Baz'art  : Des films, des livres...
29 juin 2025

[CRITIQUE] RAPACES de Peter Dourountzis : un thriller acéré sur les dessous de la presse criminelle.

Dans son premier long métrage Vaurien,  qui est resté en mémoire des (rares) spectateurs qui ont eu la chance de le voir en 2020 au cinéma,  Peter Dourountzis tentait de cerner, à l’aide d’une mise en scène aiguisée et anti-psychologique, la figure trouble d’un meurtrier-vagabond.
Un homme,  joué par Pierre Deladonchamps qui, bien que détestable et dangereux, parvenait à s’immiscer dans les différentes sphères de la société grâce à son apparence convenable d’homme blanc quadragénaire.
Trois ans plus tard, il revient aux affaires avec "Rapaces" un film sans doute plus accessible et "mainstream", du moins en apparence mais qui sonde également les affres de l'âme humaine.
Un thriller tendu et regard acéré sur les dessous de la presse criminelle.

 

Le nouveau film de Peter Dourountzis, RAPACES*, s'appuie sur l'enquête d'un féminicide venue s'immiscer dans une relation père-fille. 

Une étudiante en journalisme effectue un stage à la rédaction du magazine à sensation Détective (inspiré du journal de faits divers Le Nouveau Détective) au côté de son père.

Le duo enquête sur le meurtre d’une jeune fille de son âge brûlée à l’acide sur une route de campagne.

Peter Dourountzis, fort de ses 15 ans d’expérience au Samu social- parcours bien atypique pour un réalisateur français, parvient aisément à renouveler les codes du polar en distillant des analyses précises des travers de notre époque.

Progressivement, le film d'abord portrait choral d'une rédaction (comme le récent Vivants, en moins survolé)  va se muer d'une mini-fresque chorale en portrait d'un père et de sa fille en mission.

 

 

Après s’être intéressé à un tueur marginal dans Vaurien, il s’attarde ici sur le rôle des médias dans la représentation de ces crimes et interroge  sans manichéisme la manière dont l’information est  et élaborée puis diffusée.

Rapaces s’inscrit dans une tradition de polar social à la française Peter Dourountzis continue à explorer la violence contemporaine avec justesse. 

Et au morbide et au glauque, il préfère l’observation sans négliger d'insuffler pas mal de tension à son enquête notamment dans sa dernière demi heure (la scène du resto autoroutier, stressante à souhait.

Une mise en abîme efficace, sans excès de démonstration.

Rapaces joue habilement avec  les codes  du cinéma de genre pour questionner notre rapport à l’information, à la violence, et à l’intimité familiale.

Moins radical  que VAURIEN, mais plus généreux  et populaire, Rapaces est un polar efficace, porté qui plus est par une vraie volonté de dire quelque chose.

 

 

Le film s’ancre dans un univers très réaliste, qui évoque immédiatement la presse à sensation façon "Nouveau Détective" mais sans le sensationnalisme dévolu à ce genre de presse à scandale.

On sent d'ailleurs chez le réalisateur- même si lors de l'interview qu'il nous adonné lors de la rencontre avec les médias lyonnais il n'a pas abondé dans ce sens, une volonté de réhabiliter ce genre de presse, quitte à les rendre quasi héroïques dénouant des enquêtes tortueuses que les policiers n'ont jamais su résoudre...

Rapaces réussit là où  certains thrillers capotent : il conserve une ligne claire, une sobriété dans sa forme, et une belle cohérence dans son propos. 

 

 

*Le titre du film désigne tour à tour les criminels, les journalistes, voire les institutions qui exploitent la douleur pour faire vendre.

RAPACES de Peter Dourountzis avec Sami Bouajila et Mallory Wanecque,

Sorti le 2 juillet 2025 au cinéma - Vu en Avant-Première à Lyon- Interview à venir du réalisateur et de la jeune comédienneMallory Wanecque,

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Depuis vingt-six ans, le Festival Cinémas du Sud, organisé par Regard Sud, offre un panorama du cinéma contemporain du Maghreb et du Moyen-Orient, à travers des œuvres rares

(Fictions, documentaires) avec la présence exceptionnelle de leurs cinéastes.

 Cette 26e édition qui se tiendra du 15 au 18 avril 2026, permettra de découvrir aussi des œuvres du patrimoine arabe, comme le film Gare Centrale de Youssef Chahine, et Said Effendi du cinéaste irakien Kameran Hosni (né en Irak et décédé en 2004 à Los Angeles) et le film du cinéaste marocain Ahmed El Maanouni, Alyam, Alyam.

Cet évènement sera aussi l’occasion de découvrir des œuvres inédites, des premiers long-métrages et d’assister à une avant-première. Elle accueillera des invités témoignant de l’importance du Festival Cinémas du Sud à l’Institut Lumière.

https://www.institut-lumiere.org/25e-festival-cinemas-du-sud

 

mauvais gones
 

Les Mauvais Gones 2026 : Lyon au cœur du cinéma criminel du 20 au 24 avril

Du 20 au 24 avril 2026, Lyon accueillera la 8e édition du festival Les Mauvais Gones, un rendez-vous désormais installé dans le paysage culturel lyonnais, dédié au cinéma policier et de gangsters.

Pendant cinq jours, le cinéma UGC Ciné Cité Confluence se transforme en véritable immersion dans l’univers du crime à l’écran, avec une programmation de films cultes, des soirées thématiques et des échanges avec des invités du monde du cinéma.

 https://www.lesmauvaisgones.fr/

 

 

Festival Caravane des Cinémas d’Afrique

La 18e édition du Festival Caravane des Cinémas d’Afrique aura lieu du 21 au 26 avril 2026 au Ciné Mourguet et dans 30 salles partenaires à travers la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Créé en 1991, le Festival Caravane des Cinémas d’Afrique avait initialement lieu chaque année avant d’adopter un rythme biennal dès 1992. En 2026, il retrouvera son format annuel, marquant ainsi une nouvelle étape dans son histoire. Ce retour à une périodicité annuelle permettra au festival d’accompagner plus étroitement la vitalité et la diversité du cinéma africain contemporain, en écho à la richesse de sa production et à l’enthousiasme croissant de son public.

Le Festival en quelques chiffres : une trentaine de films présentés, 30 salles partenaires en Région Auvergne-Rhône-Alpes, une vingtaine de nationalités et invités, environ 80 séances, 6 films en compétition pour le Prix du Public, 10 courts métrages pour le Prix du Jury Jeune. 

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