alexishkledernierprésentLa seule fois que j'ai parlé sur ce blog d'Alexis HK, c'était pour dire tout le bien que je pensais d'un de ses morceaux,  "Coming Out", un véritable petit bijou sur l'homosexualité (décidemment un sujet phare sur mon blog en ce moment, et c'est pas fini) et à cette occasion, je rapprochais l'univers de ce chanteur hélas pas assez reconnu dans la nouvelle scène française  de celui de Georges Brassens, à l'univers et aux textes assez proche.

Cependant, lorsque j'ai écouté le  Dernier Présent, le dernier album en titre de l'artiste, un album pas forcément tout récent ( puisque sorti en septembre dernier), mais que son agence de RP vient juste de m' envoyer, ce n'est pas à Brassens que j'ai pensé mais à un autre artiste  issue d'une même- et un peu datée- génération, je veux bien évidemment parler de Joe Dassin.

Il faut dire  que cela ne m'avait pas forcément frappé avant, mais là c'est indéniable, notamment sur certaines chansons où les tonalités de voix sont absolument identiques, par exemples  sur  le titre 3 de l'album, César où il attaque les mots comme Dassin.

D'ailleurs pour ma copine, cette similitude de tonalité l'a totalement découragé d'écouter plus en avant ce beau disque d'Alexis HK : pour elle, si cet album fait tant penser à du Joe Dassin, alors cela signifie une absence de modernité et un coté désuet qui l'empechent totalement d'entrer en empathie avec ce Dernier Présent.

Je ne veux pas forcément la contredire, mais personnellement, je trouve la comparaison avec Dassin certes évidente mais un peu trop schématique tant son univers est plus riche et sa manière de chanter diffère sensiblement. La filiation de l’auteur-compositeur-interprète se trouve plutôt chez les meilleurs auteurs de chanson française,  de Brassens à Brel en passant même par Renaud à qui on pense parfois.

Mais il est évident qu'Alexis  HK a une façon de chanter,  bien à lui, et souvent portée par  une nonchalance grinçante, un timbre et un flot très personnels, parfois assez proche du hip hop.

Et surtout, la grande qualité d'Alexis Hk, c'est de réussir à allier des textes qui allient plaisir d'écoute, humour, évasion et richesse de vocabulaire. Alexis Hk est un vrai raconteur d'histoires qui ose une musique bariolée d'influences diverses (rock, balkans, hip-hop, reggae, latin, java...),  mais toujours en toute quiétude.

Arrangements, instrumentation, jeu et réalisation ont été mis essentiellement au service du texte, pratique peu courante de nos jours.

Pour preuve, prenons Le Dernier Présent, c’est à la fois le titre de l’album et celui de son premier extrait. Et un thème, qui était bien d'actualité à l'époque de sa sortie, quelques semaines avant l'apocalyse maya : dans quel état d’esprit serions-nous si la fin du monde approchait ? La réponse apportait par Alexis Hk est plutot originale et pertinente, jugez en plutot vous même :

Comme dans ce dernier présent, on retrouve dans les neuf autres morceaux qui l'accompagnent, la plume fine et la voix chaude qui m'avait déjà séduit dans ces autres disques.

Parmi mes préférés, dont les textes et la mélodie sont parfaitement en osmose, j'ai particulièrement apprécié Fils de, chronique d’une bande de garçons, nés dans les années 70 et qui font face à une vie d’adulte français bien entamée… «Fils errants dans l’ère Mittérand, fils de l’idéal du général»…  Charité populaire qui nous explique, à la manière de Bahia dans le nom des gens,  comment convertir à la gauche, sur canapé, des femmes de droite, et qui permet à Alexis HK  de passer en revue certains clichés qui alimentent le débat dans notre société.

Mais mes titres préférés  de cet albums sont sans doute  Princesse de papier , chanson écrite au départ pour Clothilde Coureau, amie intime du chanteur,  et qui raconte l’histoire d’une princesse sans royaume publiée dans les canards de bas étage, qui en fait ses choux gras et enfin Je Reviendrais, jolie chanson nostalgique sur le retour nécessaire à ses racines et aux personnes de notre entourage, avec un non moins joli clip que je vous dévoile ci dessous  .

Bref, avec ce dernier album, Alexis HK (pour Djoshkounian) continuer de tracer son chemin avec son écriture moqueuse bien plus Brassens que Dassin. Cela dit, vu que pour l'instant, on ne peut pas dire qu'il ait le même succès médiatique que son sosie vocal, on aimerait lui prédire un destin à la Dassin, c'est tout le mal qu'on puisse lui souhaiter!!!