Mes années Harcourt - 1e couv HD avec bande

La dernière fois que je suis monté sur Paris, fin septembre (pour ne rien vous cacher, afin de fêter mon anniversaire avec ma famille), je suis allé faire un tour du coté du Forum des Halles, un des endroits où j'étais tout le temps fourré pendant ma jeunesse, et j'ai eu le plaisir de tomber complètement par hasard sur une exposition Stars parmi les stars duStudio Harcourt.

De la Place Carrée à la Place de la Rotonde de l’UGC Cité Ciné, la fameuse Rue du Cinéma  que j'ai toujours adoré traverser avait  pour l’occasion revetu le plus beau des tapis rouges en arborant une soixantaine de portraits géants de stars ayant marqué le cinéma des années 90 à nos jours,  des photos pour la plupart jamais présentés au public, avec au milieu d'elles, quelques photos d'anonyme qui avaient gagné à un concours la chance d'être prise en photo par ce studio. On se serait un peu cru, pour le coup, toutes propositions gardées, à Sunset Boulevard sur Seine!!  J'ai donc également dégainé mon modeste appareil pour essayer d'immortaliser ce lieu, ainsi que ces portraits tout en élégance de la fine fleur du cinéma contemporain se succédant au gré des allées et venues des passants du forum.

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J'avais été particulièrement bouleversé par deux de ces portraits, celui d'Artus de Perguen et celui de  Valérie Benguigui,  qui venaient alors tout juste de nous quitter.

Et puis forcément sentir Mélanie Laurent, entre autres, m' observer au long de mon parcours ne pouvait  me laisser insensible.

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Mélanie Laurent, c'est un choix certes un peu évident ( remarquez, ca faisait bien longtemps que j'en avais pas parlé ici même, non?) mais par contre, Alexandra Lamy  en héroine  hitchcockienne il ya largement de quoi le remarquer, non?

Il n' y pas à dire, quelle classe, quel glamour, l'objectif de ces photographes du studio Harcourt arrivent à capturer, je trouve....

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Et quelques jours après, de retour sur ma chère ville de Lyon, je tombe nez à nez en arpentant un autre centre commercial (vous ne saviez pas que je fréquentais souvent les centres commerciaux à mes heures perdues?) une nouvelle expo Harcourt, avec d'autres portraits représentants d'autres acteurs français du moment, dont Sophie Marceau et Guillaume Canet (comme ce n'est pas moi qui tenait l'objectif à ce moment là, les stars sélectionnés ne sont pas forcément mes préférés, mais je reconnais que les photos restent belles :o)

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Ce qui est certain, c'est que ces clichés, et une grande partie des autres que j'ai pu voir à ces deux occasions successives, illustrent parfaitement à quel point ce studio est si mythique et à quel point il porte en lui une partie de l'histoire de la photographie francaise.

Il faut dire que ce studio légendaire est quand même le seul en France où, depuis plus de 70 ans, s'y bousculent les célébrités les plus glamours et les plus représentatives du 7ème art.

 C'est après m'être fait cette reflexion que j'ai eu envie de me plonger dans un livre que j'ai reçu en avant première (grâce à une des maisons d'éditions avec qui je collabore régulièrement, Le Passeur éditeur), Mes années Harcourt", l'ouvrage de Pierre-Anthony Allard (publié le 10 cotobre dernier), (ex) photographe oh combien emblématique de ce studio Harcourt. 

En effet, P. A Allard a effectué la majeure partie de son parcours au Studio Harcourt, et il en fut même le directeur artistique pendant près de nombreuses années, jusqu'en 2008, où il redevint photographe indépendant.  Il poursuit aujourd’hui son travail sur la grande scène de la rue : des kiosquiers de Paris (expo 2009) à la campagne électorale 2012, du luxe de Moscou à la Maison d’arrêt de Clairvaux, des Massaï de Tanzanie aux dirigeants du CAC 40.

Une chose est sure, les souvenirs de Pierre-Anthony  sont vraiment passionnants à suivre pour qui s'intéresse un peu à la photographie et- surtout en ce qui me concerne- aux stars du 7ème art  Il y a raconte  en effet, avec une verve et un humour évident  et détonnant, des anecdotes,  drôles, touchantes ou extravagantes des anonymes et célébrités rencontrées.

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Ce studio Harcourt, le photographe nous raconte dès le premier chapitre du livre, l'avoir connu  à l’âge de 3 ans passé, quand sa mère, ses deux sœurs, sa grand-mère maternelle et sa tante l’ont emmené se « faire tirer le portrait » . Le petit lutin roux ( qui a de faux airs de Daniel Cohn Bendit, ce qui donne lieu à une savoureuse anecdote racontée dans le livre avec un gros bras du FN) ne pensait sûrement pas qu’il reviendrait dans les années 1980 dans ce studio de photographie légendaire en tant que simple photographe puis comme directeur artistique.

De très nombreuses personnalités viennent faire un tour dans le livre- témoignage de Pierre- Anthony Allard ( des confidences recueillies avec l'aide  précieux de Viviane Perret), d'Isabelle Huppert à François Berléand en passant par Jean Dujardin, Fabrice Lucchini- passage aussi croustillant que l'est l'acteur-  Johnny Hallyday ou Pauline Lafont et Allard n'est jamais vachard avec ses stars.

Il nous dévoile également dans de longues pages ce qui constitue pour moi une belle photo, du moins une photo dans l'esprit Harcourt. Bref, un ouvrage plus que captivant à suivre qui valait bien le coup que je prenne le temps de poser quelques questions à Pierre- Anthony Allard pour une interview exclusive chez moi, et que je vous dévoile sans plus attendre : 

 Rencontre exclusive avec Pierre-Anthony Allard pour Blog Baz'art :

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Blog Baz'art:Bonjour Pierre Anthony et merci pour votre beau livre de souvenirs, mettant en "lumière " une profession à la fois méconnue et si fantasmée. J'aurais 7 petites questions à vous poser en vous remerciant par avance de bien prendre le temps d' y répondre :

Avant tout j'aimerais savoir quel a été l'élément déclencheur vous poussant à écrire vos souvenirs liés au studio Harcourt?

 Pierre-Anthony Allard :

Mon amie Henriette Chardak s'amusait follement à entendre mes anecdotes sur ma vie de photographe, mais j'étais réticent à les coucher sur papier et elle, très insistante. Finalement, elle a organisé un déjeuner avec son éditeur. Le timing était juste. Cette partie de ma vie liée à l'apprentissage et la réussite d'un rêve était close. Ecrire le livre venait à point nommé pour y inscrire àce propos le mot fin.

 B BA : Quelles sont pour vous les principales caractéristiques d'une photo correspondant parfaitement au style Harcourt?

 PAA :Une photo Harcourt, c'est la sacralisation du sujet photographié par la lumière. Une lumière très particulière, ce que nous appelons l'éclairage modelé en trois-points ou, si vous préférez, ce rendu en clair-obscur si caractéristique.

  3. De toutes les stars qui ont posé pour vous, quelle serait la rencontre la plus mémorable, et pour quelles raisons?

 Sans conteste,  ma rencontre avec Isabelle Huppert que j'ai longuement évoquée dans mon livre. Une actrice extrêmement professionnelle qui m'a appris le temps d'une séance des points essentiels dans mon métier, comme la rapidité dans la prise de vue et la position du sujet, le fameux trois-quarts.

 

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 4. Y a t-il des anecdotes sur des stars photographiées que vous auriez aimé inclure dans votre livre, mais que vous n'avez pu faire, soit par autocensure, soit par refus de la personne concernée?

 Il n'y a pas d'autocensure ou de censure tout court au sujet de Claire Chazal. J'ai omis cette anecdote car elle ne concernait pas la prise de vue proprement dite qui s'était bien déroulée avec la journaliste. Elle était venue avec son fils François. A l'époque Poivre d'Arvor n'avait pas officiellement reconnu la paternité de l'enfant et les paparazzi coursaient Claire Chazal, espérant la surprendre avec le père. Or, galamment, je l'ai raccompagnée après la prise de vue. Elle devait être chargée et j'ai roulé la poussette avec le petit garçon installé dedans jusqu'à l'endroit où elle avait garé sa voiture. Nous avons été instantanément mitraillés et un journal people a publié un cliché de nous deux, suggérant que j'étais le père ! Si vous saviez toutes les peines du monde que j'ai eu à convaincre ma famille que je n'avais jamais eu de liaison avec Claire Chazal !!

  5. Votre ouvrage parle longuement de votre obsession d'une lumière idéale pour parvenir une photographie réussie. Pourquoi vouer un tel culte à la lumière?

 La lumière est la matrice de toute création picturale. La lumière est un facteur d'émotion partagée par les cinéastes, les photographes et les peintres. Vous savez, j'ai passé des heures dans les musées à me pencher sur des tableaux de peintres qui exaltaient le pouvoir de la lumière. J'étais fasciné par  Rembrandt et Georges de La Tour. Rappelez-vous ses tableaux et son utilisation extraordinaire des contrastes entre l'ombre et la lumière pour donner une force à la scène. Des cadrages parfois très serrés, à la manière de plans cinématographiques en laissant la lumière découper les contours de ses personnages. En fait, si la lumière me parle autant, c'est qu'elle parle ! Elle raconte l'histoire, accentue son côté dramatique ou au contraire son côté joyeux. 

 6. Quelle est la personnalité que vous regrettez le plus de n'avoir pas  réussi à photographier et pour quelles raisons?

 Léo Ferré, dont je n'ai jamais pu tirer le portrait car il était décédé. J'aime son univers. Il a "une gueule" selon l'expression consacrée qui ne peut qu'inspirer un photographe.  J'aurais adoré faire une prise de vue avec lui.

 7.Vous avez photographié énormément de jeunes espoirs du cinéma français. Parmi ceux de la nouvelle génération du cinéma français, quels sont ceux qui vous semblent, chez les garçons et les filles, les plus photogéniques?

 J'ai un faible pour Bérénice Bejo. Je trouvais qu'elle crevait l'écran dans " The artist". Je la trouve, pour le coup, terriblement photogénique.

 

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 J'aime bien également Léa Seydoux, dont on parle beaucoup actuellement.

Quant aux hommes, j'apprécie Romain Duris, qui sait rendre sur le papier et sur la pellicule une impression de force, alors que pour l'avoir croisé un jour, il a une apparence dans la vie plus fragile. Je citerai aussi et enfin, pour des raisons proches, Guillaume Canet. "

Voilà pour cette itw exclusive qui contient son nombre de révélations (j'aime particulièrement le fait qu'il m'ait livré sa confidence avec Claire Chazal, qui n'est pas dans le livre)..

En tout cas, je ne remercierais jamais assez Pierre-Anthony Allard qui bien accepté, entre toutes ses activités , de prendre le temps de répondre à mes questions avec une telle précision. J'espère que ca vous donnera envie de mieux le connaitre et dévorer Ses années Harcourt. Vous pouvez également aller faire un tour du coté de son site internet où une bonne partie de ses magnifiques photographies y sont présentées.

Studios Harcourt, la technique !

Et en prime une petite vidéo bonus sur les techniques de photographies prises par le Studio.