Baz'art  : Des films, des livres...
3 janvier 2023

L’illusion du mal : une nouvelle occasion de retourner en Sardaigne

 

pulixi-piergiorgio-l-illusion-du-mal

Avec quel livre avez-vous fini et commencé l’année ? Je gardais de côté L’illusion du mal de Piergiorgio Pulixi car je suis à l’affût des romans qui me permettent d’aller par procuration en Italie. J’étais tellement bien là bas que j’ai lu ce polar de 600 pages en même pas deux jours (vive les vacances aussi et le luxe de pouvoir lire plusieurs heures de suite sans que cela soit un problème). La bonne nouvelle est que L’illusion du mal met en scène deux enquêtrices, Eva Croce et Mara Rais, au coeur du précèdent roman de l’auteur, L’île des âmes. Une autre occasion de retourner en Sardaigne !

L’illusion du mal : le pitch

28 dents sont retrouvées sur le palier d’une jeune femme abusée par son beau père. Ce dernier n’a pas été puni, les faits étant prescrits. Eva Croce, en vacances à Belfast, rentre alors à Cagliari, pour découvrir aux côtés de Mara Crais, à qui appartiennent ces dents. Quand une vidéo du pédophile édenté est reçue par des milliers de personnes et que celui vite prénommé le dentiste appelle le public à voter en ligne sur le sort de son prisonnier, la vindicte populaire se met en marche. Alors que la colère du peuple grossit face aux manquements de la justice, Eva Croce, Mara Crais et Vito Strega (un criminologue réputé qui les épaule) se lancent dans une course contre la montre.

Pourquoi je n’ai pas pu lâcher ce polar ?

La construction

Le polar est construit en très courts chapitres et de manière à ce qu’on ait toujours envie de connaître la suite. L’intrigue se situe à la fois à Milan et à Cagliari, elle met en scène 3 enquêteurs avec des personnalités bien distinctes et le roman mêle leur histoire et l’avancement de l’enquête. Niveau rythme, il n’y a pas de temps creux, pas de chapitre en trop, cela se dévore !

Pulixi official author picture 2 (c) Daniela Zedda (1)
L’originalité de l’intrigue

Pas d’histoire de disparition ni de serial killer mais une intrigue qui pose des questions sur le fonctionnement de la justice, la télévision et les émissions sensationnalistes qui jouent avec les sentiment les plus primitifs des spectateurs en se servant de faits divers pour faire grimper l’audience (toute ressemblance avec une émission et un animateur commençant avec un H est fortuite mais on y pense forcément et on s’imagine qu’il existe l’équivalent en Italie).

Enfin la question centrale du roman : est ce que sous prétexte que la justice est trop lente, commet des erreurs, très lourdes parfois, le public (que ce soit via les médias ou les réseaux sociaux ) doit devenir un tribunal ? Jetez un oeil deux minutes sur twitter et vous aurez votre réponse.

Le titulaire de l’action pénale doit être la magistrature, pas la télévision. Et pourtant, depuis quelques années dans notre pays, ce principe est foulé aux pieds. Quand certains directeurs d’antenne flairent une affaire atypique qui pourrait provoquer une flambée de parts d’audience, la justice est contournée sans scrupule et les procès se tiennent dans un studio de télévision, sans garantie de sécurité ni d’anonymat des témoins et des accusés, et sans aucun critère objectif autre que l’indignation personnelle. La priorité est alors d’alimenter la curiosité morbide et compulsive du public, qui de simple spectateur se mue en juge, suborné sans le monde scrupule par des présentateurs et des présentatrices flanquées d’une armée de rédacteurs qui vont jusqu’à soudoyer les enquêteurs pour découvrir les détails les plus sordides et les plus macabres. »

L’écriture de L’illusion du mal

Que ce soit dans le soin apporté aux portraits des personnages, dans les dialogues ou dans la photographie de la société proposée à travers l’histoire, j’ai apprécié que l’écriture ne soit pas bâclée ou trop facile comme dans pas mal de polars.

Anatole Pons-Reumaux, traducteur de L’illusion du mal, a non seulement su retranscrire cette sensation d’un temps qui s’écoule plus vite mais il montre aussi la richesse de la langue italienne en gardant certains passages en sarde, sicilien ou vénitien.

Si l’enquête est bouclée, Piergiorgio Pulixi laisse entendre que le trio formé dans L’illusion du mal se retrouvera dans son prochain livre. Je serai au rendez vous !

L’illusion du mal, Piergiorgio Pulixi, Gallmeister.

Commentaires
D
Rebonjour, j'ai retrouvé avec plaisir Eva Croce et Mara Crais. J'attends avec impatience le troisième tome. Bonne fin d'après-midi et très bonne année 2023.
Répondre
Qui sommes-nous ?

 

Webzine crée en 2010, composé d'une dizaine de rédacteurs qui partagent  la même envie : transmettre notre passion de la culture sous toutes ses formes : critiques cinéma, de littérature adulte et jeunesse, critiques de pièces de théâtre, concert , expositions, musique, interviews et portraits d'artistes, comptes rendus de spectacles,  tests de jeu de société., couverture de festivals de cinéma ou de musique...

Visiteurs
Depuis la création 8 253 581

 

Depuis vingt-six ans, le Festival Cinémas du Sud, organisé par Regard Sud, offre un panorama du cinéma contemporain du Maghreb et du Moyen-Orient, à travers des œuvres rares

(Fictions, documentaires) avec la présence exceptionnelle de leurs cinéastes.

 Cette 26e édition qui se tiendra du 15 au 18 avril 2026, permettra de découvrir aussi des œuvres du patrimoine arabe, comme le film Gare Centrale de Youssef Chahine, et Said Effendi du cinéaste irakien Kameran Hosni (né en Irak et décédé en 2004 à Los Angeles) et le film du cinéaste marocain Ahmed El Maanouni, Alyam, Alyam.

Cet évènement sera aussi l’occasion de découvrir des œuvres inédites, des premiers long-métrages et d’assister à une avant-première. Elle accueillera des invités témoignant de l’importance du Festival Cinémas du Sud à l’Institut Lumière.

https://www.institut-lumiere.org/25e-festival-cinemas-du-sud

 

mauvais gones
 

Les Mauvais Gones 2026 : Lyon au cœur du cinéma criminel du 20 au 24 avril

Du 20 au 24 avril 2026, Lyon accueillera la 8e édition du festival Les Mauvais Gones, un rendez-vous désormais installé dans le paysage culturel lyonnais, dédié au cinéma policier et de gangsters.

Pendant cinq jours, le cinéma UGC Ciné Cité Confluence se transforme en véritable immersion dans l’univers du crime à l’écran, avec une programmation de films cultes, des soirées thématiques et des échanges avec des invités du monde du cinéma.

 https://www.lesmauvaisgones.fr/

 

 

Festival Caravane des Cinémas d’Afrique

La 18e édition du Festival Caravane des Cinémas d’Afrique aura lieu du 21 au 26 avril 2026 au Ciné Mourguet et dans 30 salles partenaires à travers la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Créé en 1991, le Festival Caravane des Cinémas d’Afrique avait initialement lieu chaque année avant d’adopter un rythme biennal dès 1992. En 2026, il retrouvera son format annuel, marquant ainsi une nouvelle étape dans son histoire. Ce retour à une périodicité annuelle permettra au festival d’accompagner plus étroitement la vitalité et la diversité du cinéma africain contemporain, en écho à la richesse de sa production et à l’enthousiasme croissant de son public.

Le Festival en quelques chiffres : une trentaine de films présentés, 30 salles partenaires en Région Auvergne-Rhône-Alpes, une vingtaine de nationalités et invités, environ 80 séances, 6 films en compétition pour le Prix du Public, 10 courts métrages pour le Prix du Jury Jeune. 

Nous contacter

Une adresse mail : philippehugot9@gmail.com 

Newsletter
169 abonnés