Bon cela faisait pas mal de temps que je n'avais pas été sévère dans mes critiques ciné (depuis un Grace de monaco effectivement assez pathétique).., il est temps en cette mi juillet que je reprenne mon baton de mauvais pélerin, non?

Il est vrai que je préfère toujours me focaliser sur mes coups de coeur ciné que sur les films qui m'ont déçu, mais comme je me suis astreint à l'obligation (notamment de par ma participation à certains challenges) de parler de tous les films que j'ai vus en salles, je ne peux pas passer sous silences les belles déceptions vus ces derniers mois en salles, des déceptions en lien avec l'attente que j'avais sur ces films, trois comédies plus ou moins barrées, dont j'avais proposé des places dans le cadre d'un jeu concours, ce qui en général prouve l'intêret que j'en ai.

Hélas, trois fois hélas, ces films m'ont ennuyé, rendu indifférent, agacé, ou les trois à la fois.... Voici une revue de ces trois films, plus courtes que d'habitude, car j'ai pas non plus envie de plonger le couteau trop longtemps :

1. Un fil d'Ariane complètement distendu

AU FIL D ARIANE PHOTO5

Comme je le disais dans mon article de présentation du film avant de le voir, j'ai une tendresse toute particulière pour son cinéma, dont le meilleur à mes yeux coencïde avec mes années d'étudiant cinéphiles.

J'ai en effet tellement ressenti d'émotions fortes en voyant dans des salles du Quartier Latin, "Marius & Jeannette", "La ville est tranquille" ou encore "à la vie à la mort" que chacun de ses nouveaux films à l'affiche restent pour moi des incontournables.

Et même si je craignais un peu l'appelation " fantaisie" revendiqué par le cinéaste lui même pour son dernier long métrage "Au fil d’Ariane", je ne me doutais pas de l'ampleur de la catastrophe.

On voit un peu ce que Guédigian a voulu faire, une ode libre et solaire à sa fidèle « muse », Ariane Ascaride, et à ses amis de trente ans, Jacques Boudet, Jean-Pierre Darroussin, Gérard Meylan, et on voit que Guédiguian aimerait glisser ses principes et ses valeurs habituels 'fidélité aux idéaux, tolérance aux comportements, solidarité de classe...), sauf que tout cela est mélangé à une oeuvre complètement sans queue ni tête et sans fil directeur, un long labyrinthe sinueux et ennuyeux au possible dans lequel on essaie les 20 premières minutes de tenter d'y comprendre quelque chose, puis ensuite, malheureusement on lache un peu, voire complètement la bride.

Le problème est que ce vagabondage onirique n'offre aucune intensité et surtout aucune crédibilité, et que les situations que l'héroine ( une Ariane Ascaride qui semble aussi paumée que son personnage),  toutes  totalement improbables par définition, et qui, dans la grande majorité du temps font plus que flirter avec le ridicule : Jacques Boudet en pseudo-écrivain américain qui parle l'anglais comme une vache espagnole, la tortue qui parle avec la voix de Judith Magre, le gardien du Muséum qui pleure ses animaux empayés, rien ne fonctionne (sauf peut etre certains passages chantés avec Jean Ferrat) et toutes ces scènes qui se voudraient poétiques sont au mieux anodines, au pire catastrophiques..

Certes, par sa pirouette finale, Guédiguian modifie certes un peu la perception qu'on a eu auparavant du film( pour ma comparse Michel, il change même tout au film), mais pour moi, cela survient bien trop tardivement pour empecher que ce " Au fil d’Ariane" soit autre chose qu'un immense naufrage et une vraie déception.

AU FIL D'ARIANE - Bande-annonce

2. Un Barbecue qui sent le réchauffé

barbecue-florence-forestiVoilà une autre comédie dont j'attendais beaucoup, non pas parce que j'aime autant le cinéaste Eric Lavaine que Guédigian (même si "Incognito" en 2009 avec déjà Dubosc et Bénabar était plutôt réussie), mais parce que ce Barbecue lorgnait visiblement du coté des comédies italiennes des années 70 ou bien alors des bons films de potes français, tels que  "Mes meilleurs copains" de Jean-Marie Poiré  qui comme ce Barbecue, relatait le long week-end d'une bande d'amis tous aussi différents les uns que les autres, incarnés par des pointures du cinéma français des "eighties". 

25 ans après mes meilleurs copains et après d'autres films de potes qui ont bien cartonné ("Le coeur des hommes", "Amitiés sincères"...) , Eric Lavaine reproduit le concept du week-end entre potes qui se chamaillent mais qui s'adorent, mais le problème est que il est difficile de sortir du déjà vu dans ce genre tellement balisé, et malheureusement Le cinéaste n'y arrive pas vraiment.

Si la performance des acteurs est globalement à saluer ( avec une Florence Foresti enfin drôle sur grand écran et un Dubosc qui décidement est à l'aisez chezLavaine),  la plupart sont vraiment dans leurs rôles et les personnages sont trop archétypés pour être crédibles (la palme au personnage de Jérome Commandeur qui joue un benet qu'on voit que dans les filmes) .

Prévisible et  hélas trop peu souvent drôle, "Barbecue" essaie par ailleurs  de délivrer des leçons de vie et de morale trop simplettes et naives pour toucher.  Le film  de Lavaine reste à la surface des choses, des relations ; les dialogues sont trop pauvres pour émouvoir ou faire rire, même si, avouons le, on sourit quand même de temps en temps.

BARBECUE Bande Annonce Teaser du Film # 1

3. Le vieux qui ne voulait pas feter son anniversaire : on comprend pourquoi

vieux

Là encore, un film dont j'esperais pas mal car Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire,  est avant d'être ce film réalisé par Felix Herngren sorti  le 28 mai est un vrai phénomène littéraire venu du Nord de l'Europe, que j'avais lu à sa sortie il y a environ deux ans, dont j'avais bien apprécié l'univers loufoque et inventif.

Ce premier livre d'un auteur suédois a été vendu à 700.000 exemplaires dans son pays en 2010, qu'il a déjà été traduit en plus de 20 langues, et que j'avais plutot aimé (voir ma chronique du livre ici même, ) même si pour le coté loufoque et déjanté de l'intrigue n'est pas non plus ce que je préfère dans la littérature.  

Mais vu son passage sur grand écran, ce récit loufoque et absurde reste quand même bien plus plaisant à suivre en livre.  Ici, on se lasse très vite de cette histoire ( là encore) sans queue ni tête,  et surtout complètement  décousue, avec des flash-back à répétition qui nous emmènent au coeur de l'histoire du XXème siècle mais qui ralentissent considérablement le rythme de l'intrigue contemporaine, déjà pas bien passionnante au départ.

Le problème est qu'on pense pendant tout le film à  Forrest Gump ( on y pense déjà à la lecture du livre, mais de façon moins prégnante) et si je ne considère déjà pas le film de Zemekis comme un chef d'oeuvre du cinéma américain, ici les personnages sont beaucoup moins attachantes et les  dialogues pleins d' absurde et de non sens  n'ont pas une once de crédibilité. 

Tout est outré, ridicule, les méchants sont volontairement ridicules et on s'ennuie beaucoup plus souvent qu'on ne rit, ce qui est bien facheux pour une comédie..

'Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire'