Le cinéma policier espagnol n'en finit pas de nous délivrer de vrais joyaux , comme La Isla Minima en 2015 ou La colère d’un homme patient en 2016.

En ce printemps 2019, il  continue sur sa lancée avec cet épatant El Reino en salles depuis le 17 avril et découvert lors du dernier festival du film policier de Baune où il a raflé très justement le prix de la critique.

 

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Manuel Lopez-Vidal appartient à la race des seigneurs. Homme politique influent il s'apprête à prendre la tête de son parti.
Corruption, abus de pouvoir, lobbyisme éhonté, la vie de ce député semble avoir toujours été au bord de la ligne qui sépare honnêteté et malhonnêteté.
Une vie politique construite au gré des rencontres plus ou moins intéressées.
Antonio de la Torre (Manuel Lopez-Vidal). Quand la proie devient dangereuse. ©Tornasol Films
Évidemment lorsque l' on flirt étroitement avec le droit et le tordu un jour ou l' autre le bateau prend l' eau et Manuel n' à pas du tout l' intention de sombrer seul. "Gardez moi de mes amis, Mes ennemis je m' en charge" une citation que tout ce microcosme ne devrait jamais oublier...
Film politique doublé d' un polar survitaminé, Rodrigo Sorogoyen ne lâche pas son "malheureux " héros entraîné de Charibe en Scylla chaque fois que celui pense sauver sa "probité" politique.
Un scénario  plus qu'efficace,  formidablement servi par une mise en scène tendue  et virtuose, qui comporte ses scènes de bravoure surtout dans une dernière heure haletante à souhait ( la scène du balcon ou celle de la station service), une formidable bande originale ( composée par  le français Olivier Arson)  qui épouse la folle course poursuite contre la  montre   de Manuel , interprété par un Antonio de la Torre plus inspiré que jamais. 
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El reino  est vraiment un très bon film,  qui parvient à rendre intelligibles des ressorts politiques particulièrement complexes.
Si on peut simplement déplorer le regard nihiliste porté sur la classe politique et un petit côté:" tous ensemble mais tous pourris" un peu désagréable., on ne boudera assurément pas son plaisir devant cet excellent polar qui prouve  deux  ans après Que Dios nos perdone), le talent de metteur en scène  de Rodrigo Sorogoyen  avec  cet épatant El Reino.!!