Mona et son manoir : il est comment le dernier Armistead Maupin?
Wilfred taillait ses plants de cannabis dans la serre, quand Mona finit par le trouver. Elle se réjouissait que les Blaylock soient partis en promenade dans le bois au lieu de la suivre jusque-là et de poser des questions. Certains de ses clients seraient assurément impressionnés par ces plantations, mais quelque chose lui disait que les Blaylock ne seraient pas de ceux là. Beaucoup de gens du coin savaient que Mona faisait pousser de l'herbe, et d'une qualité supérieure qui plus est, mais en général, elle préférait que ses hôtes payants l'ignorent. Elle avait eu suffisamment de mal à en parler à M.Hargis lorsqu'elle avait résolu d'en cultiver.
Il avait fini par accepter l'idée et s'était lui-même attribué le titre de Gardien de la serre en jurant solennellement que le vieux gitan n'y mettrait jamais les pieds.
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Après les quartiers gays des rues de San Francisco, Armistead Maupin nous raconte le Soho de Londres des années Thatcher. Années SIDA dévastatrices qui emportèrent nombres d'amis et d'amants.
Le romancier, qui n'en finit jamais de réécrire la carte du tendre et du sexy à l'aune de l'amour LGBT+, pose ses valises dans un magnifique manoir perdu de la campagne anglaise, pas si perdu que cela tout de même, tout près Moreton-in March, Gloucestershire, à seulement à quelques arrêts de Paddington Station, pas si loin des quartiers gays londoniens.
Le temps d'une saison, Maupin recrée Barbary Lane dans la vieille Angleterre, s'amusant des stéréotypes des chaque cotés de l'Atlantique, comme toujours il entremêle, amour, amitié, romantisme et sexualité crue en tirant à boulets rouges sur les républicains et autres conservateurs religieux des deux continents.
On retrouve évidemment avec plaisir les sympathiques et historiques Anna, Mona et Michael tout en convenant que l'intrigue, justement convenue, sent un peu le réchauffe.
" Mona et son manoir " à réserver aux inconditionnels des Chroniques de San Francisco et peut-être aussi une bonne manière, pour de néolecteurs, de rencontrer l'œuvre d'Armistead Maupin, l'infatigable défenseur, devant l'éternel, de la cause LGBT+.
Extrait :
" La nuit gay londonienne faisait vibrer les quartiers Est depuis le temps où Wilfred vivait avec son ivrogne de père dans un squat à Nottingham Hill. Á l'époque, il allait à Earl's Court pour rencontrer des garçons au Harpoon Louis ou au Coleherne. Mais aujourd'hui, une dizaine d'années plus tard, ça bougeait d'avantage à Soho. Le Comptons et le King Arms, et parfois l'Admiral Duncan, étaient ses endroits préférés. Ces trois bars étaient suffisamment proches pour qu'on aille à pieds de l'un à l'autre, et Wilfred adorait la façon dont ce labyrinthe de ruelles, à mesure que la foule qui s'y pressait se densifiait, devenait quasiment piétonnier. "
Mona et son manoir
Armistead Maupin
éditions de l'olivier
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