reste

 

« Voilà ce qu’elle a fait cette fois-là : elle m’a mis à l’abri, en veillant sur moi jusqu’au matin, jusqu’à ce que mon père, l’homme qu’elle ne cesserait jamais d’aimer, sorte. Et puis elle m’a éloigné, alors que les flammes s’élevaient, invisibles, que la maison se réduisait en cendres. »

Eté 78, l’été des seize ans d’Elia, un été où tout va basculer, dans la petite ville de Ponte en Italie du Nord. Le père d’Elia a tout perdu quand la cotonnerie a fermée. Colosse aux pieds d’argile, il ne supporte pas le chômage et les petits boulots de manœuvre sur les chantiers.

La mère d’Elia, jeune femme pleine de vie se bat pour maintenir le fragile équilibre familial, elle sait que son époux ne va pas bien. A cette époque bipolarité et schizophrénie  ne font pas partie du vocabulaire de la petite communauté. Heureusement, l’adolescent rencontre Stefano un nouveau camarade de jeu, mais c’est surtout sa mère qui attire le jeune garçon.

Cet été c’est sûr, Elia va découvrir beaucoup de chose.

Quel plaisir de retrouver les émotions de ses seize ans dans ce roman tendre et violent. Le roman d’apprentissage est un genre en soi : « Frankie Addams » de Carlson McCuller, « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur » d’Harper Lee ou plus près de nous et plus français « La classe de neige » d’Emmanuel Carrère.

Il se dégage de « Ce qu’il reste » une très forte émotion, une mélancolie âpre, une douceur et une poésie qui pourrait donner un formidable scénario. Souvenez-vous d’ « Un été 42 » le  beau film de Robert Mulligan. Un été, une nuit, une vie, «  Ce qu’il reste » est un très grand roman.


Ce qu’il reste    Elena Varvello edition JC LATTES