Baz'art  : Des films, des livres...
8 janvier 2016

Back Home: un des derniers bijoux cinématographiques de 2015

 

backhome

Au départ j’avais prévu de publier ce vendredi mon top cinéma de 2015 car le 8 janvier est une bonne date pour tirer un trait sur une année cinéma, et puis en le faisant je me suis aperçu qu’allait figurer dedans un film dont je n’avais pas encore parlé car il est sorti dans les dernières semaines de l’année, et j’ai eu particulièrement du mal à tenir le rang de mes chroniques ciné, dans la dernière partie d’une année qui a fini à toute berzingue.

 

Contrairement à ce qu’on pourrait deviner, ce film n’est pas au delà des Montagnes de Jia Zhangke- qui figure au palmarès de pas mal de cinéphiles- j’ai bien vu ce film dans les temps et je reviendrais dessus mais malgré toutes ses qualités, il ne m’a pas assez emporté pour figurer dans mon classement final.

 

En revanche, le Back Home  ( dont le titre initial Plus fort que les bombes a été changé pour la sortie en salles, suite aux attentats du 13 novembre, qui a pourtant connu un accueil bien tiède lors du dernier Festival de cannes où il était en sélection officielle, m’a vraiment totalement emballé, de telle sorte que l’inclure dans ce top ten- le suspens est de savoir à quelle place- m’a semblé être une évidence dès la fin de la projection.

 

D’ailleurs, je dois constater que cette année, les plus beaux films présentés en compétition officielle lors du Festival de Cannes 2015  avaient tous ou presque pour thématique le deuil car après  « Valley of love » de Guillaume Nicloux et  « Mia Madre » de Moretti ( tiens, et si eux aussi, figuraient dans le top ten???), « Back home »qui  traite de pas mal de sujets différentes en filigrane,  aborde en premier lieu, de très belle manière, cette grande difficulté pour les membres d’une même famille à surmonter un deuil même plusieurs années après qu'il soit survenu.

back home

 

Si la famille dont nous parle Back home  semble être de prime abord  une famille- certes un peu dysfonctionnelle- comme les autres, Joachim Trier a l’intelligence de nous rappeler que chaque être et chaque chemin pour tenter de se remettre d’un deuil sont  singulier et ont chacun  leur beauté et leur légitimité.

Back Home aborde ce sujet le deuil  avec douceur, sans  jamais l'empoigner  frontalement, mais tout en proposant quelques envolées lyriques particulièrement judicieuses et bienvenues.

N’ayant pas vu Oslo 31 aout, un film que beaucoup ont préféré à Back Home, je ne connaissais pas l’univers et l’ambiance du cinéaste danois, mais force est de constater que le cinéaste n’a pas perdu son âme en venant à Hollywood tant le soin apporté à beauté des images – belles couleurs froides et lumières naturelles- et  de la musique sert idéalement  les questionnements et tourments de ces personnages masculins qui nous semblent être des frères de deuil.

Afficher l'image d'origine

Le scénario n’est pas vraiment linéaire, il navigue d’une scène du présent à un flash back, à une scène revue sous un angle différent et cette confusion des situations et des sentiments épouse parfaitement la tentative de ce père de famille ( excellent Gabriel Byrne, qu’on est heureux de retrouver dans un rôle assez proche de la formidable série En Analyse)  et de ses deux garçons de cherchent à reconstituer le puzzle des derniers moments de vie de leur mère/épouse d’autant plus que comme rarement,  le tout s’enchevêtre avec une fluidité et une maitrise parfaite

 Sans jamais s’appesantir dans des discours sentencieux et moralisateurs, Back Home nous  rappelle de fort belle manière à quel point il faut prendre soin de nos proches, prendre soin de nos enfants, même  la communication est difficile et que les êtres humains n’ont rien de super héros, avec plus de faiblesses que de forces.

 

 Parmi le casting particulièrement solide, une révélation, Devin Druid,  dans le rôle de Conrad Reed, le benjamin de la famille, particulièrement émouvant dans le rôle du jeune adolescent mutique et complexe, et qui vaut aux films quelques beaux instants de grâce comme cette scène à la fin du film, ce  retour d’une fête d’adolescents avec une voix off qui nous fait penser au meilleur des chansons (et des pièces) de Vincent Delerm, à la fois profondément mélancoliques et joyeuses et solaires en même temps.

 

On pense aussi parfois en voyant Back Home aux films de Gus Van Sant, aux romans de Laura Kashiske  bref, que de belles références qui loin de couler le film, rendent ce Back home profondément bouleversant et hypnotique  et font assurément de ce magnifique film une des grandes œuvres de cette année qui vient de s’écouler.

 

 

 

Commentaires
B
oui pour moi ce beau souvenir est un des plus marquants de cette année, peut etre aussi car je l'ai vu à la fin... mon top est pour lundi on pourra comparer les notres :o) bonne année à toi aurore!!
Répondre
A
Il ne figure pas dans mon top mais il reste un très beau souvenir de cinéma, et inattendu, comme je les aime !
Répondre
L
Je l'ai manqué au ciné, j'ai hâte qu'il sorte en DVD. <br /> <br /> Avec Gabriel Byrne, je m'attends toujours au meilleur. J'ai également follement apprécié la série "In treatment" !
Répondre
Qui sommes-nous ?

 

Webzine crée en 2010, composé d'une dizaine de rédacteurs qui partagent  la même envie : transmettre notre passion de la culture sous toutes ses formes : critiques cinéma, de littérature adulte et jeunesse, critiques de pièces de théâtre, concert , expositions, musique, interviews et portraits d'artistes, comptes rendus de spectacles,  tests de jeu de société., couverture de festivals de cinéma ou de musique...

Visiteurs
Depuis la création 8 343 267

Festival du Film Italien de Villerupt

49e édition - Du 23 octobre au 8 novembre 2026

www.festival-villerupt.com

 

 

 

Hommage à Monica Vitti et rétrospective autour de la figure du père, la 49e édition du Festival de Villerupt dévoile ses premiers éléments de programmation et son affiche officielle.

 

En 2026, le Festival de Villerupt a souhaité, dans le cadre de sa rétrospective thématique, mettre en avant la figure paternelle. D’autorité structurante dans l’Italie d’après-guerre, cette dernière dérive progressivement vers une figure fragile, déplacée, voire problématique, révélatrice des mutations sociales, économiques et culturelles du pays. Une évolution qui sera illustrée travers une sélection d’une dizaine de films.

 

Le festival rendra aussi hommage à l’une des plus grandes icones du cinéma mondial : Monica Vitti, disparue en 2022. Reine de la comédie à l’italienne et égérie de Michelangelo Antonioni, elle est notamment célèbre pour ses rôles dans L’avventura ou Le désert rouge.

Drôlement bien, Festival d'Humour en 2027 à Lyon

 

DRÔLEMENT BIEN, LE FESTIVAL D’HUMOUR NÉ À BESANÇON, ANNONCE SON EXPANSION NATIONALE ET S’INSTALLE À LYON

Après trois éditions couronnées de succès qui ont fait rayonner la capitale comtoise, le festival d’humour Drôlement Bien lance sa première édition lyonnaise du 14 au 17 janvier 2027, confirmant son statut de référence nationale.

Pour cette édition inaugurale à Lyon, Drôlement Bien investira 9 salles et proposera une programmation riche de 35 à 40 spectacles, fidèle à son ADN de festival social et accessible : « Rire ensemble, c’est Drôlement Bien!"

Festival Drôlement Bien - le festival pour rire

Nous contacter

Une adresse mail : philippehugot9@gmail.com 

Newsletter
168 abonnés