Baz'art  : Des films, des livres...
28 mai 2012

Un palmarès qui fait jaser...tant mieux!!!

palme-cannes1_0Au lendemain de l'annonce du palmarès du 65ème festival de Cannes par son président Nanni Moretti, on doit pouvoir dire que ce palmarès fera partie de ceux qui fait le plus débat parmi les journalistes français (avec celui de 1999 du Président Cronenberg, récompensant Rosetta et l'Humanité), tant il ne correspond pas à ce que la majorité des critiques avaient jugé de leur côté. Mais pour ma part, même si je déplore une ou deux absences, j'avoue que le contrepied pris par le jury Moretti aux rumeurs m'a plutôt agréablement surpris.

Passons sur la palme d'or, qui a récompensé Amour, un des grands favoris, comme je le disais dans mon article de mercredi. En attribuant la récompense suprème à Michael Haneke pour la seconde fois de suite, deux ans après Le Ruban Blanc, Moretti et ses comparses du jury n'ont pas fait un choix vraiment inattendu, tant le film a eu plus de défenseurs que de virulentsarticle_amour opposants et semble être un film fort et émouvant.

Toutefois, ce choix ne m'a pas déplu car je pense personnellement  préférer ce style de cinéma, certes un peu aride, mais aux enjeux dramatiques forcément passionnants, à d'autres longs métrages qui auraient pu être aussi récompensés, si j'en croyais les bruits d'avant Palmarès.

Ainsi, j'avais peur que Christian Mingui soit doublement sacré, 5 ans aprés la Palme d'or pour son second long métrage 4 mois, 3 semaines, 2 jours lors du Festival de Cannes de 2007. Certes le film reçoit le Prix du scénario pour son film Au-delà des collines, alors que les deux actrices Cosmina Stratan et Cristina Flutur obtenant le Prix d'interprétation féminine, au nez et à la barbe de Marion Cotillard ou Isabelle Huppert, fortement préssentie. Le film de Mingui me paraissant assez soporifique, d'apres ce que j'ai pu lire, les prix de consolations qu'il a eu me suffisent amplement.

eva-mendes-holly-motorsUn autre des grands favoris à la Palme d'or, qui lui, n'a carrément rien eu, est le Holly Motors de Léos Carax qui avait enthousiasmé la critique intello française dans son ensemble, mais moins l'international, et comme le jury est très international, il n'a visiblement pas été autant touché par ce film que les journalistes. J'irais certainement voir le film à sa sortie salles, car le film recèle visiblement un tas d'idées de mise en scène et de trouvailles visuelles, mais je ne pense pas que je sauterai au plafond. En effet, d'après ce que j'ai pu comprendre, le film ne tient que par la forme, l'histoire paraissant totalement absconse, donc, ce genre de films, dois je le rappeller, n'est pas vraiment ma tasse de thé...

Ce qui est étonnant quand même c'est qu'un autre film axant tout son potentiel sur la mise en scène a lui été distingué au Palmarès, alors même qu'il avait été, au contraire du film de Carax, totalement détruit par la critique: il s'agit évidemment du Post Tenebras Lux de Carlos Reygadas, réalisateur qui avait ses fans dans la presse française, sauf pour celui ci, le film engendrant des réactions outrées. Visiblement, le réalisateur les a lues (ce qui est étonnant, c'est que la presse internationale était bien plus positive, donc il doit savoir lire le français) puisqu'il a fait une allusion, lors de la remise du prix, à cet accueil glacial. Bref, pourquoi le jury a t-il préféré Regadas à Carax, qui semblent boxer dans la même catégorie? Eux seuls le savent...

Sinon, j'avoue avoir été plutot séduit par certains des choix du jury, à commencer par le prix du Jury attribué à une comédie (la seule, il aurait sans doute fallu en mettre d'autre en sélection), et réalisé par l'immense Ken Loach. Il me tarde de voir La part des anges, qui promet un très bon moment en salles. Le Grand prix du Jury, récompense que Mattéo Garone avait déja eu pour Gommora peut surprendre, vu l'accueil trés tiede reçu par le film Reality lors de sa présentation, mais d'habitude cette récompense se porte sur des films plus arides, plus difficiles d'accès que cette oeuvre qui semble tendre et plein d'humanité.Evidemment, Moretti a du être sensible à la tonalité transalpine de l'oeuvre, mais il ne doit pas etre le seul dans le jury à partager cet avis. Quant au prix d'interprétation masculine, il y avait foule au portillon, mais Mads Mikkelsen est un immense comédien que j'ai pu apprécier dans pas mal de films, notamment ceux de Suzanne Bier, donc la récompense me semble parfaitement justifiée.

Une seule vraie déception pour moi, un peu comme l'année dernière c'était déjà le cas avec l'absence totale d'Almodovar est la non présence de De Rouille et D'os film que je devrais voir  ce lundi dans la soirée, et pour lequel je suis pret à m'enflammer comme le public nombreux qui l'a vu. Emmanuelle Devos, présente dans le jury et qui a déjà joué pour Audiard n'a pas, de son coté, réussi à faire pencher le jury de son coté.

On imagine, en effet, au vu de ce palmarès qui a privilégié le cinéma européen et plutôt d'auteur, et qui a totalement snobbé les films américains, que l'emprise du président fût très forte; ce dernier expliquant dans la conférence de presse d'après festival qu'aucun des prix ne fut prise à l'unanimité, ce qui laisse augurer des tensions et discussions fortes. Peut- être un jour ou l'autre, un des membres du jury nous révelera les détails de ce vote et la pression exercée par Sinor Moretti. En attendant, voici le détail de ce palmarès en question :

Palme d’or : Amour de Michael Haneke

Grand Prix : Reality de Matteo Garronne

Prix du jury : La Part des Anges de Ken Loach

Prix du 65ème : Aucun

Prix du scénario : Au delà des Collines de  Cristian Mungiu

Prix de la mise en scène : Post Tenebras Lux de Carlos Reygadas

Prix d’interprétation masculine : Mads Mikkelsen dans La Chasse (Jagten)

Prix d’interprétation féminine : Cosmina Stratan et Cristina Flutur

Caméra d’or : Les Bêtes du Sud Sauvage de Benh Zeitlin (Un Certain Regard)

Palme d’Or du Court Métrage : Sessis-Be Deng de L. Rezan Yesilbas (Turquie)

Commentaires
F
@mydiscoveries : le haneke, il faudra attendre en octobre pour le voir...et peut etre encore plus à Bristol :o)<br /> <br /> @madimado: je viens aussi de voir "de rouille et d'os" et j'ai presque envie de modifier mon article :o) moi aussi j'ai été bien décu, et je comprends mieux son absence du palmarès, je vois pas trop moretti le choisir :o)<br /> <br /> merci beaucoup pour ton commentaire au début ca me touche bcp<br /> <br /> bonne soirée à toi
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M
Merci pour ce super billet, j'étais sure que tu ferais un très bon résumé de la quinzaine et que je n'aurais plus qu'à piquer le lien :).<br /> <br /> Je suis tout à fait d'accord avec toi. Je le trouve pas mal du tout ce palmarès. On y trouve un peu de tout, et plutôt du bon cinéma a priori. Ca a l'air à la fois exigeant et moins intello que les années précédentes. Ca à l'air de se tenir comme choix (à vérifier dans les salles).<br /> <br /> Pour "De rouille et d'os", je pensais pareil jusqu'à l'avoir vu et là j'ai totalement changé d'avis. C'est très loin d'être le meilleur Audiard, j'ai un peu de mal à comprendre l'engouement qu'il suscite (comme d'habitude, je mets les pieds dans le plat et ne peut pas sentir LE film de l'année). Il en fait des tonnes et je me suis ennuyée ferme. Grosse déception.
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M
D'Haneke j'avais bien aimé "Caché" et carrément adoré "La pianiste", donc j'ai hâte de voir la Palme d'Or!<br /> <br /> Evidemment j'ai hâte aussi de voir "De rouille et d'os", ce week-end normalement ;o)<br /> <br /> Bonne soirée-ciné Filou!!
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F
@aurore: oui j'avais envie de parler des sections parralèles qui ont réservé plein de bonnes surprises, notamment le film de joachim lafosse mais j'ai pas eu le temps<br /> <br /> @soma: ah c normal d'etre largué de si loin...tu auras surement l'occasion de voir le Haneke un jour ou l'autre
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S
Je suis complètement larguée...<br /> <br /> Mais je me souviens de Caché d'Haneke que j'avais bien aimé, un film très particulier.<br /> <br /> J'espère avoir l'occasion de voir amour un jour :)
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LE FESTIVAL DU FILM DE LAMA DÉVOILE SA PROGRAMMATION !
 

 

Cette année encore, pour sa 32ème édition, le Festival du Film de Lama vous propose une programmation qui ravira petits comme grands, faisant une belle part aux œuvres présentées au Festival de Cannes avec des films venus du monde entier. Comme l'indique la devise du festival, rendez-vous aux "Chroniques d'un village monde" !
 
Le festival s'ouvrira sur le film de Sarah Arnols L'espèce explosive, présentée à la Quinzaine des Cinéastes cette année et mené par Alexis Manenti, Ella Rumpf et Vincent Dedienne.
 
Pour continuer sur cette lancée cannoise, le festival aura l'honneur de vous présenter La vie d'une femme de Charline Bourgeois-Tacquet mais aussi Notre Salut (Prix du Scénario - Festival de Cannes 2026) d'Emmanuel Marre, Minotaure (Grand Prix de Cannes 2026) de Andreï Zviaguintsev, La Bola Negra (Prix de la mise en scène - Festival de Cannes 2026) de Javier Calo et Javier Ambrossi ou encore Histoires de la nuit de Léa Mysius.
 

Festival du Film Italien de Villerupt

49e édition - Du 23 octobre au 8 novembre 2026

www.festival-villerupt.com

 

 

 

Hommage à Monica Vitti et rétrospective autour de la figure du père, la 49e édition du Festival de Villerupt dévoile ses premiers éléments de programmation et son affiche officielle.

 

En 2026, le Festival de Villerupt a souhaité, dans le cadre de sa rétrospective thématique, mettre en avant la figure paternelle. D’autorité structurante dans l’Italie d’après-guerre, cette dernière dérive progressivement vers une figure fragile, déplacée, voire problématique, révélatrice des mutations sociales, économiques et culturelles du pays. Une évolution qui sera illustrée travers une sélection d’une dizaine de films.

 

Le festival rendra aussi hommage à l’une des plus grandes icones du cinéma mondial : Monica Vitti, disparue en 2022. Reine de la comédie à l’italienne et égérie de Michelangelo Antonioni, elle est notamment célèbre pour ses rôles dans L’avventura ou Le désert rouge.

DE L'ÉCRIT À L'ÉCRAN MONTELIMAR FILM FESTIVAL 15 ème édition

DU VENDREDI 18 AU JEUDI 24 SEPTEMBRE 2026- Montélimar


Le festival De l'écrit à l'écran revient en septembre 2026 pour sa quinzième édition.
Véritable temps fort de l'action culturelle menée par l'association éponyme, le festival conjugue au présent cinéma et littérature, crée des ponts inter-culturels et interartistiques stimulants et enrichissants. Il s'articule autour de 3 axes fondamentaux: ce qui s’écrit, ce qui se dit et ce qui se pense, sur la toile comme au-delà, et les met en lumière. En 2025, le festival a accueilli plus de 147 invités, organisé 140 événements dont 89 séances de cinéma et réuni plus de 33 000 spectateurs.

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