comme-un-lion-7Parmi les hobbys que j'ai un peu laissé de coté depuis que j'ai un blog - de plus en plus chronophage, soit dit en passant-, il y a des choses que je ne regrette pas ( euh, par exemple, acheter n'importe quelle connerie inutile au supermarché pour avoir 10 points smiles en plus sur ma carte qui, au bout de 890 points me permettra d'obtenir un beau mug Monoprix), et d'autres qui me causent un peu plus de remords, comme par exemple, celui de suivre de très près l'actualité footballistique ...

Car oui, même si je n'en parle jamais ici même, je suis depuis mon plus jeune âge un vrai féru de football, possédant même un club préféré ( Nantes qui se morfond en 2eme division depuis pas mal de temps) dont j'ai toujours suivi, jusqu'à quelques mois seulement, l'actualité avec vraie passion. 

Du coup, si, à ma cause de ma passion dévorante pour le blog et pour le thème qu'il aborde, la culture, je vois  beaucoup moins de matches à la télé, j'ai décidé de voir du foot...au cinéma, et pour cela, plutot que d'aller voir ces Seigneurs qui ne me disaient rien du tout, j'ai préféré attendre que sorte un vrai bon film sur le sujet, et pour cela j'ai attendu le début d'année 2013 pour aller voir Comme un lion, un film, réalisé par le cinéaste Samuel Collardey  (dont c'est le second film après l'apprenti sur la campagne française), et absolument excellent sur le sujet.

Enfin, entendons nous bien,  le sujet n'aborde  pas vraiment, contrairement à la plupart des films sur le foot ( comme Joue la comme Beckam ou Trois Zéros ou même dans une moindre mesure Coup de tête)  les bons cotés du milieu footballeur, mais bien au contraire, s'attarde longuement sur la face cachée peu reluisante , pour ne pas dire bien sordide, de ce milieu.

Comme un lion est en effet  une dénonciation sans concession d’un trafic des temps modernes, celui de ces jeunes joueurs étrangers,  ( et le plus souvent africains, comme dans le film), persuadés de devenir le nouveau Messi ou le nouveau Ronaldo, et que des agents sans scrupules débauchent pour leur faire miroiter des chimères.

Parmi ces footballeurs si candides, le film suit l'univers d'un jeune en particulier,  Mitri, un jeune sénégalais de 15 ans, légerement plus doué que ses camarades de jeu, repéré par un recruteur, et qui va quitter son pays natal et sa grand mère adorée pour rejoindre la France, là où le croit il, un grand club l'attend pour lui faire signer un contrat. Mais, alors même que sa grand mère va s'endetter terriblement pour qu'il touche à son rêve, son arrivée en France va être bien différente de ce à quoi il s'attendait. 

Mi-fiction, mi-documentaire,  comme l'était d'ailleurs déjà le précédent film de Samuel Collardey, Comme un lion parvient à  trouver constamment le ton le plus juste et le plus touchant pour nous faire croire au destin de Mitri et de tous ces gamins, durement confrontés au rude fossé existant entre leur rêves et la réalité.

Le film, qui peut tout à fait être vu par des adolescents qui pourraient être séduits par le récit iniatique semé d'embuches, n'élude rien de la réalité de ces jeunes, mais y intègre également pas mal de tendresse, notamment avec le personnage de l'entraineur du petit club dans lequel va atterrir Mitri,  un ancien professionnel qui aura également avalé pas mal de couleuvres, et qui va réussir à redonner confiance à Mitri, tout en le protégant des trop belles sirènes du football moderne. Dans ce rôle de l'entraineur, un des seuls professionnels du film,  le comédien Marc Barbé ( que j'avais déjà adoré dans le film Trois Huit de Philippe Le gay) est ici remarquable en ours mal léché qui va devenir un peu malgré lui, paternaliste et amical avec Mitri...

Récit subtil et très touchant sur un sujet passionnant et peu traité au cinéma, ce Comme un lion ( 4ème film vu en 2013 pour moi, et 4ème film français, on ne se refait pas :o), est pour l'instant, la première très bonne surprise cinématographique de cette année. Pas sur que j'aimerais plus le foot après ce film et que je me remette à fond dedans, mais en revanche, sur que je continuerai à adorer autant le -très bon- cinéma....