pshSans lui faire injure, un rapide coup d'oeil sur une photo (par exemple celle-ci) de l'acteur Philip Seymour Hoffman nous laisse peu de doutes: difficile pour lui de jouer les jeunes premiers, puisque, comme disent diplomatiquement les directeurs de casting, Monsieur n'a pas  le physique de l'emploi. Du coup, a priori, Philip Seymour Hoffman (que je vais renommer PSH juste par souci pratique, j'espère que vous m'en voudrez pas :o)était plutot destiné à des rôles de second couteau, autrement dit des personnages ,soit trés lourdauds, soit trés antipathiques, soit les deux.

Mais contre toute attente, PSH a réussi à s'imposer dans l'univers du cinéma américain, avec une place un peu à part, mais incontestable, et ce, en possédant dans sa manche plusieurs atouts indéniables: sa perspicacité, sa perséverance, et surtout grâce à son  immense talent.

La première fois que j'ai vu cet acteur sur un écran de cinéma, c'était  dans le chef d'oeuvre de Paul Thomas Anderson,  Boogie Nights, chronique sur l'âge d'or et la descente aux enfers d'une star du porno où il tenait un rôle trés marquant d'un acteur sur le fil du rasoir, sans cesse sur le fil entre exubérance et autodestruction.

 Et c'est le même réalisateur qui l'a consacré avec dans un film tout aussi extraordinaire, Magnolia. Là, dans le rôle d'un pharmacien, Phil Pharma, un des seuls personnages  un peu doté d'humanité du film, il explosait l'écran dans tous les sens du terme (euh oui au cas où cette fameuse photo ne parlerait pas assez, PSH a un physique disons plutôt...imposant).

Et ensuite, tout en continuant une brillante carrière sur les planches des théâtres new yorkais, et plutôt avec un répertoire classique, Hoffman va atteindre la consécration suprême dans une carrière cinématrographique en obtenant le césar du meilleur acteur en 2006 pour son rôle dans Capote, inspiré de la vie de Truman Capote, et notamment la genèse de son roman de sang froid. Ici,  dans ce qui constitue son véritable premier rôle - du moins dans un film majeur-, la transformation de Philip Seymour est réellement saisissante: qui a lu des biographies sur Capote a l'impression de le retrouver totalement sous les traits de l'acteur. D'ailleurs, une des grandes forces d'Hofmann est sa capacité à changer totalement de physique ou d'apparence pour un rôle, tant et si bien que, parfois, on n'est pas certain  que c'est lui qui joue dans un film avant d'apercevoir son nom au générique de fin .

étéEt depuis l'année dernière, cet acteur, qui avait pourtant une place affirmée au sein de l'industrie cinématographique US, a pris un nouveau risque en ajoutant  une nouvelle corde à son arc. En effet, le voilà devenu metteur en scène  d'un film, Rendez vous l'été prochain que j'ai pu voir au cinéma à sa sortie en décembre 2010.

Pour son premier film, l'acteur a préféré filmer un sujet modeste, en adaptant un pièce de théatre dans laquelle il avait joué. Ici PSH s'intéresse à des personnages peu en vue dans le cinéma américain traditionnel: des sortes d'antihéros pas mal détruits par la vie et qui ne savent pas comment s'y prendre pour commencer une histoire d'amour, et que leurs tatonnements rendent infinement touchant. Simultanément, Hoffman suit un autre couple, que forment les meilleurs amis du personnage principal; couple qui semblait solide aux premiers abords, et qui se détruit à petit feu.

Et ce parallélisme entre cette histoire qui commence et l'autre qui s'enfuit est vraiment fait de manière juste et délicate .

Evidemment, la mise en scène, pour une première, reste discrète, et ne transcende pas réellement ce qui reste quand même une sage adaptation d'une pièce de théatre, mais j'ai vraiment trouvé cette première oeuvre à l'image de l'acteur qui la réalise, à savoir brillante et touchante.
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