Allez d'ici, quelques semaines à peine,on essaiera de mettre en avant plusieurs romans coups de coeur de la rentrée littéraire de septembre.

Avant cela, on aurait voulu ne pas squeezer d'excellents livres sortis  entre septembre 2016 et janvier 2017 avant qu'ils ne se fassent totalement engloutir par le raz de marée des 600 et quelques romans à venir..

Voici  en ce samedi matin, nos trois gros coups de coeur des romans hors littérature française, et pré rentrée littéraire :

 1  La où les lumieres se perdent; David Joy;(Sonatine)

 

Couverture-roman-David-Joy-Lumieres-se-perdent"Le sang est plus épais que l’eau et je me noyais dedans, et une fois que j’aurais touché le fond, personne ne me retrouverait."

 De lumière il ensera beaucoup question dans ce livre de David Joy ( un nom pas forcément prédestiné tant le livre est irrigué d'une vraie tristesse), celle qui éclaire mais aussi celle vers laquelle Jacob voudrait aller alors que tout est si sombre dans sa vie.  

Son père,  homme violent,  est à la tête d'un traffic de drogue et de corruption auquel il mêle son fils.  Jacob assiste à une terrible execution d'un des employés de cette entreprise suspecté d'avoir parlé, et ce passage à tabac déchainera une série d'évènements tous aussi redoutables les uns que les autres.  

L'amour qu'il partage avec Maggie, son amie de jeunesse,  ne suffira à le sauver et Jacob s'enfonce dans l'obscurité.

Ce roman apre et déchirant  nous captive de bout en bout, on assiste aux efforts desespérés d'un jeune homme englué dans son destin et le dénouement,  inattendu et cruel, nous laisse peu d'espoir sur son avenir.  Ce livre fait partie de ceux que l'on n'oublie pas.

 2 Je m’appelle Nathan Lucius ; Mark Winkler ( Metailié)

 

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 « J’ai eu une petite amie il y a un moment de ça. Un jour je lui ai dit que je préférais me branler plutôt que de coucher avec elle, alors elle est partie. »

Nathan est un jeune homme moderne, il vend, sans enthousiasme, des espaces publicitaires pour un grand quotidien, parfois après le travail il boit un coup avec ses collègues. Il loue un petit studio dans un quartier résidentiel  du Cap, sa voisine une femme mure célibataire lui fait de l’œil. Il dort la lumière allumée et n’aime rien tant qu’une journée ressemble à une autre. Il a pour seule amie Madge une antiquaire avec qui il chine les weekends.

Seulement voilà, Madge est malade, un cancer l’emporte inexorablement, alors Madge demande à Nathan de l’aider à en finir. Mais Nathan était la dernière personne à qui demander une chose pareille, mais ça Madge ne pouvait pas le savoir.

Un jeune homme velléitaire, un peu branleur, gentiment sociopathe, « Je m’appelle Nathan Lucius » démarre comme une petite comédie sociale, Nathan rencontrera-t-il l’amour, rencontrera-t-il l’amitié ?

Quel élément perturbateur fera que Nathan donnera un sens à sa vie ? Et puis PAF, ce sera tout autre chose, à ce moment le chroniqueur sait qu’il ne doit plus rien écrire sans risquer de gâcher le plaisir des futurs lecteurs. Surprenant, dérangeant, inconfortable, Mark Winckler vient d’écrire un grand roman sur l’enfance brisée.

3 Si rude soit le début; Javier Marias( Gallimard étranger)

 

A17821« Certains se plaisent à tromper, ruser, simuler, et font preuve d’une incroyable patience pour tisser leur toile. Ils sont capables de vivre le présent qui traîne en longueur, un œil rivé sur un avenir imprécis qui arrivera quand il arrivera, ou seulement quand eux-mêmes auront décidé qu’il doit se muer enfin en présent, puis, sitôt après, en passé. »

. Le grand romancier espagnol Javier Marías, sans dotue un des plus grands écrivains espagnols vivants,  . (Poison et ombre et adieu, Comme les amours que certains voient parfaitement dans la liste des prochains Nobel,  nous plonge dans son nouveau roman dans une une société espagnole des années 80 qui reste marquée par le franquisme

A travers ce magnifique roman d’apprentissage, une éducation sentimentale , Marias parvient à surprendre  avec une verve et une plume incontestables  le lecteur pendant près de 600 pages avec un brillant récit qui parle de  fin d’un couple et la fin du franquisme.

On est parfois perdu dans certaines disgressions mais on retombe sur nos pattes et on ne peut qu'être happé par le sens du récit et du lyrisme de cet immense romancier espagnol et international.

A travers cette si belle et si profonde réflexion sur la capacité de pardonner, et sur  les affres du désir, le  lecteur est entraîné à suivre les pérégrinations, du jeune Juan plongé dans cette Espagne où les mystères et les trahisons sont légions. Un grand grand grand ( vous avez compris) livre de ces derniers mois, à lire avant de passer aux grands grands grands livres de la rentrée à venir..