yeux

Un écrivain en mal d'inspiration infiltre la vie d'une journaliste star de la télé et de sa fille danseuse étoile pour écrire à leur insu une biographie non autorisée. Pendant ce temps, en Bretagne, un garçon de 20 ans, qui habite avec ses parents, ne sait pas encore les conséquences que toute cette histoire va avoir sur son existence.

Au vu des deux premiers film de Thierry Klifa que je connaissais avant d'être réalisateur pour ses critiques-plutôt consensuelles- dans studio, Les yeux de sa mère représente un vrai saut qualitatif que l'on ne pouvait pas réellement deviner.
En effet,  ses précédentes oeuvres, qui  semblaient influencés par le cinéma de Sautet étaient sympatiques, mais  pas abouties.

Ici, même si Klifa ne le revendique pas expréssement, dès les premières images on pense très fort  à du Almodovar, influence qui se ne démentira jamais tout au long de ce film, où les destins se croisent et se décroisent et où des thématiques chères à Pedro sont sans cesse abordées ( la télévision comme dans Kika, le coma et la danse comme dans Parle avec elle ...).
Et, alors qu'on aurait pu penser la référence comme écrasante ( Almodovar est quand même reconnu par tout le monde comme un des plus grands cinéastes des 20 dernières années),  Klifa s'en sort toujours parfaitement tant le tissu romanesque qu'il  met en scène devant ses yeux est un enchantement, enchantement des yeux ( très belles scènes de boxe et de danse simultanée), et enchantement de l'esprit, car tout s'entrecoise parfaitement.

Bon, il ya peut etre une ou deux facilités de récit, surtout à la fin et une ou deux invraisemblance (l'épisode du portefeuille par exemple), mais tout cela est sans importance par rapport au degrès de plaisir que l'on ressent devant ce grand film populaire et intelligent.