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 Dans les films de 2016 vus et qui  nous ont un peu déçus, ces  Chevaliers blancs, sorti le 20 janvier dernier en salles, réalisé par Joachim Lafosse, un réalisateur belge dont les précédents film " Elève Libre" ou  « A perdre la raison », lui aussi inspiré d’une histoire vraie, avait  épaté et bouleversé,  et qui s'embourbe un peu  en essayant de mettre en scène l’affaire de l’Arche de Zoé.

Un fait divers que j'avais pas mal suivi comme tout le monde lorsqu'il fut médiatisé en 2007 lorsqu'on avait appris qu'une association humanitaire française avait essayé de faire sortir une centaine d’enfants soi-disant orphelins pour les placer en France dans des familles d’accueil, des enfantsprésentés comme orphelins du Darfour sans que la justice ne parvienne vraiment à tancher.

On aurait espéré que Lafosse vienne apporter une analyse et des éléments qui permettent de mieux appréhender cette histoire et de savoir  si  l'action de ces protagonistes sont repréhensibles ou pas, mais en fait, il est très difficile à la vision de ces chevaliers blancs de trancher, sans doute  peut-être parce que là n'est pas le parti pris du cinéaste.

La volonté de Lafosse est uniquement de plonger  le spectateur en totale immersion de traquer et d'exposer les faits, uniquement les faits  faits avec sa caméra embarquée, tel un journaliste -un personnage que joue Valérie Donzelli, le seul personnage auquel on essaie de se raccrocher, même si sur la fin on a du mal à la suivre.

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Si les  scènes de conflit entre les membres de l'équipe, particulièrement partagés sur le bien fondé de leurs actions,  sont parfaitement retranscrites et  fait passer peu à peu ce qui était une belle action humanitaire en un délit totalement illégal, le film déçoit un peu, à cause de sa trop grande neutralité et son manque d'engagement et de parti pris.

La position de Joachim Lafosse navigue sans cesse et de façon peu claire entre l’approbation et la dénonciation, et la narration de ces chevaliers blancs souffre un peu de n'avoir pas de véritable scénario et  de découpage net  et clair de séquences, 

Dommage pour l'acteur le plus charismatique du cinéma français actuel, Vincent Lindon,  qui apporte de l'épaisseur à un personnage qui ne semblait pas en avoir autant dans la vraie vie, ainsi que  pour les autres acteurs bien investis dans l'aventure, du toujours impeccable Reda Kateb à Yannick Rénier ou Valérie Donzelli même si on déplore un peu le manque d'épaisseur de tous les  seconds rôles dans leur ensemble

Une oeuvre souvent interessante- son sujet l'est terriblement- mais un peu trop froide et hybride  pour convaincre totalement et une des premières petites déceptions cinéma de 2016...

Bande-annonce Les Chevaliers blancs