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 Référence incontournable du non-sens et de l’humour noir, avec un ton atypique, qui  se distingue totalement  des comédies passe-partout, Quentin Dupieux  était revenu l'an dernier au cinéma français- après quelques  productions réalisés aux USA-  pour  l'excellent  "Au Poste", avec l'épatant duo Benoît Poelvoorde/ Grégoire Ludig 

Avec son nouveau long métrage,  "Le daim," film d’ouverture de la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes 2019,  Quentin Dupieux nous confronte à un personnage qui déraille, depuis qu'il a acquis un blouson en daim et explore ici la folie humaine et la solitude, à la sauce Dupieux bien sûr, et avec l’aide d'un Jean Dujardin qui aime toujours autant surprendre dans les choix de ses univers de cinéma .

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Le résultat est finalement assez mitigié :: reconnaissons que le film, avec son image terne, intemporelle et ses décors miteux forment un parti pris esthétique plutôt réussi ambiance western plaquée sur un coin reculé des Alpes françaises.

L’histoire se focalise pour l’essentiel sur ce fameux vêtement 100 % daim qui donne son titre au film,d'un autoritarisme qui fait penser au  pneu psychorigide de Rubber

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Malheureusement, une fois qu'on a compris l'idée de départ, on a l'impression que la machine tourne à vide et que Dupieux n'a pas grand chose à dire, l'absurdité de son récit rend un peu indifférent le spectateur, qui se fatigue vite de cette absence totale de rationnalité dans les situations et motivations des personnages. 

Contrairement au récent "Yves",  qui sort en même temps sur les écrans ou encore les livres et BD de FabCaro dont on reparle prochainement, il manque à ce non-sens permanent une portée plus large, une critique sociale qui fait ici cruellement défaut .

 

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On sent vaguement que le caméscope que Georges/ Jean traine constamment, avec son manteau en daim signifie quelque chose pour Dupieux sur le fait de filmer sans avoir grand chose à montrer, et qu'il faut toujours plus de sang , de violence pour attiser l'oeil du spectateur,mais tout cela ne semble pas profondément exploité et surtout Dupieux semble arriver à saturation de non-sens.

Le film "Le daim" ne développe pas assez la folie de son personnage principal, auquel Jean Dujardin échoue à donner une dimension plus tragique à cet homme en perdition totale, et même si le clin d'oeil de la fin est plutôt pas mal trouvé, le daim ne dépasse pas le stade de la pochade intéressante mais un peu vide.

 

Bande Annonce du film Le Daim