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" Ils  sortent et elle se blotit contre lui tandis qu'il lui allume une cigarette, elle le regarde avec ses cheveux blanc et ses yeux gris bordés  d'orange  qui désormais lui rappelerait la parphélie. Elle lui tend la main et ils restent là sans qu'aucun d'eux n'éprouvent la moindre envie de parler."

Nouveau coup de coeur littérature étrangère  en ce mardi matin, après celui de Ron Rash il y a quelques jours, on a envie de mettre en avant l'oeuvre d'une jeune auteur écossaise dont on ne connait en France que deux romans.

Après un premier roman coup de poing La sauvage, radical et singulier,  paru en France début 2014, on n'avait plus guère de nouvelles de Jenni Fagan, une plume venue d'Ecosse particulièrement prometteuse.

Ouf,  la revoilà pour cette rentrée littéraire de 2017 et le moins qu'on lui puisse dire est qu'elle ne fait que confirmer ce premier essai.

Avec cette dystopie- on est en 2020 dans une êre de refroidissement total ,ce qui peut sembler plutot incongru lorsqu'on pense au réchauffement climatique dont on parle constamment un peu partout- Jenni Fagan mélange littérature blanche et le roman an du genre post apocalyptique dans la veine du roman culte " La Route" de McCarthy ou du récent  Station Eleven  sorti l'an passé  

Si le genre du roman post apocalyptique ne me séduit pas outre mesure a priori, et que le coté hybride de ce projet- mi drame social, mi littérature SF- peut inquiéter,  j'ai été vite rassuré par le fait que ce intéresse Jenni Fagan, c'est bien plus l'intime et les relations humaines que le contexte de la fin du monde.


  Certes, l'auteur nous montre bien comment les personnages brisés par la vie  doivent apprendre à survivre dans cet environnement complètement hostile, faire provision de lumière et de soleil malgré cet âge de glace particulièrement handicapant, mais c'est vraiment le contexte social et le le lien de solidarité et d'entraide des personnage du roman qui irrigue l'ensemble de ces buveurs de lumière.

Si la romancière ecossaisse réussit largement sa description d'une nature aussi sublime que dangereuse, l'essentiel du roman est ailleurs, dans sa peinture des liens humains et sociaux.

Jenni Fagan explore mine de rien la condition des laissés pour compte de la société, qui ont ni plus ni moins de mal à survivre en société en période d'apocalypse qu'en état de non catastrophe naturelle.

 

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Dylan (un cinéphile particulièrement pointu, personnage qui ne peut que me séduire), Constance, l'adolescente transgenre et Stella  une bricoleuse touche à tout sont des gens a priori ordinaires, mais dont les difficultés de la situation ne font que mettre en lumière le courage et l'amour qu'ils ont enfoui en eux, et c'est cela qui est très beau dans le livre de Jenni Fagan.

 L'intrigue se déroule dans la petite petite communauté de Clachan Fells, au nord de l’Écosse, dans un parc de caravanes  près des montagnes dans lequel gravitent quelques marginaux qui vont tenter de s'entraider pour partager cette lumière qui leur fait tant défaut.

Cette histoire de résilience d'amitié et d'amour, Jenni Fagan la distille avec une tendresse absolue qui donnerait presque envie  de vouloir également l'apocalypse.

De beaux personnages, un décor singulier, un style à la fois sans fioriture et poétiques :Il faut dire ces buveurs de Lumière, un roman empli  d'une aura singulière qui ne pourra qu'émerveiller un lecteur avide de littérature poétique et envoutante...

  Les buveurs de lumière de Jenni Fagan

Métailié 2017, 303 pages

Traduit de l’anglais (Ecosse) par Céline Schwaller (The Sunlight Pilgrims 2015)