monica Vitti, disparue en 2022. Reine de la comédie à l’italienne et égérie de Michelangelo Antonioni, elle est notamment célèbre pour ses rôles dans L’avventura ou Le désert rouge.

DE L'ÉCRIT À L'ÉCRAN MONTELIMAR FILM FESTIVAL 15 ème édition

DU VENDREDI 18 AU JEUDI 24 SEPTEMBRE 2026- Montélimar


Le festival De l'écrit à l'écran revient en septembre 2026 pour sa quinzième édition.
Véritable temps fort de l'action culturelle menée par l'association éponyme, le festival conjugue au présent cinéma et littérature, crée des ponts inter-culturels et interartistiques stimulants et enrichissants. Il s'articule autour de 3 axes fondamentaux: ce qui s’écrit, ce qui se dit et ce qui se pense, sur la toile comme au-delà, et les met en lumière. En 2025, le festival a accueilli plus de 147 invités, organisé 140 événements dont 89 séances de cinéma et réuni plus de 33 000 spectateurs.

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