Baz'art  : Des films, des livres...
30 mars 2024

Notre rencontre avec Florent Bernard pour le film "Nous les Leroy"

Florent Bernard, connu sous le nom de FloBer, est une figure phare de la génération
YouTube et des podcasts; 

Florent Bernard, jusque là  connu pour son Floodcast et ses talents de scénariste sur La Flamme ou l'excellent film de genre Vermines,   signe avec "Nous les Leroy "son premier long métrage.

On l'avait rencontré lors d'une table ronde organisé par le cinéma Pathé Bellecour de Lyon, notre compte rendu  de cet échange sur le film ci dessous 

Rencontre avec Florent Bernard pour Nous les Leroy

 

Un film Trentenaire mais nostalgique... 

"Nous, les Leroy est un film qui résonne beaucoup avec mon histoire personnelle et le regard nostalgique qui empreint tout le film  me semble être à la fois conscient et inconscient. Conscient parce que je ne parle que de ça !

C’est l’histoire d'un gars qui essaie de revivre sa vie passée et qui comprend que le monde a changé. La scène du parc est éloquente : quand il va revoir l’endroit où il a demandé sa femme en mariage, il découvre le banc où ils étaient assis.

Dessus un type a écrit « je suce au 06 08… ». La vie est passée par là et n’a rien ménagé. C’est ça le thème profond du film. Mais c’est aussi un sentiment un peu inconscient parce que je suis moi-même quelqu'un de profondément nostalgique.

J’essaie de me soigner, ou plutôt disons que j'essaie de moins l'être. J'aurais pu aller, comme le personnage de José Garcia, visiter mon appart de jeunesse pour voir ce qu’il était devenu. J'ai vraiment ce truc-là en moi. " 

 

Une histoire à hauteur d'enfant… 

. Dès le début, je voulais raconter cette histoire par le prisme des gamins. Il se trouve par ailleurs qu’on a tourné là où j'ai grandi et ça joue forcément sur la tonalité du film. Les environs de Dijon, Autun… J'ai toujours trouvé que c'était des décors de cinéma.

Quand je faisais mes petits courts métrages avec mes potes, je me disais que ces zones commerçantes, avec ces Buffalo Grill ou ces concessionnaires, ressemblaient à des décors de Far West. Pas de hauteur, très horizontal… Il y avait un côté fantasmatique qui me plaisait bien.

Un ton qui fait tout ...


Le pitch n’est pas très original. C'est même un genre en soi. La famille qui doit recoller les morceaux dans un road trip… Y en a mille des films comme ça.  Le road trip familial est un genre bien cartographié et c’est là où le regard du cinéaste fera la différence.

Je revendique le fait que ce soit une histoire classique, parce que je la voulais universelle. Ce qui fait son originalité, c’est ce ton. C’est les arrivées de personnages un peu tarés au milieu de tout ça qui vont faire un peu exploser le truc pendant le film.

Et aussi ce qui change des autres films, c'est que mon  road trip fait du surplace : les Leroy vont de Autun à Dijon… Parce qu’au fond le vrai voyage, il est entre eux !

Drôle mais pas que .. 

 Dans La Flamme, il y a je pense au bas mot un gag par minute. C’est un rythme qui n’est pas tenable dans un film. Pour moi, Nous, les Leroy est presque un retour aux sources.

Quand j’ai commencé sur internet à Golden Moustache, je faisais des courts-métrages qui mélangeaient la comédie et l’émotion. J’ai également essayé de garder l’aspect décalé des séries Bloqués, La Flamme, Le Flambeau sur certaines scènes. Ces moments où l’on se dit « ouh la la qu’est ce qui se passe ? »…

C’est ce qui me plaît ! Le cinéma est un manège à la base : il faut surprendre le spectateur, notamment avec l’arrivée de personnages hauts en couleur dans le film. D’autant que mon histoire est « assez classique », mais volontairement !

Un road movie américain.. mais bourguignon avant tout !

Le film évoque des souvenirs d’adolescence. Il était logique pour moi de tourner là où j’avais ces souvenirs. Je connaissais les lieux puisque j’y ai traîné pendant 18 piges. Je me suis toujours dit qu’il y avait des décors de cinéma en Bourgogne : les zones commerçantes, les ronds-points, les rues piétonnes…

Je les trouve éminemment cinématographiques. Quand l’idée est apparue de réaliser mon premier film, et lorsque je l’écrivais, j’avais des endroits de la Bourgogne en tête. Cela aurait été absurde de tourner ailleurs.

La pudeur de parler de choses tristes

La comédie, c’est la pudeur de parler de choses tristes. Je ne me verrais pas réaliser un film d’une heure et demie sur une mère en burn out et un père un petit peu issu du patriarcat qui est dur avec sa famille. Alors que pourtant, c’est exactement ce que que raconte mon film !

Mais la couche de comédie permet de faire passer plus facilement les choses, de rendre les personnages attachants et de questionner le rapport que nous avons avec eux. La comédie est un outil extrêmement fort et efficace qui vous permet aussi d’aborder des zones un peu plus sombres. D’ailleurs, lorsque je fais le bilan des films qui m’ont touché, il y a principalement des comédies. C’est comme dans la vie : dans une soirée vous allez plutôt être attiré par la personne qui vous fait marrer que la personne triste au fond de la salle. 

Un film très référencé 
C'est un film très dialogué et je voulais beaucoup de mouvement, que ce soit ample. Ma culture est plutôt américaine. La grosse influence de ce film, c'était A bout de course de Lumet. Il y avait les films de Hal Ashby aussi, Little Miss Sunshine, Juno  le cinéma de Cameron Crowe, udd Apatow  tout ce cinéma qui m'a touché, qui me touche encore, qui capte la vie et ses mouvements.  C’est vers ça – sans me comparer hein ! – que je voulais emmener Nous, les Leroy.

Mais il y aussi du Patrice Leconte de Tandem en inspiration car c'est un de mes metteurs en scène préférés, avec Jaoui et Bacri également.

Ce que j’adore chez eux, c’est la manière dont leur écriture, faite de punchlines et de répliques ciselées, ne sacrifie jamais les personnages. Ils existent et on sent qu’ils les aiment profondément ou même un peu du Resnais d'on connait la chanson 

Bacri, Jaoui, Resnais ou Leconte  ont prouvé que la bonne comédie permettait aussi la pudeur.

Cette pudeur invite à parler de choses très graves mais légèrement. Je ne voulais surtout pas prendre de haut mes personnages ou me moquer d’eux, ni du sujet. C'est triste ce qui leur arrive. Par contre ce qu’on peut faire, c’est rire malgré tout.

Un film très personnel ...et très universel 


Plus on est intime, plus on est universels. J’aime les comédies qui rappellent la vraie vie. Le titre du film n’est pas anodin : le « nous » de Nous, les Leroy, se rattache à nous tous qui avons une famille. Nous les Leroy : le nous renvoie à tout le monde. C’est un nous collectif.

Mais il y avait aussi l’idée que le père tente de recoller les morceaux, de sauver ce qui peut l’être encore, la famille. Il y a eu le chef d'œuvre de la séparation, Kramer contre Kramer, alors moi, à mon humble niveau, je voulais que le film raconte la famille. On est ensemble, malgré la séparation. 

Jouer avec ses potes

Dans le casting du film, au dela des deux stars principales et des jeunes comédiens qui jouent les enfants, il y a plein d'acteurs - Benjamin Tranié, Jérome Niel, Adrien Ménielle, Sophie-Marie Larrouy..- que je connais tres longtemps, on peut dire que je les amenés avec moi dans mes bagages ( rires).

Je ne fais aucune échelle de valeur entre chaque rôle, pour chacun je veux trouver un acteur que j'aime voir et qui me fait hurler de rire quand je les vois jouer.

La plupart de ces gens sont auteurs, on fignolait le personnage ensemble on trouvait les vannes les plus efficaces ensemble c'est aussi comme cela que je conçois la fabrication d'un film

Nous, les Leroy, le 10 avril au cinéma. Avec José Garcia, Charlotte Gainsbourg..

 NOUS, LES LEROY_Photo_François Dourlen© 2024 Nolita Cinema_DSC09292.jpg

 

 

 

Commentaires
Qui sommes-nous ?

 

Webzine crée en 2010, composé d'une dizaine de rédacteurs qui partagent  la même envie : transmettre notre passion de la culture sous toutes ses formes : critiques cinéma, de littérature adulte et jeunesse, critiques de pièces de théâtre, concert , expositions, musique, interviews et portraits d'artistes, comptes rendus de spectacles,  tests de jeu de société., couverture de festivals de cinéma ou de musique...

Visiteurs
Depuis la création 8 363 406
LE FESTIVAL DU FILM DE LAMA DÉVOILE SA PROGRAMMATION !
 

 

Cette année encore, pour sa 32ème édition, le Festival du Film de Lama vous propose une programmation qui ravira petits comme grands, faisant une belle part aux œuvres présentées au Festival de Cannes avec des films venus du monde entier. Comme l'indique la devise du festival, rendez-vous aux "Chroniques d'un village monde" !
 
Le festival s'ouvrira sur le film de Sarah Arnols L'espèce explosive, présentée à la Quinzaine des Cinéastes cette année et mené par Alexis Manenti, Ella Rumpf et Vincent Dedienne.
 
Pour continuer sur cette lancée cannoise, le festival aura l'honneur de vous présenter La vie d'une femme de Charline Bourgeois-Tacquet mais aussi Notre Salut (Prix du Scénario - Festival de Cannes 2026) d'Emmanuel Marre, Minotaure (Grand Prix de Cannes 2026) de Andreï Zviaguintsev, La Bola Negra (Prix de la mise en scène - Festival de Cannes 2026) de Javier Calo et Javier Ambrossi ou encore Histoires de la nuit de Léa Mysius.
 

Festival du Film Italien de Villerupt

49e édition - Du 23 octobre au 8 novembre 2026

www.festival-villerupt.com

 

 

 

Hommage à Monica Vitti et rétrospective autour de la figure du père, la 49e édition du Festival de Villerupt dévoile ses premiers éléments de programmation et son affiche officielle.

 

En 2026, le Festival de Villerupt a souhaité, dans le cadre de sa rétrospective thématique, mettre en avant la figure paternelle. D’autorité structurante dans l’Italie d’après-guerre, cette dernière dérive progressivement vers une figure fragile, déplacée, voire problématique, révélatrice des mutations sociales, économiques et culturelles du pays. Une évolution qui sera illustrée travers une sélection d’une dizaine de films.

 

Le festival rendra aussi hommage à l’une des plus grandes icones du cinéma mondial : Monica Vitti, disparue en 2022. Reine de la comédie à l’italienne et égérie de Michelangelo Antonioni, elle est notamment célèbre pour ses rôles dans L’avventura ou Le désert rouge.

DE L'ÉCRIT À L'ÉCRAN MONTELIMAR FILM FESTIVAL 15 ème édition

DU VENDREDI 18 AU JEUDI 24 SEPTEMBRE 2026- Montélimar


Le festival De l'écrit à l'écran revient en septembre 2026 pour sa quinzième édition.
Véritable temps fort de l'action culturelle menée par l'association éponyme, le festival conjugue au présent cinéma et littérature, crée des ponts inter-culturels et interartistiques stimulants et enrichissants. Il s'articule autour de 3 axes fondamentaux: ce qui s’écrit, ce qui se dit et ce qui se pense, sur la toile comme au-delà, et les met en lumière. En 2025, le festival a accueilli plus de 147 invités, organisé 140 événements dont 89 séances de cinéma et réuni plus de 33 000 spectateurs.

De l'écrit à l'écran - Cinéma Festival - Montélimar - 2024 | De L'écrit à l'écran

Nous contacter

Une adresse mail : philippehugot9@gmail.com 

Newsletter
170 abonnés