Festival des Caravanes d'Afrique : L'Entente - La face cachée d'Alexandrie de Mohamed Rashad
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L'Entente - La face cachée d'Alexandrie de Mohamed Rashad
Hossam, 23 ans, va reprendre à l’usine du coin le poste de son père tout récemment décédé. Son petit frère de 12 ans est là avec lui. Pourquoi, comment ? Le film ne perd pas de temps à nous l’expliquer car il colle à l’urgence étonnée de son protagoniste en nous plongeant en plein milieu d’une engueulade familiale dès la première scène.
Mohamed Rashad n’est pas là pour faire de la sociologie : on a à peine le temps de se demander si de telles situations étonnantes sont monnaie courante en Égypte (le scénario est bel et bien basé sur des faits réels) ou si Hossam a tout simplement envie de s’y retrouver mêlé que le voilà déjà au charbon.
Le réalisateur fait surtout sienne l’idée d’un certain déterminisme social à l’œuvre dans la société égyptienne.
Le quotidien devient une lutte, et c'est là que le film touche le plus au cœur . Rashad ne fait pas de grands discours ; il filme des gestes répétitifs, des regards en coin et des silences qui pèsent lourds.
Pour Hossam (joué avec conviction par le comédien de théâtre Adham Shukr), il semble difficile d’échapper à son destin tout tracé, dans un pays où l’on pardonne rarement les écarts de jeunesse.
Se dessine dès lors une classe prolétaire vivant de petits boulots et de débrouille à la limite de la légalité, entre inégalités et violence banalisée.
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Le protagoniste est un personnage parfois violent, présence maladroite qui crée un flux inquiétant dans l’histoire, ce qui peut rendre difficile de sympathiser avec lui. Pourtant, ce paradoxe permet au film d’atteindre un niveau de réalisme élevé et une représentation au plus près des ouvriers reflétant la réalité amère de millions de jeunes égyptiens aujourd’hui.
Décrivant avec beaucoup de soin l’environnement social des protagonistes (les terrains vagues, les immeubles insalubres, l’usine), Mohamed Rashad se sert d’une photographie aux couleurs volontairement blafardes afin de faire naître l’idée d’un avenir bouché.
L'entente est un film qui demande de la patience, mais qui, en échange, nous offre un morceau de vie brute, sans filtre.
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Rashad ne transforme jamais ses héros en martyrs ou en symboles. Ils sont humains, faillibles, parfois résignés, parfois en colère. Ils ne sont pas victimes d'une fatalité divine, mais d'un système qui les dépasse, et c'est ce qui rend leur trajectoire si crédible et, par extension, si révoltante.
Un mot sur Alexandrie présent dans le sous titre du film et qui n'est pas un simple décor, c'est un personnage muet qui entrave l'horizon de nos protagonistes. Même quand le film s'autorise quelques envolées plus sensorielles, avec une musique qui vient souligner l'intériorité des frères, on sent que la sombre réalité de la société égyptienne finira irrémédiablement par reprendre le dessus.
Un premier essai fort et courageux qui donne envie de voir où ce réalisateur nous emmènera ensuite.
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Sortie en salles le 6 mai 2026.
L'entente sera projetée dans le cadre du Festival Caravane du cinéma d'Afrique le 25 avril dans le cadre d'une nuit spécial Egypte.
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