Baz'art  : Des films, des livres...
25 septembre 2015

Life : la légende de Jimmy sans les clichés...

 

life

 Encore une fois, comme le mois passé, c’est sur le gong que je participe au fameux Ciné club de Potzina, puisque après ma demie chronique de Caprices d’hier matin, j’ai réussi à voir et à chroniquer un autre film qui rentre dans le thème de cette semaine, à savoir un film qui a pour sujet principal le théâtre ou le cinéma  (et encore j’ai vu aussi "Youth" qui parle également d’un metteur en scène de cinéma mais de façon un peu trop secondaire pour apparaitre à mon sens dans ce ciné club, et puis de toute façon le temps  pour écrire cette chronique m'a fait défaut) 

Car avec  Life, d’ Anton Corbijn, réalisateur du mémorable et malheureusement méconnu  "Un Homme très recherché"( un de mes dix films préférés de 2014), on est pile poil dans ce genre de film.

En effet, même si on est loin du biopic classique comme le film a pu être vendu ici et là, le film aborde frontalement le monde du cinéma, avec une vision du cinéma hollywoodien  originale et vraiment intrigante . 

Même si ce n’est pas le sujet central du film,  l'univers impitoyable de Hollywood, autour de personnages comme le patron Warner (interprété avec une vraie délectation par un Ben Kinsgley jubilatoire ) y est parfaitement rendu.

 Pour les nombreux cinéphiles-comme Potzina d’ailleurs- qui avouent leur réticence avec le genre, il faut donc redire à quel point ce Life n’a  vraiment rien d'un "biopic classique puisqu’il nous montre qu’une brève parenthèse dans la vie de James Dean, quelque temps avant sa mort tragique, à l’aune de  rencontre avec le photographe Dennis Stock

life film

Je l’avoue, c’est un peu là d’ailleurs les limites de ma cinéphilie, avant de voir ce Life  je ne savais pas grand-chose  de James Dean  à part ses trois films qu’il a tourné et que j’ai vu étant jeune («A l'est d'Éden", "La Fureur de vivre", "Géant"), et évidemment son coté Rebel with a cause et  le fait qu'il soit devenu une icône du cinéma après sa mort tragique à 24 ans.

 Autrement dit, je ne connaissais de lui  que  les très grandes lignes-et encore je ne vous ai pas parlé de la comédie musicale la Légende de Jimmy vu quand j’étais jeune, ca n’aurait pas fait très sérieux j’avoue-, et le mérite premier du film de Corbijn est de nous amener loin des clichés de cet acteur mythique, grâce à une histoire justement faite de clichés, ceux de ce photographe Dennis Stock qui a immédiatement perçu le potentiel photogénique et au-delà de son modèle.

dean

Grâce au regard que lui porte Denis Stock et aussi Anton Corbijn,  James Dean y apparait comme un être perdu, profondément mélancolique,  un jeune homme au débit mal assuré, trainant, qui traîne une sourde douleur, un mal-être qui l’amène dans un statut proche  de l’autisme, bref loin de l’image d’Épinal de la vedette d’Hollywood, la  légende rock and roll qui ne réfléchit pas trop.

Mais plus qu’un portrait de l’idole de toute une génération, ce qui passionne Anton Corbijn , photographe de formation et de première profession c’est de  sonder  la relation quasi-mystique entre un photographe  et son sujet,  une approche rarement vue au cinéma, et qui ici touche forcément par sa justesse et  sa pertinence. 

 

jimmydean

Life est ainsi basé sur un  chassé-croisé  ambigu ( notamment sexuellement parlant, même si le film n'est jamais explicite la dessus)  et jamais totalement désinteressé entre ce quêteur d'images qui rêve de trouver LE sujet qui mènera à la gloire, et cette jeune star en devenir. 

Et à ce niveau, les acteurs qui interprètent ces  deux personnages sont vraiment excellents, que ce soient Robert Pattinson, qui devient décidément après son passage chez Cronenberg-et avant  sa rencontre très attendue avec James Gray- un acteur de plus en plus intéressant, et évidemment la révélation Dane Dehann (vu dans The places Beyond the Pines ou la saison 3 de In treatment), bouleversant de fragilité et de vulnérabilité dans un rôle vraiment casse gueule sur le papier.

Si le rythme du film est parfois un peu trop lent, laissant poindre en de rares occasions une pointe d’ennui malgré  tout l’intérêt de l’angle choisi ( pas sur  du coup qu'il atteigne les sommets du top 10 comme un homme très recherché), "Life" reste assurément un fort  objet cinématographique, qui dépasse de loin le simple biopic sur James Dean, pour atteindre  une réflexion profonde sur les relations entre les êtres humains et la difficulté de vivre dans un monde pas forcément fait pour eux. 

LIFE (2015) - Bande Annonce / Trailer [VOST-HD]

 

Commentaires
B
oui je pense aussi que ce Life a les qualités pour te séduire..donc guette les sorties de ton ciné de quartier :o) de rien j'y tenais à cette participation plus que tout vu le thème abordé donc je ne pouvais pas ne pas en être...:o) très bon week end à toi chère Potzina!
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P
Effectivement le biopic n'est pas mon genre de prédilection mais j'aurais bien aimé voir ce Life parce que, comme toi, je ne sais pas grand-chose sur James Dean. J'ai vu ses films, je regarde les photos mais c'est tout. Mon ciné de quartier doit en avoir une copie sous peu donc je prends mon mal en patience. Même si tu émets quelques réserves, je reste très intéressée par ce film qui a plus de chance de me plaire que les biopics qui sentent l'encaustique ;)<br /> <br /> Merci pour ce beau billet et pour ta participation au ciné-club filou :) Très bonne fin de journée et bon week-end !
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