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L'année cinématographique 2018 touchant forcément à sa fin, il est plus que temps de revenir sur nos immenses coups de cœur de cette fin d’année, et parmi eux on pense forcément au sublime Amanda de Mikhaël Hers sorti il y a déjà presque un mois, magnifique histoire de rescapés dans un Paris  meurtri .

David, un jeune homme de 24 ans enchaîne les petits boulots et mène une existence paisible. Lorsque sa sœur aînée décède brutalement, le jeune homme doit prendre en charge Amanda, sa nièce, âgée de 7 ans.

Malgré le deuil, David endosse des responsabilités jusque-là inconnues qui le rapprocheront de la petite fille et les aideront à surmonter leur peine.

Avec AMANDA,  Mikhaël Hers poursuit son exploration du deuil dans un Paris estival, comme il l'a déjà fait dans  Memory Lane  ou dans son précédent film  Ce sentiment de l’été

Cepenant, alors que dans ses deux premiers films, le cinéaste  frustrait en cherchant surtout à éviter le pathos et le potentiel lacrymal de son sujet et manquait d'épaisseur et d'incarnation Hers réussit ici totalement son coup tant il n'hésite plus à montrer  les scènes bouleversantes et traiter vraiment son sujet, et filmer superbement ces personnages blessés qui se raccrochent les uns aux autres pour se sauver du malheur qui fauche leur vie.

Amanda : Critique du film de Mikhaël Hers.

On sent à quel point Hers aime  Paris, sans jamais tomber dans le côté carte postale,  le Paris insouciant d'avant les attentats au cours des vingt premières minutes avant que la tragédie ne frappe.

La première demi heure, aussi  ordinaire soit- elle, montre que le cinéaste possède une sensibilité rare dans sa manière décrire les personnages et les situations de la vie de tous les jours.

Mais Hers sait aussi filmer parfaitement le Paris d'après la tragédie, le Paris de la sidération, où les rescapés ressemblent un peu à des zombies, qui passé le moment de profond abattement vont tenter de survivre pour s'entraider. 

Si le film est un des tous premiers à faire écho aux attentats de 2015, il traite le sujet avec une pudeur et un tact immense, et montre plutôt comment cette tragédie a pu avoir un impact foudroyant sur une cellule familiale.

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Dans ce personnage de jeune homme qui va apprendre à grandir plus vite que ce qu'il désirait,  Vincent Lacoste est vraiment formidable, trouvant ce qui est à ce jour son meilleur rôle, allant bien plus loin que d'habitude dans l'émotion .

"Amanda", qui  nous raconte la faculté de résilience sonne toujours juste, ne verse jamais dans la complaisance et  montre comment la renaissance passe avant tout par des actes  aussi anodins soit ils plutôt que par  les mots forcément superflus et dérisoires .

On pense pas mal  à certains films de Christophe Honoré mais aussi à  l’excellent Manchester by the Sea de Kenneth Lonergan, sorti également en fin d'année il y a deux ans et qui emportait tout niveau émotion. dans lequel un oncle et son neveu devaient apprendre à vivre ensemble malgré leurs difficultés à communiquer ensemble.

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La bienveillance  du réalisateur envers ses personnages imprime tout le film,  qui séduit également par  l'écriture des personnages secondaires , comme ceux de Jonathan Cohen, à contre emploi, ou la toujours juste Lucy Martin, qui campent des personnages extrêmement bien écrits  malgré leur temps de présence  moindre à l'écran .

Amanda, œuvre bouleversante sur le deuil et la vie qui reprend progressivement le dessus malgré tout, est une vraie merveille à ne pas rater dans les rares salles qui le projettent encore.