Baz'art  : Des films, des livres...
30 juin 2015

L'ombre des femmes : du Garrel pur jus, mais.... en mieux!!

 

ombre femmes

Dernier film de la trilogie des grands auteurs français dont les films sortaient en salles en même temps que leur projection cannoise, "L'ombre des femmes", présenté  en ouverture de la Quinzaine des Réalisateurs avait reçu comme le Brizé et le Desplechin un bel accueil critique.

Des trois, c'est celui que j'hésitais le plus à voir tant, car comme  je l'avais dit lors de ma chronique en 2011 d'un de ses derniers films Un eté brulant je n'ai pas vraiment d'affinités avec ce cinéma pourtant adoré par une grande partie de la critique institutionnalisée.

 Pour moi, le cinéma de Philippe Garrel était vraiment symptomatique d'un certain cinéma d'auteur français qui me laisse totalement de marbre, , et ce pour plusieurs motifs :  trop épuré, trop aride, trop plat, trop désincarné, et joué par des acteurs trop naturalistes, et dont  les dialogues souvent creux  et les personnages manquant cruellement de consistance.

Un cinéaste qui fait partie de ceux que le grand public n'arrive pas à apprécier, ce qu'on voit avec les critiques des internautes du site Allo Ciné, et qui démontre combien la politique des auteurs  qui a court dans lle journalisme cinéma peut irriter.

Alors cette année, si  les inconditionnels du cinéma de Philippe Garrel ont encore chanté les louanges de cette 'Ombre des femmes", j'ai quand même eu l'espoir que ce coup ci, j'allais pouvoir peut-être pas me joindre à ce concert, ou du moins être moins hermétique à cet univers, et j'ai eu raison, car comme prévu, le film est plus romanesque et plus touchant que ses autres oeuvres.

Si le motif du sentiment amoureux est un thème récurrent dans l'oeuvre du réalisateur revélé par la nouvelle vague,  cette "ombre des femmes" est  l'occasion pour le cinéaste d'explorer la complexité du triangle amoureux, toujours en perpétuant le cinéma de la nouvelle vague au parisianisme qui peut rebuter, mais qui en même temps présente un charme tout autant suranné qu'intemporel.

Garrel ramasse en à peine plus d'une heure l'histoire de Pierre (Stanislas Merhar) et Manon (Clotilde Courau). Leur fusion amoureuse et professionnelle (ils sont documentaristes) est mise en danger par la liaison que noue Pierre avec une jeune stagiaire, Elisabeth (Lena Paugam). Puis par celle que Manon, par dépit plus que par désir, s'invente à son tour.

Le film est d'autant plus interessant qu'il nous offre une peinture touchante d'un sujet certes déjà vu et revu mais qui continue de passionner, celui du vertige des sentiments et du trouble de la passion.

ombre des

Cette succession de séquences choisies dans la vie d'un couple pourra irriter, notamment par le biais du personnage de l'homme, neurasthénique et qui ne se remet pas vraiment en question, un personnage ingrat que le jeu de Stanislas Mehar, particulièrement amorphe, ne fait rien pour arranger.  Dommage car pour lui donner la réplique, Clotilde Coureau, loin des  les frasques de princesse, offre une déchirante et bouleversante prestation en femme qui n'acceptera plus de vivre dans l'ombre de son homme.

Car avec son "ombre des femmes", Garrel a réalisé un  film féministe  ni naïf ni simpliste, malgré un style particulièrement épuré.   Et même si  l'émotion tarde un peu à venir, elle est bien présente, ce qui est rare dans un film de Garrel avec un dernier quart d'heure très beau comportant une très belle scène de rupture, et de retrouvailles.

Et Paris, au coeur du film, ses rues escarpées, son climat hors du temps  est sous la caméré de Garrel qui l'a pourtant souvent filmé, particulièrement bien mis en valeur par l'image en noir et blanc  et la musique subtile et pudique de Jean Louis Aubert.

Bref, même si Garrel ne renie en rien son style, son "Ombre des femmes" est définitivement plus accessible et plus sensible que ses précédents films et devrait légèrement aggrandir son cercle d'initiés.

 
Commentaires
A
Très belle critique Filou !<br /> <br /> Je ne connais pas la filmo de Garrel mais j'ai aimé cet opus, son charme, son noir et blanc, son casting, sa réalisation et ses questions intrinsèques. <br /> <br /> Belle journée
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Depuis vingt-six ans, le Festival Cinémas du Sud, organisé par Regard Sud, offre un panorama du cinéma contemporain du Maghreb et du Moyen-Orient, à travers des œuvres rares

(Fictions, documentaires) avec la présence exceptionnelle de leurs cinéastes.

 Cette 26e édition qui se tiendra du 15 au 18 avril 2026, permettra de découvrir aussi des œuvres du patrimoine arabe, comme le film Gare Centrale de Youssef Chahine, et Said Effendi du cinéaste irakien Kameran Hosni (né en Irak et décédé en 2004 à Los Angeles) et le film du cinéaste marocain Ahmed El Maanouni, Alyam, Alyam.

Cet évènement sera aussi l’occasion de découvrir des œuvres inédites, des premiers long-métrages et d’assister à une avant-première. Elle accueillera des invités témoignant de l’importance du Festival Cinémas du Sud à l’Institut Lumière.

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Les Mauvais Gones 2026 : Lyon au cœur du cinéma criminel du 20 au 24 avril

Du 20 au 24 avril 2026, Lyon accueillera la 8e édition du festival Les Mauvais Gones, un rendez-vous désormais installé dans le paysage culturel lyonnais, dédié au cinéma policier et de gangsters.

Pendant cinq jours, le cinéma UGC Ciné Cité Confluence se transforme en véritable immersion dans l’univers du crime à l’écran, avec une programmation de films cultes, des soirées thématiques et des échanges avec des invités du monde du cinéma.

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Festival Caravane des Cinémas d’Afrique

La 18e édition du Festival Caravane des Cinémas d’Afrique aura lieu du 21 au 26 avril 2026 au Ciné Mourguet et dans 30 salles partenaires à travers la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Créé en 1991, le Festival Caravane des Cinémas d’Afrique avait initialement lieu chaque année avant d’adopter un rythme biennal dès 1992. En 2026, il retrouvera son format annuel, marquant ainsi une nouvelle étape dans son histoire. Ce retour à une périodicité annuelle permettra au festival d’accompagner plus étroitement la vitalité et la diversité du cinéma africain contemporain, en écho à la richesse de sa production et à l’enthousiasme croissant de son public.

Le Festival en quelques chiffres : une trentaine de films présentés, 30 salles partenaires en Région Auvergne-Rhône-Alpes, une vingtaine de nationalités et invités, environ 80 séances, 6 films en compétition pour le Prix du Public, 10 courts métrages pour le Prix du Jury Jeune. 

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