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 Fille d'Hervé Palud (oui le réalisateur de  L'indien " chacun sa route, chacun sa vie" dans la ville)- Jessica Palud, qui a hérité de son père de son goût pour les plateaux de tournage, va néanmoins sur des rives bien différentes que son paternel .

En effet, la réalisatrice d'une trentaine d'années a préféré se tourner vers un cinéma bien moins populaire, et plus intimiste et naturaliste comme son premier long métrage, Revenir, en salles mercredi, le montre parfaitement.

Avant "Revenir", Jessica- qu'on a eu la chance de rencontrer la semaine dernière sur Lyon- a réalisé Marion, un très beau  court métrage sélectionné dans plus de 150 festivals et couvert de prix un peu partout où elle montrait son attachement à des personnalités taiseuses, blessées par la vie, qui était déjà un film qui place l'humain avant tout.

Son premier long métrage,  Revenir, adaptation très libre du roman « L’amour sans le faire » de Serge Joncour, un beau roman publié en 2012  du retour aux sources d' une infinie tendresse malgré les silences et les non-dits, continue dans cette même voie.

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 Dans cette adaptation très resserée ( le film ne dure que 77 minutes, ce qui est de plus en plus rare actuellement)  Jessica Palud a été  aidée au scénario de Philippe Lioret ( pour qui elle a été assistante réalisatrice ) et  de Diastème ( avec qui elle a aussi travaillé à ses débuts).

A six mains, le scénario frappe par sa pudeur et sa consicion tout en abordant un certain nombre de sujets forts et essentiels, comme le suicide d'un agriculteur sous fond de déshérence agricole - un sujet abordé par Edouard Bergeron dans au nom de la terre, mais traité de façon totalement différente. 

 

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L'intrigue du film se déroule dans une ferme isolée du Sud Est de la France - sous le soleil de la drôme provencale très joliment mis en avant par le chef opérateur Victor Seguin, dans lequelles ,les non-dits et les secrets  et l’incommunicabilité sont prégnants.

Les personnages de Revenir s'aiment  certainement, mais ne savent pas se le dire d'autant plus quand la mort et la maladie ont laissé fortement des traces. 

Seul un petit minot de 6 ans,  Alex ( joué par le jeune Roman Coustère Hachez qui aura visiblement posé quelques problèmes à la cinéaste pendant le tournage), , le neveu de Thomas, le protagoniste principal du film qui revient 12 ans après dans sa ferme natale après être parti à Montréal , apportera un peu de joie et de liant à cette famille dysfonctionnelle .

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  De plus en plus intense sur grand écran après avoir commencé comme le bel Appolon un peu lisse chez Dolan,  Niels Schneider est formidable d'intensité dans un rôle peu bavard où il doit exprimer pas mal d'émotiion par ses gestes et ses regards.

Pour lui faire face,  Adèle Exarchopoulos dans  un rôle  éloignée de ceux auxquels elle nous avait habitué, habite totalement Mona, une jeune femme de paysan, mère de famille et veuve, avec ce qu'il faut de candeur et d'intelligence émotionnelle.

 

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Revenir, qui traite d'un sujet et d'un genre - la chronique familiale dysfonctionnelle- bien éculés dans le cinéma français, parvient largement à toucher.

On est notamment profondément séduit par la façon dont Jessica Palud, et sa caméra toujours au plus près de ses personnages parvient  à donner à capter une vérité des sentiments et insuffler pas mal de densité et d'émotion à ces êtres blessés qui s'aiment mais sans réussir à se le dire (plus qu'à le faire contrairement au titre initial du roman de Joncour.  

"Revenir", la bande-annonce

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 Pour accompagner la sortie du film Revenir de Jessica Palud, qui sort ce mercredi 29 janvier en salles,   on note la  ressortie en poche du roman « L’amour sans le faire » de Serge Joncour, dont il est librement adapté.

Ce beau roman publié en 2012 d'une infinie tendresse malgré les silences et les non-dits. Soyez vigilants, on devrait prochainement venir vous gâter à ce niveau !