rémond

Quatrième de couverture :
Après le récit de son enfance et sa jeunesse, Alain Rémond évoque cette fois ses engagements de toujours, les idées qui le portent, confrontées à l’épreuve du réel et du temps qui passe.

Mai 68 et Vatican II, la contestation dans les universités américaines, la lutte pour les droits civiques, Martin Luther King… C’est ce jeune homme qui a chanté "We Shall Overcome" que nous verrons, au fil des pages, chercher à s’accomplir sans se trahir, quitter la religion pour embrasser la politique, puis découvrir que ses combats exigent désormais un nouvel outil. Le journalisme devient sa discipline quotidienne, l’autre nom de son engagement citoyen. Et la condition de son bonheur.

Un récit à la fois intime et passionné, dans la veine de Chaque jour est un adieu, qui nous donne en partage des moments rares. Alain Rémond au meilleur de lui-même.

 Ce que j'en pense:

Toute personne de ma génération biberonnée avec Télérama garde un souvenir forcément ému de "Mon Oeil", la rubrique  qu'Alain Rémond  a tenu pendant plus de vingt ans et dans lequel il décortiquait le monde de la télévision, mais avec une sensibilité et un sens de l'observation souvent singulière et souvent très drôle aussi.
D'ailleurs, Alain Rémond en parle de cette rubrique dans son tout nouvel ouvrage, "que sont tes rêves devenus?", en reconnaissant que plus de 10 ans après l'avoir cessé, et même si depuis il a multiplié les casquettes,  les gens qu'ils croisent dans la rue ont tendance à toujours le lui rappeller, tant cette rubrique fut, qu'il le veuille ou non son chef d'oeuvre d'une vie.

Depuis Chaque jour est un adieu (2000) à Tout ce qui reste de nos vies (2013) en passant par Celui qui n’est pas venu (2009), Alain Rémond explore à travers sa quête autobiographique l’être et sa mémoire, au prisme d’une famille haute en couleurs – et en douleur.

Ici, ce court recueil de souvenirs est l'occasion pour lui d'y raconter- à la seconde personne- moins son parcours intime que professionnel, philosophique et politique, en décrivant ses engagements, ses idéaux, ses déceptions, et les valeurs qui l'animent depuis toujours.
On savait ainsi son positionnement à gauche ( comme pour tous les journalistes ou presque de Télérama), mais pas qu'il avait lutté à ce point contre la privatisation de TF1 ou qu'il défendu autant  ( et même conseillé) Michel Rocard, qu'il préférait largement à Mitterrand.
Un Mitterrand qu'il n'épargne pas sauf dans son chapitre final, assez bouleversant sur le discours que Mitterrand avait décidé de livrer aux professionnels du cinéma, un art qu'il aimait particulièrement.
Car c'est cela le style Rémond: réussir, en quelques lignes seulement à saisir le touchant et le sensible de moments qui n'étaient pas forcément destinés à l'être au départ.
Bien que nostalgique, et parfois teinté d'amertume ( comme son titre l'indique) ce livre de souvenirs reste à l'image de son auteur lucide, mais profondément optimiste, Rémond étant convaincu que «la moindre étincelle fait battre ton cœur, te donne envie d’y croire, une fois de plus».
Bref, un joli livre qui se lit vite et qui ne plombe pas le moral, que demander de plus, chers lecteurs?