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Creusons une nouvelle fois la figure de la sorcière après la BD de Penelope Bagieu dont a récemment parlé car les romancières d'aujourd'hui développent une vision toute personnelle de ces femmes jadis craintes et pourchassées. et qui sont plus que jamais à la mode.
Ainsi,  les éditions Zulma  ont publié  en ce début d'année, et  pour la première fois en France l'écrivaine américaine Alyson Hagy, repéré par Richard Ford et salué par le New York Times comme une "voix puissante".
Les Sœurs de Blackwater raconte l'histoire d'une femme - sorcière pour les uns, sainte pour les autres - qui, dans une Amérique dystopique, est l'une des dernières à savoir encore lire et écrire, dans une région située quelque part dans l’Est américain .

 "Elle répéta son serment à voix haute, espérant renforcer ainsi sa propre determination : " j'aiderai tout homme qui n'usera pas de faux semblant avec moi. Tandis qu'elle prononcait ses mots, les corbeaux penchés sur les branches amères des noyers s'envolèrent, leurs ailes noires claquant comme des haillons devant le soleil."
Et quand les mots sont les seules armes restantes dans un monde régi par les hommes, cette femme indépendante devient vite un danger à éliminer...
Dans ce roman, Alyson Hagy revient sur les grandes questions de notre temps - la migration, les épidémies, la montée de l'autoritarisme, la peur de certains hommes face à l'indépendance des femmes... - à travers un récit poétique et métaphorique.
Dans une langue âpre et violente,  Alyson Hugy  livre un étonnant  cauchemar poétique dominée par  deux étonanntes et  formidable héroïnes.
Ces  foudroyantes  Sœurs de Blackwater  peuvent  dérouter mais séduit assurément par  sa philosophie et sa poésie ensorcelante .


Les Sœurs de Blackwater, d’Alyson Hagy, traduit de l’anglais (États-Unis) par David Fauquemberg, Zulma, 225 p., 21,80 €.