Après le succès de son spectacle Arrête ton cinéma, Rachid Badouri investit la scène du Comédia pour 30 dates exceptionnelles avant de partir en tournée, et nous avons eu la chance d'assister à l'une d'elles... On retrouve Guy Lévesque à la mise en scène - car à quoi bon changer une équipe qui gagne ? - dans ce one-man show qui nous aura fait rire aux éclats, et qui nous aura fait repartir avec les yeux un peu embués...

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En arrivant à Paris, Rachid Badouri, tout droit débarqué du Québec et d'origine marocaine, a subi plusieurs chocs : le premier a été d'ordre culturel. Ça a commencé avec son installation dans une toute petite rue qu'il décrit comme la plus moche du monde.

Et ça a continué avec son approche de ses autochtones, des gens aussi aimables que des portes de prison - bon, pas tous, mais le cliché qui colle aux parisiens est tenace - incapables de dire bonjour - un peu curieux dans la soit-disant ville de l'Amour. Le deuxième fut... thermique : ces mêmes parisiens semblent avoir une légère tendance à l'exagération.

Pour eux, trois centimètres de neige et une chute des températures à un degré en-dessous de zéro, sont synonymes d'apocalypse. Le troisième fut lié à une autre périphrase souvent utilisée pour parler de Paris : La capitale de la mode. Il lui a suffi de jeter un coup d'oeil à ceux qui étaient au premier rang pour infirmer la chose... Vous l'aurez compris, Rachid Badouri aime se gausser de nous, mais avec toujours beaucoup d'affection.

Et de l'affection, de la tendresse, il y en aura beaucoup dans son spectacle.

Il y évoquera son père qui n'est "pas un grand philosophe", qui le fait rire malgré lui, mais dont les paroles sages l'inspirent, le guident au quotidien. Sa maman, aussi, disparue il y a peu : la scène où il revit sa "dernière danse" avec elle, le soir de son mariage, m'a serrée le coeur - rien qu'en écrivant ces lignes, l'émotion me gagne à nouveau, bah bravo !

De l'auto-dérision, aussi, lorsqu'il nous raconte comment sa femme s'est transformée en quelque chose proche du monstre, peu après qu'il lui ait mis la bague au doigt. Quand il nous sort des mimiques extras - mention spéciale pour celle du Chinois, qui ne bouge pas d'un pouce, qu'il soit triste, qu'il rit, ou qu'il pleure -, qu'il fait des petits sauts de cabris pour éviter les obstacles de sa chouette rue...

En somme, un texte profond - surtout quand il nous parle de lavement... -, à mourir de rire, émouvant... Merci Rachid Badouri ! 

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 Rechargé de Rachid Badouri, jusqu'au 31 décembre à la Comédia4, Boulevard de Strasbourg 75010 PARIS.