Paradoxalement, alors que je prends soin de livrer une petite chronique de tous les films sans exception- même les plus anodins- vus en salles ou en DVD, j'ai plus de difficultés à faire de même avec un concert ou un spectacle,  alors que le nombre de ceux ci est pourtant bien moins important sur une année.

Il faut croire que l'exercice de live report, qui consiste donc à raconter dans le détail le compte rendu d'un concert, est bien moins naturel pour moi que celui de la critique ciné, et c'est pour cela que je tarde tant avant de parler d'un concert que j'ai vu.

Cependant, au tout début des Nuits de Fourvière qui ont commencé la semaine dernière et qui devraient me permettre, si toutva bien, de voir un certain nombre de concerts dans ce cadre toujours aussi magnifique de l'amphithéatre de Fourvière, et une semaine avant la fête de la musique, il était temps de faire le tri  dans ma mémoire sur les trois concerts les plus marquants que j'ai pu voir au cours de ce premier semestre 2014 et vous en donner les grandes lignes :

 1. Julien Doré à la Bourse du Travail le 28/02 : un show complet et envoutant

julien-doré-concert-  Dans un de mes articles plus lus de l'an passé, je vous disais à quel point j'étais tombé amoureux de Løve, le dernier album de Julien Doré, à la fois superbe cartographie sentimentale d'un amour perdu, et qui avait le grand mérite de dévoiler pour la première fois une partie de la personnalité d'un artiste qui jusqu'à présent avait tendance à se cacher derrière cette imagerie décalée et frivole que je déplorais.

Cet album faisait assurément partie des incontournables de cette année musicale 2013,  et il était donc logique que je prolonge la magie de cet album en allant le voir sur scène lors de son passage sur Lyon, ce que j'ai fait le 28 février dernier, à la Bourse du Travail afin de voir si la grace de cet album allait se reproduire sur scène.

Et force est de constater que ce fut le cas : son  univers décalé et singulier, reconnaissable entre tous, s'épanouit pleinement sur scène : l'artiste qui mise toujours beaucoup sur l'image qu'il renvoie, entre ses barettes, son ukulélé, et ses chansons forcément décalées, exploite cette tendance plus que jamais (en chantant notamment le kitchissime 'A girl like you' de K maro avec une boule à facettes sur le crane ou encore les "Bords de mers" avec un hygiaphone à la main), et si, parfois ce trop plein d'artifices peut parfois entraver l'émotion, 99% du temps, ca fonctionne largement et on ne peut qu'être totalement sous le charme de la présence scénique vraiment énorme de Juju.

Riche en émotions, cette soirée fut marquée par un Julien Doré multi-casquettes, à la fois dans l'humour décalé qui lui sied bien au teint, et également dans l'émotion. Interprète vivant à fond ses chansons, Doré s'avère être également un excellent danseur, muni d'un déhanché qui me rend un poil jaloux.

Mais de plus, on a affaire à un instrumentaliste complet et extrêmement doué sachant passer en un seul morceau de son fameux ukulélé au piano, tout en n'oubliant pas de jouer énormément avec le public, lui demandant  de fredonner des refrains ou de répéter des morceaux de phrase,ou  enjambant la balustrade du balacon pour se trémousser  au dessus du public.

 Les musiciens- dont l'épatant Arman Méliès étaient vraiment excellents, la mise en scène pleine de trouvailles visuelles, et  à chaque nouveau morceau on avait une vision personnelle, différente de celle de l’album mais sans jamais la dénaturer complètement. Du grand art dans la réochestration.  Je n'oublierai pas le magnifique moment d'émotion et de recueillement  avec Corbeau blanc, puis celui du rappel avec Mon Apache qui s’inscrit dans la continuité avec un public en état de choc.

Rarement depuis que je fais des concerts sur Lyon, je n'avais senti le public aussi chaud et aussi conquis, certains en larmes ou alors s exultant carrément de joie., tous avec le même  le sentiment d’avoir partagé un moment de communion,  de légèreté, de danse, bref un vraiment beau concert qu'il fallait quand même que je vous fasse partager, même plusieurs mois après.

 Julien Doré - Paris-Seychelles dans Alcaline, le Concert

2. Gaetan Roussel au transbordeur le 19/02 :  futuriste et poétique

 Quelques jours avant le concert de Julien Doré, j'étais allé voir avec un ami un autre artiste dont l'album sorti à la rentrée 2013 m'avait agréablement surpris. Je veux parler de Gaëtan Roussel, l'ex pilier de Louise Attaque, dont j'avais dit tout le bien dans un article paru en octobre dernier.

Gaetan Roussel est un des pionniers de l'électro-pop française, comme il l'avait prouvé avec énormément de talent dans son premier album, Ginger", écoulé à 200.000 exemplaires ( gros chiffre en ces temps de disette discographiques) , et lauréat de plusieurs Victoires de la Musique.

 Ce qu'on ne peut qu'admirer chez l'ex leader de Louise Attaque, c'est sa capacité à se renouveler, à ne jamais se répeter, alors qu'il aurait pu vivre sur les acquis de son carton précédent.  Musicalement, artistiquement, "Orpailleur" est vraiment  un disque réussi, dans lequel Gaëtan Roussel  prouve, qu'avec son incontestable talent, il peut faire de grandes choses en solo.

Et cela s'est confirmé sur la scène du Transbordeur à Villeurbanne avec un concert qui a fait la part belle aux vidéos, dans une ambiance entre onirisme et fantastique assez envoutante, et plein de poésie, à l'images des textes du dernier album, de couleurs infinimement variées, du premier morceau lent et fascinant "Face aux étoiles" à une magnifique reprise de Bashung, "J'envisage", toute en tension rentrée... On a vu durant tout le concert le rock se méler habilement avec l'électro, flirter avec la douceur de ballades folk et danse avec la pop, le tout avec une vraie maitrise et une vraie fluidité, malgré un petit passage à vide à mi parcours.

Entouré par ses cinq excellents musiciens et deux non moins excellentes choristes, il offre sur scène un savant mélange de styles salué par la ferveur du public. Soutenu par un jeu de lumières et de projections originales, Gaëtan Roussel a su faire partager avec passion son univers musical et conquérir le nombreux public présent ce soir là au Transbordeur.

Bref, un live pendant lequel Gaëtan Roussel a révélé une nouvelle fois toute l’étendue de son talent d’auteur-compositeur et interprète de la nouvelle scène française lors de ce concert à la fois futuriste, electro-rock, poétique et inventif.

 Gaëtan Roussel - La Simplicité

 3. De Palmas au radiant Bellevue  le 23/05: 20 ans, le bel âge

de palmas

Contrairement à Doré ou Roussel, je n'avais encore jamais parlé de Gérald De Palmas sur ce blog alors même que c'est un artiste que je suis depuis le début de sa carrière voilà maintenant 20 ans exactement avec son fameux tube Sur la Route sorti en 1994 ( ca nous rajeunit pas ca dites donc) et dont j'aimais beaucoup l'univers folk et assez mélancolique.

J'avais déjà vu cet éminent auteur-compositeur-interprète une fois en live aux Nuits de Fourvière en 2005 ( le premier que je faisais là bas), dans un concert qui m'avait laissé un très bon souvenir, mais paradoxalement, qui marqua aussi un peu le début de mon désamour avec cet artiste.

En effet, j'avais l'impression que De Palmas tournait un peu en rond dans ses derniers albums, avec un sentiment qu'il n'arrivait pas vraiment à atteindre une nouvelle dismension, et que ces derniers albums, et notamment son tout dernier, sorti en novembre 2013 ( donc en même temps que celui de Julien Doré, mais j'avais volontairement fait l'impasse dessus) reprenait les mêmes mélodies et mêmes rengaines que dans ses albums précédents, sans apporter grand chose de plus.

Malgré ces petites réserves, j'ai évidemment répondu favorablement à l'invitation de ma mutuelle (si si vous avez bien lu, je mange à tous les rateliers) qui me proposait d'aller voir dans la si belle salle du Radiant à Caluire, pour un concert reservé aux personnels hospitaliers (ce que je ne suis pas du tout, chercher l'erreur) de la région.

Et je n'ai pas été déçu du tout tant l'homme réussit à bonifier sur scène ses enregistrements de studios plus faiblards, car des morceaux du dernier album comme « Marlowe » ou « Je me souviens de tout »m'ont paru plus forts sur scène qu'en disque, servies souvent par de puissants et audacieux arrangements.

Mais évidemment, De Palmas a beaucoup chanté tous ses tubes de ses 20 ans de carrière, et c'était l'occasion pour moi de réécouter certaines pépites assez récentes que j'avais vite écouté à l'époque et qui m'ont énormément plu sur scène, tels que  " L'étranger"  ou bien « Au bord de l’eau" que le public a repris sans rechigner une seule seconde.

On sait gré à Gérald de Palmas d'être très à l'aise avec le public, et nous proposer un life plein d’énergie et assez interactif. 

Et ses compositions proposaient souvent de beaux arrangements, assez épurés, que le public semblait comme moi redécouvrir et savourer avec une vriae  gourmandise..

J'ai particulièrement apprécié  les magnifiques versions de  "Elle danse seule", « J’en rêve encore » et de « Au Paradis » qui ont réussi à faire vibrer le personnel soignant lyonnais et qui cont contribué à ce bien beau moment de complicité et de partage et qui m'a rappellé au bon souvenir de cet artiste qui tient bien ses 20 ans de carrière.