Baz'art  : Des films, des livres...
8 janvier 2016

Jusqu' au bout du monde: Jusqu'au bout de l'ennui?

  

Blu-ray_Jusquau_bout_du_monde

Récemment j’ai lu un ouvrage assez intriguant de Jonathan Nossiter, écrivain et cinéaste, connu surtout pour son documentaire Mondovino Insurrection culturelle, paru chez Stock en fin d’année dernière. Dans cet essai , coécrit avec Olivier Beuvelet, professeur en esthétique et sciences de l’art à Paris-III Sorbonne-Nouvelle,

Le cinéaste s’essaie un plaidoyer aux accents très personnels, une méditation sur le rapport entre la culture et l’agriculture, et j'ai surtout été interessé par les premiers chapitres de son livre, lorsqu'il parle surtout cinéma- après on va surtout parler de vin, ca me passionne moins et lorsqu'il prend pour contre exemple à sa démonstration l’œuvre de Wim Wenders, un cinéaste qu’il admirait beaucoup dans sa jeunesse pour son intégrité artistique et politique, et qui selon lui, n’a pas cessé au fil des ans et des films de le décevoir, complètement happé par le système.

 Pour Nossiter, si le point de bascule de ce déclin dans l’œuvre de Wenders a commencé avec Paris Texas, pourtant palmé à Cannes, le film Jusqu’au bout du monde, son projet fleuve  de road movie futuriste sorti en 1991 et qui a été un échec financier sans conséquent en était l’illustration la plus frappante.

boutdumonde

 Si je me souviens vaguement de la sortie de ce film en 1991, au moment où je m’intéressais déjà énormément à l’actualité du cinéma, le coté science fiction et existentiel de l’autre avait refroidi mes ardeurs pour le voir, et comme le film a longtemps été invisible, j’ai profité de sa réédition  en DVD et de l’opération organisé récemment par ciné trafic pour me faire une idée sur ce film, bien que contrairement à Nossiter, je n’ai jamais été un fou du cinéma de Wenders, et ce n’est pas ma chronique de son dernier film en date Everything will be fine qui changera cela.

Les œuvres de Wenders m’ont toujours parues très belles esthétiquement, mais très froides et surtout dénuées de densité psychologique intéressante. A part peut être dans Alice dans les villes e tà un degré moindre l'Ami américain, sa description des relations entre les différents personnages dans les films de Wenders mont souvent semblé  trop désincarnées, trop schématiques, voire trop convenues,  et jamais vraiment convaincantes et malheureusement ce n’est pas la vision de cet interminable Jusqu’au bout du monde qui changera la donne.

 Interminable car le film tel qu’il est présent sur sur le Blu-ray  édité par Tamasa, ne reprend pas la version sortie en salles de 1991 qui ne plaisait pas au cinéaste mais bien la version director's cut  sur laquelle il a planché en 1994 :  une version de 4h40 ( quand même) qui est pour lui la seule capable de restituer totalement l’esprit de cette ballade décomposée en trois partie distinctes, chacune de la longueur d’un film chacun.

 Mélangeant les genres : road-movie, film d'aventure et science-fiction, le résultat est superbe visuellement et esthétiquement, comme toujours chez  Wenders, également et notamment  appuyé par une magnifique  bande sonore (où l’on entend du  Dépêche Mode, Lou Reed...), mais m’a très vite semblé virer au pensum métaphysique et philosophique abscons, dans lequel le sens et les personnages semble vraiment une préoccupation mineure pour l’auteur

 Le film qui nous amène à Paris à Tokyo, Moscou San Francisco, et même en Australie nous plonge dans une course-poursuite sans fin avant de plonger dans le conte de  science-fiction assez déroutante et assez incompréhensible se déroulant chez les aborigènes!

Et surtout sa fable d’anticipation pouvait certainement intriguer au début des années 90, mais désormais elle semble bien dépassée et peu pertinente comme pas mal de films d’anticipations anciens…Bref, un bel ennui élégant et glacé, mais un ennui profond tout de même que cette vision de Jusqu'au bout du monde...

Afficher l'image d'origine

 Reste, outre le plaisir des yeux, celui de retrouver des acteurs phares des années 90, que ce soit l’immense Solveig Dommartin (la compagne du cinéaste à l'époque et décédée depuis ) mais aussi William Hurt Max Von Sydow, Jeanne Moreau sans oublier un duo étonnant formé d’Eddy Mitchell et de l’oublié Chick Ortega dans le rôle de Chico un braqueur qui  fait de la batterie, un de ses rares moments de détente et de légèreté d’une œuvre avant tout plombante par sa prétention et son sérieux revendiqué.

Bref, ce n’est pas avec ce film que je vais suivre l’ami Wim jusqu’au bout du monde, mais je veux bien croire que ce film a ses grands défenseurs, que ce soit par son coté maudit et méditatif, et que d’autres que moi sauront le défendre bien mieux…

Jusqu'au bout du monde (W.Wenders)

 Si ce beau combo dvd-blu ray rend parfaitement hommage au travail technique avec une belle restitution de couleurs, ce qui est un pari pour un film de 4h50 ramassé sur un seul disque, on déplorera l’absence totale de bonus.

Il parait que la version commerciale contient  un superbe livret riche et complet sur le film, mais hélas la version DVD test que j’avais ne le conetnait pas pas, donc pas facile de rattraper le coup à ce niveau là non plus :o)

 Plus d'information sur l'éditeur du DVD sur  la page facebook de Tamasa. 

Et retrouvez plus de film en 2016 sur le site de CinéTrafic.

Commentaires
L
Le cinéma de Wim Wenders m'ennuie terriblement. Ce n'est pas avec ce film que je reviendrai vers lui !
Répondre
Qui sommes-nous ?

 

Webzine crée en 2010, composé d'une dizaine de rédacteurs qui partagent  la même envie : transmettre notre passion de la culture sous toutes ses formes : critiques cinéma, de littérature adulte et jeunesse, critiques de pièces de théâtre, concert , expositions, musique, interviews et portraits d'artistes, comptes rendus de spectacles,  tests de jeu de société., couverture de festivals de cinéma ou de musique...

Visiteurs
Depuis la création 8 366 303
LE FESTIVAL DU FILM DE LAMA DÉVOILE SA PROGRAMMATION !
 

 

Cette année encore, pour sa 32ème édition, le Festival du Film de Lama vous propose une programmation qui ravira petits comme grands, faisant une belle part aux œuvres présentées au Festival de Cannes avec des films venus du monde entier. Comme l'indique la devise du festival, rendez-vous aux "Chroniques d'un village monde" !
 
Le festival s'ouvrira sur le film de Sarah Arnols L'espèce explosive, présentée à la Quinzaine des Cinéastes cette année et mené par Alexis Manenti, Ella Rumpf et Vincent Dedienne.
 
Pour continuer sur cette lancée cannoise, le festival aura l'honneur de vous présenter La vie d'une femme de Charline Bourgeois-Tacquet mais aussi Notre Salut (Prix du Scénario - Festival de Cannes 2026) d'Emmanuel Marre, Minotaure (Grand Prix de Cannes 2026) de Andreï Zviaguintsev, La Bola Negra (Prix de la mise en scène - Festival de Cannes 2026) de Javier Calo et Javier Ambrossi ou encore Histoires de la nuit de Léa Mysius.
 

Festival du Film Italien de Villerupt

49e édition - Du 23 octobre au 8 novembre 2026

www.festival-villerupt.com

 

 

 

Hommage à Monica Vitti et rétrospective autour de la figure du père, la 49e édition du Festival de Villerupt dévoile ses premiers éléments de programmation et son affiche officielle.

 

En 2026, le Festival de Villerupt a souhaité, dans le cadre de sa rétrospective thématique, mettre en avant la figure paternelle. D’autorité structurante dans l’Italie d’après-guerre, cette dernière dérive progressivement vers une figure fragile, déplacée, voire problématique, révélatrice des mutations sociales, économiques et culturelles du pays. Une évolution qui sera illustrée travers une sélection d’une dizaine de films.

 

Le festival rendra aussi hommage à l’une des plus grandes icones du cinéma mondial : Monica Vitti, disparue en 2022. Reine de la comédie à l’italienne et égérie de Michelangelo Antonioni, elle est notamment célèbre pour ses rôles dans L’avventura ou Le désert rouge.

DE L'ÉCRIT À L'ÉCRAN MONTELIMAR FILM FESTIVAL 15 ème édition

DU VENDREDI 18 AU JEUDI 24 SEPTEMBRE 2026- Montélimar


Le festival De l'écrit à l'écran revient en septembre 2026 pour sa quinzième édition.
Véritable temps fort de l'action culturelle menée par l'association éponyme, le festival conjugue au présent cinéma et littérature, crée des ponts inter-culturels et interartistiques stimulants et enrichissants. Il s'articule autour de 3 axes fondamentaux: ce qui s’écrit, ce qui se dit et ce qui se pense, sur la toile comme au-delà, et les met en lumière. En 2025, le festival a accueilli plus de 147 invités, organisé 140 événements dont 89 séances de cinéma et réuni plus de 33 000 spectateurs.

De l'écrit à l'écran - Cinéma Festival - Montélimar - 2024 | De L'écrit à l'écran

Nous contacter

Une adresse mail : philippehugot9@gmail.com 

Newsletter
171 abonnés