Baz'art  : Des films, des livres...
30 avril 2015

Night Call: le rattrapage nécessaire du voyage nocturne hallucinant et halluciné de Jake Gyllenhall

PACKSHOT-NIGHT-CALL-BLU-RAY

Sur ce coup là, faisons immédiatement mon mea culpa : le 26 novembre date de la sortie en salles du film "Night Call", j'étais passé complètement à côté du film et l'avait même écarté de ma sélection du jour.

 Il faut dire que  Night Call (Nightcrawler en VO) est de ces films qui sont un peu venu de nulle part, sans vraiment de promotion  avant, et je me suis vite aperçu que la petite série B qui lorgnait un peu trop du coté de Drive (titre pour la sortie française tiré d’un morceau du film de  ou Nicolas Winding Refn ; mise en avant de l’accroche «  par les producteurs de Drive » sur l’affiche …) valait bien plus que cela.

 Et d’ailleurs, la critique française, qui avait été assez silencieuse sur le film avant sa sortie s’est vite rattrapé tant le film a eu un net consensus autour de lui pour reconnaitre toutes ses nombreuses qualités intrinsèques.

 Malgré cela, je suis resté sur mes positions initiales et me suis dit que le voir en salles ne faisait pas forcément partie de mes priorités, vu tous les bons films qui sont sortis à la fin de l’année 2015.

night

 Cela étant, le rattraper en DVD était devenu assez indispensable,   et c’est ce que j’ai fait grâce à sa toute récente sortie, le 7 avril dernier, chez Orange Studios en DVD et Blu ray (le film fait également l’objet d’une belle chronique de Potzina dans son challenge ciné club spécial film policier).

 Et, une fois n’est pas coutume je me rangerais du coté de la grande majorité-il y a bien eu deux trois voix dissonantes, mais vraiment à la marge, en reconnaissant tout le talent et la qualité de ce Night call,  et qu’alors que j’avais eu quelques réserves sur le scénario du film "Drive," ici  c’est peut-être le point le plus brillant du film de Dan Gilroy, accessoirement  frère du cinéaste Tony Gilroy, réalisateur de Jason Bourne ( d’ailleurs au départ j’avais confondu les deux, et comme je suis pas un fana du cinéma de Tony, ca avait contribué à mon manque d’enthousiasme initial).

 En effet, tout à la fois  satire cruelle et percutante des médias et de la télé poubelle dont les USA sont encore plus pourvus que les français,  le film en dit aussi pas mal sur les travers du fameux rêve américain ainsi que sur les dérives et spécificités du  monde du travail actuel,  où seuls les personnes les moins scrupuleuses et les plus ambitieuses auront droit de cité.

 C’est évidemment le cas de ce  Lou Bloom (Jake Gyllenhaal),  personnage assez fascinant et qui fait évidemment penser au Travis Bickle,  de Taxi Driver (la scène ou Jake Gyllenhall hurle à lui-même en se regardant dans la glace est évidemment un hommage à la fameuse scène du You're talking to me ? »  Dans sa façon d’écumer au volant les rues nocturnes, où le danger menace à tout instant, et dans son coté carnassier et prédateur à la recherche d’une proie.

night call

 Difficile sans doute de s’attacher de prime abord à ce Lou Bloom, tant le type est froid et dénué de toute émotion que le commun des mortels peut ressentir, mais son intelligence évidente et son imprévisibilité dans ses faits et gestes en font évidemment un grand personnage de cinéma

 Et évidemment, comme tout le monde l’a déjà dit ici ou la, Jake Gyllenhaal  est prodigieux dans ce rôle épatant et aurait certainement mérité l’Oscar du meilleur acteur.  Après Prisoners, Enemy ou même End of Watch (un film hélas sous estimé qui fait pas mal penser à ce Night Call même si le personnage de Gyllenhal était de l’autre coté de la loi) meilleurs rôles si ce, son interprétation  hallucinée et hallucinante prouve qu’il est  devenu un des meilleurs acteurs de sa génération.  À ses côtés, saluons le retour de  René Russo en  directrice de l’information cynique et la révélation Riz Ahmed en jeune assistant  crédule et prêt à tout pour suivre son mentor.

 Satire féroce et parfois peut-être à la limite de la caricature (c’est sa seule limite) de sans la spectacularisation à outrance et de l’exploitation putassière des faits divers par les médias d’aujourd’hui (et malheureusement le drame du 7 janvier dernier montre que cela est toujours d’actualité),  on est forcément admiratif devant la façon où la cité des anges est filmé, ville à la fois de tous les dangers et de tous les vices…

 Assurément un des excellents films de cette année 2014 qui aurait pu si je l’avais vu à temps figurer dans mon fameux top ten… Et incontestablement à rattraper en DVD (malgré une absence de bonus notables) ou VOD  pour ceux qui ne l’ont toujours pas vu…

NIGHT CALL Bande Annonce

Commentaires
M
Après l'avis de Potzi et maintenant le tien, il faut absolument que je le vois !
Répondre
P
Contente que tu aies aimé aussi ! Et au passage, merci pour le lien vers ma chronique, c'est très gentil :D<br /> <br /> Gyllenhaal est vraiment doué, il est souvent dans les bons plans en ce moment. Pas forcément des films tout public (Ennemy par exemple) mais du bon cinoche.<br /> <br /> Merci pour ce beau billet filou ! Bonne soirée :)
Répondre
T
Je n'ai pas forcément adoré (j'ai aimé Rene Russo mais je trouve son personnage pas bien exploité par exemple et dans l'ensemble je trouve qu'il manque un petit truc que je n'arrive pas à désigner) mais il s'agit tout de même d'un très bon film. Je voulais le voir au ciné, hélas il n'est resté que deux semaines chez moi et il y avait tellement de sorties que je n'ai pas pu tout voir. En tout cas, un film bien mis en scène, représentatif de notre époque, avec un scénario efficace et un Jake Gyllenhaal qui méritait au moins sa place dans les cinq nommés aux Oscars.
Répondre
Qui sommes-nous ?

 

Webzine crée en 2010, composé d'une dizaine de rédacteurs qui partagent  la même envie : transmettre notre passion de la culture sous toutes ses formes : critiques cinéma, de littérature adulte et jeunesse, critiques de pièces de théâtre, concert , expositions, musique, interviews et portraits d'artistes, comptes rendus de spectacles,  tests de jeu de société., couverture de festivals de cinéma ou de musique...

Visiteurs
Depuis la création 8 308 896
le 11ème Festival du cinéma chinois en France.

Le 11ème Festival du cinéma chinois en France a la particularité de circuler en France, avec un programme contemporain et inédit, jusqu’au 30 juin.

Entre grandes productions populaires et œuvres d’auteur, la programmation met en lumière la richesse des genres et des thématiques, allant de l’animation au thriller, en passant par le drame, le film historique ou encore le documentaire.

Le Festival se déroulera en mai et juin 2026 dans une dizaine de villes, dont Paris, Strasbourg, Lyon, Marseille, Toulouse, Cannes, Brest, Montargis, ainsi qu’en Outre-mer à La Réunion et en Nouvelle-Calédonie.

Il va passer à Lyon au Pathé Bellecour à partir du 29 mai 

Parmi les films présentés, le public pourra découvrir le nouveau film de Zhang Yimou « Scare out », ( voir photo ci dessous) « Endless journey » de Dai Mo (multi primé en Chine), « The lychee road » de Dong Chengpeng...

 

Le Festival de Cannes s’invite dans les cinémas Pathé!!

 

Du vendredi 22 au dimanche 24 mai, weekend Cannois dans les cinémas Pathé

 

Les films de Cannes s’invitent dans votre cinéma Pathé Grenoble pour un weekend exceptionnel du 22 au 24 mai, avec la projection d'une sélection de films issus de la sélection officielle du Festival de Cannes.

 

Pour la 13ème année, une sélection de films du Festival de Cannes sera proposée dans les cinémas Pathé Palace à Paris, Pathé Boulogne, Pathé Rennes, Pathé Nantes, Pathé Bellecour à Lyon, Pathé Wilson à Toulouse, Pathé Masséna à Nice, Pathé Comédie à Montpellier, Ciné Capitole à Clermont-Ferrand et Pathé Grenoble.

Au programme, trois jours de festivités aux couleurs de la sélection cannoise ! Cette nouvelle édition se tiendra du vendredi 22 au dimanche 24 mai 2026 et proposera plus d’une dizaine de films de la sélection officielle du Festival de Cannes. Une occasion exceptionnelle pour les cinéphiles de découvrir ces films presque en même temps que les festivaliers et, pour certains, plusieurs mois avant leurs sorties en salles.

Drôlement bien, Festival d'Humour en 2027 à Lyon

 

DRÔLEMENT BIEN, LE FESTIVAL D’HUMOUR NÉ À BESANÇON, ANNONCE SON EXPANSION NATIONALE ET S’INSTALLE À LYON

Après trois éditions couronnées de succès qui ont fait rayonner la capitale comtoise, le festival d’humour Drôlement Bien lance sa première édition lyonnaise du 14 au 17 janvier 2027, confirmant son statut de référence nationale.

Pour cette édition inaugurale à Lyon, Drôlement Bien investira 9 salles et proposera une programmation riche de 35 à 40 spectacles, fidèle à son ADN de festival social et accessible : « Rire ensemble, c’est Drôlement Bien!"

Festival Drôlement Bien - le festival pour rire

Nous contacter

Une adresse mail : philippehugot9@gmail.com 

Newsletter
168 abonnés