Second article sur le festival Lumière en ce vendredi d'avant le début du festival, et après Delerm on vous parle de Ken Loach, qui fête son grand retour 7 ans après avoir été consacré de fort belle manière. 

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Lauréat du Prix Lumière 2012, depuis auréolé d’une seconde Palme d’Or, Ken Loach revient à Lyon pour une rencontre exceptionnelle – et politique – avec le public et l’avant-première de son nouveau film Sorry We Missed You, sélectionné en Compétition au Festival de Cannes cette année.

 Auréolé de deux Palmes d’or, pour Le vent se lève en 2006 et pour Moi, Daniel Blake dix ans plus tard, Ken Loach, de retour à Newcastle, sonde la violence du capitalisme.

Après avoir dénoncé la cruauté des services sociaux britanniques, le cinéaste s’attaque cette fois à "l’ubérisation" du travail, méthode récente qui enchaîne les employés à une liberté illusoire.

Pour cette chronique familiale sur l’évolution libérale du marché du travail et l'aliénation qui l'accompagne, il s’entoure de ses proches habituels, son scénariste Paul Laverty et sa productrice Rebecca O'Brien.

Un film qu'on a pu voir il y a quelques mois en avant première et dont on vous parle dès à présent :

 

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 Il a fallu vendre la voiture familiale pour acheter à crédit un camion de livraison mais Ricky en est sûr en devenant chauffeur à son propre compte pour une plateforme de livraison, il pourra s’acheter un pavillon et mettre ainsi sa famille à l’abri. Mais pour la famille Turner le nouveau travail du père sera une véritable descente aux enfers.

Sous-traitants de commanditaire extrêmement exigeants, les chauffeurs cumulent les inconvénients d’un employé maltraité subissant des obligations de rendement impossibles et la précarité d’un artisan à son compte prenant en charge tous les inconvénients de la profession de livreur dans une grande ville : embouteillages, retards, amendes, journées à rallonge éreintantes et stress maximum.

Des conditions de travail dignes des travailleurs journaliers au XIXe siècle.

 

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Film coup de poing sur l’ubérisation d’une société de plus en plus libérale. Ken Loach nous décrit avec une précision chirurgicale les conséquences d’un travail déshumanisé sur le corps et la cellule familiale. Toujours au plus près de ces personnages le réalisateur pose un regard tendre et lucide sur des êtres humains victimes de la cupidité d’autres êtres humains.

Depuis plus de vingt ans le réalisateur et Paul Laverty son scénariste nous donne à voir et nous questionne sur l’insécurité et l’amoralité d’un monde gouverné par le profit.

Comme « Moi Daniel Blake », « It’s a free world », My name is Joe », Bread and roses », ou “Sweet sixteen”, Sorry we missed you » nous interpelle et nous questionne:” comment et pourquoi en sommes nous arrive là”.

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 Présenter un énième film de Loach à Cannes et désormais à Lyon  est peut-être le seul moyen pour lui d’être  vu et écouté., mais hélas on a un peu un sentiment d'impuissance en sortant de la salle de projection car on a l'impression quand même que les choses ne changent pas....

Et  on a l’impression un peu amère en regardant sa filmographie d’assister au combat final de la chèvre de monsieur Seguin.

Le nouveau film de Ken Loach illustre à merveille la citation de Warren Buffet:” ...La lutte des classe existe bien sûr et nous sommes en train de la gagner...”

Ce qui est certain, c'est que le nouveau film de Loach film décrit une réalité  particulièrement éprouvante, mais jamais le réalisateur n’oublie d’humaniser ses personnages et jamais il ne tombe dans la caricature larmoyante.. c’est cru et très dur, mais c’est une réalité quotidienne pour beaucoup de gens....

  Du cinéma libre et engagé, un film nécessaire. 

 

  Présentation au Festival de Cannes : 16 mai 2019

Sortie en France : 23 octobre 2019

Distribution : Le Pacte.
Sortie en salles le 23 octobre 2019.

 SÉANCES

 me 16 21h15 - Institut Lumière
En présence de Ken Loach
MASTER CLASS
Rencontre avec Ken Loach en présence de Clémentine Autain
Comédie Odéon je 17 11h30