Baz'art  : Des films, des livres...
3 avril 2019

Critique cinéma : Comme si de rien n'était : une oeuvre aussi forte que dérangeante!

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 Belle semaine pour les sorties cinéma, ce mercredi 3 avril, avec pas mal de films qui nous tentent et qu'on n'a pas encore vu ("La lutte des classes"/,"Mon Inconnue"/ "Tel Aviv on Fire") mais parmi ceux qu'on a pu voir, incontestablement,  le film  "Comme si de rien n'était" " est à mettre en avant.

Ce premier long métrage de la réalisatrice allemande Eva Trobisch, qu'on a eu la chance de rencontrer au cinéma le Comoedia il y a quelques semaines, lors de la présentation du film, impressionne  totalement par sa profondeur et sa puissance et reste en mémoire bien longtemps après sa vision, ce qui n'est pas donné à tous les longs métrages qui sortent régulièrement en salles  .

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Sorti dans la foulée  du mouvement #MeToo mais écrit et tourné un peu avant l'éclosion du phénomène, le film est profondement dans l'air du temps,  et tombe fort à propos.

Cependant,  la réalisatrice, au cours de l'échange que nous avons eu ensemble, refuse de manière assez affirmée  de circonscrire la portée du film simplement  à l'agression sexuelle dont est victime l'héroïne de "Comme si de rien n'était" , préférant voir son film comme un portrait d'une femme libre et auto déterminée qui va devoir subir des événements (cette agression, mais aussi la faillite de sa maison d'édition) qui mettront frocément à mal cette émancipation .

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Ce film, qui est celui  de fin d'études de la réalisatrice Eva Trobisch,  dénote en tout cas  une maturité incroyable dans sa construction et son écriture : le film traite d'un sujet ( le viol et ses conséquences sur le quotidien lorsqu'on décide de nier ce traumatisme et faire "comme si de rien n'était")  très dur qui pourrait tout à fait faire l'objet d'un thème dossier de l'écran ...

Loin de ces films à thèses ( comme le faisait par exemple "L'amour violé" de Yannick Bellon au début des années 80) ou a contrario,  des drames choc et chic à la "Irreversible" de Gaspar Noé , Eva Trobisch  traite sa problématique  avec une intransigeance  et un réalisme qui surprend constamemnt le spectateur, tant les raccourcis psychologiques ou  les stéréotypes y sont proscrits et tant la cinéaste évite de charger ses personnages, le coupable n'étant pas le type odieux qu'il pourrait être et la vicitime la genille ingénue...

Le personnage de Janne notamment  ( et son interprète principale, Aenne Schwarz, qu'on connait mal en France) est remarquable de complexité et d' ambiguïté.

On suit un personnage qui ne voit pas le fait d'être violée comme un traumatisme et refuse d'endosser le statut de victime auquel elle aurait droit, c'est un point de vue aussi dérangeant que déroutant, et forcément,  certaines de ses attitudes et réaction laisse le spectateur aussi dérouté que désemparé, avant une scène finale d'une force et d'une beauté assez incroyable.

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Ne situant pas totalement dans le courant des cinéastes de l’Ecole de Berlin, (Christian Petzold, ou Angela Schanelec ) qui mettent toujours une dose de surnaturel ou de fantastique dans leur naturalisme,  la caméra d'Eva Trobisch colle à la peau et aux basques de son héroïne, une héroïne  de plus en plus perdue et désemparées, en la suivant souvent de dos ou de profil,  pour être à ses côtés et ne jamais la juger, ni elle ni les autres personnages ( très beau personnage du chef de Janne, Robert, versant masculin de ce que subit Janne) ...

Au dela du sujet, "Comme si de rien n'était"  se déroule dans le milieu de l'édition, qui semble ne pas être très florissant outre Rhin et pour les passionnés de littérature ce cadre rajoute au plaisir que l'on prend devant ce film certes pas facile mais aussi passionnant que poignant...

 

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