Baz'art  : Des films, des livres...
22 septembre 2025

Retour avec le comédien Sergi Lopez sur Sirat, vrai film phénomène de la rentrée

 

Sergi Lopez
Avant-première - Sirat
Photo : Maeva Perrot

 

Près de 250 000 spectateurs en dix jours : on peut dire que Sirāt remporte en France un très grand succès étonnant pour un film d'auteur aussi radical, surtout dans la morosité ambiante de la fréquentation des salles pour cette année 2025.
Le film poursuit sa carrière mirifique après son triomphe en Espagne où il a cumulé cet été près de 400 000 entrées.
L'incroyable succès de son trip existentiel, le réalisateur Oliver Laxe le doit beaucoup à son acteur principal, Sergi Lopez, bouleversant dans le rôle d'un père qui cherche sa fille en plein désert.
On a rencontré à Lyon le 5 septembre dernier quelques jours avant la sortie du film, l'occasion d'aborder avec lui le contexte et les enjeux de ce tournage pas comme les autres.

 

Sa première réaction une fois le scénario reçu

Óliver m’a envoyé son scénario et j’ai adoré, tout simplement. Il y avait tout ce qu’on rêve de trouver, c’est-à-dire quelque chose qu’on n’attend pas. Il m’a dit : « Je t’aime bien, mais je doute, j’ai d’autres pistes. Je ne sais pas si je vais travailler avec un acteur professionnel ou non. Je veux bien faire des essais… »

On en a fait, puis je n’ai pas eu de nouvelles pendant quelques semaines, et on s’est revus avec des enfants pour tester le duo père-fils. Finalement, tout le monde s’est enfin rencontré chez Óliver, en Galice. 

Je sentais qu’il fallait rassurer les autres acteurs. Ils n’étaient pas sûrs d’être capables de jouer. Je leur disais que pour moi c’était la même chose : j’ai de l’expérience, mais je ne savais pas non plus ce qu’allait être le tournage. J’avais jamais fait un truc comme ça !

On rêve de lire un truc inattendu, qui ne ressemble à rien, qu'on ne sait pas à quoi comparer. Et ce film, au départ, ça ressemble à un film d'aventures, et puis il y a un truc qui arrive, une énormité... dithyrambique. Et après, ça change, ça devient autre chose, ça va vers un voyage plus profond, plus spirituel.

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La réception incroyable du film

Il y a quelque chose de très différent, par rapport à tous les autres films que j’ai fait jusqu’à présent : c’est sa réception. Ce qui est en train de se passer avec le film, avec la résonance, le choc, la réaction qu’il provoque.  c'est le film sur lequel j'ai le plus de retours. Et de loin. Déjà à Cannes, évidemment, des gens qui travaillent dans la distribution, des réalisateurs…

Mais même de mon village ! Des gens qui ne sont pas cinéphiles ! Plein de copains m'ont appelé en me disant : “Écoute, on est en train de dîner là, ça fait deux semaines qu'on a vu le film et on a encore plein de questions, tu ne veux pas venir ?”

. On fait souvent en sorte que le film soit le mieux possible, mais c’est toujours un mystère de fabrication : tellement de possibilités de se gourer entre le premier scénario et la sortie… Et ce qu’il se passe avec Sirat, cet engouement, je ne l’ai jamais eu auparavant.

 

 

 Tourner dans le désert, dur ou pas dur?

 

C'est dur à croire quand je dis ca, mais je l'ai trouvé très sympa, ce tournage (rires)!

Et puis le désert nourrit certes beaucoup l'âme du film, avec ses paysages si durs et imposants. Mais nous, on est des professionnels. On a un peu soif, un peu chaud, mais ce n'est pas difficile. C'était un peu chiant la chaleur, mais ça s'arrête là. Le tournage était dur mais on ne va pas se plaindre, on fait un film, on est des privilégiés.

Après, quand la journée de tournage était terminée, le soir, le pick-up nous ramenait à l'hôtel.(rires)

Cette dureté, cette chaleur, la fatigue de l'équipe, le sable, la bouche sèche, la soif, tout ça habite le film et nous aide à construire l'histoire et les personnages. C'est drôle. Je joue le rôle d'un personnage qui traverse l'enfer, la douleur la plus dure imaginable et pourtant, je me suis éclaté (rires) Le plus dur, c'est ce qui arrive à nos personnages !

 

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Jouer la douleur extrême

Quand j’ai lu le scénario, j’ai de suite dit à Oliver que je ne savais pas si j’allais réussir à jouer la scène traumatisante, avec toute cette seconde partie et cette douleur explicite et frontale. Même si elle est bien faite, il y a toujours cette pensée du « ah, c’est un acteur qui joue bien la tristesse », et je trouve ça assez obscène. C’est tellement douloureux et tellement profond… J’étais pas super à l’aise pour le jouer.

Mais du coup je lui ai dit « Je ne sais pas comment le faire, comment on va faire, on va essayer » et quelque part, ces scènes et ces émotions-là sont à l’image. Le film avance tout le temps et il te dit que la vie est imprévisible Mais tu sais,  avant ce film, je ne suis jamais rentré chez moi en étant encore dans un personnage.

Sur ce tournage, pour la première fois, en me plongeant dans ce Luis que je jouais, j’étais beaucoup plus inspiré que si je pensais à moi-même. Il y avait quelque chose qui se passait dans le corps, une connexion avec une partie plus ancestrale. J’ai passé trois semaines à pleurer tout le temps, alors que je ne souffrais pas du tout. J’étais ravi, trop content d’être ici. 

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Surtout pas de psychologie

Je n'ai pas du tout eu envie d'en savoir plus sur le personnage, autre que ce qui était marqué dans le scénario.

Luis cherche sa fille dans le désert marocain, on ne sait pas du tout ce qu'il faisait avant d'arriver dans ce désert et c'est très bien ainsi, rien de pire qu'un metteur en scène qui te donne des tonnes d'indication sur un personnage, ca te bloque plus qu'autre chose!

Olivier pouvait verser dans le spirituel pour expliquer son film mais je m'en écartais, tu sais un tournage chttps://www.bing.com/alink/link?url=https%3a%2f%2fwww.cinema-comoedia.com%2f&source=serp-local&h=r6WBBGyF5rVRQM07bg2PvDr2klzRaXSdapZNTbj4jms%3d&p=lw_magsmlt&ig=93ED779EBA504D4EA3AD530640DAD94A&ypid=YN2000x15507388486743535409'est avant tout très technique, très concret, le jeu du comédien répond à la vérité de l'instant et c'est tout ce qui est important! 

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Un grand merci au cinéma le Comoedia (entretien réalisé le  5 septembre 2025) et à Pyramide films
Retrouvez ci dessous notre critique du film 
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LE FESTIVAL DU FILM DE LAMA DÉVOILE SA PROGRAMMATION !
 

 

Cette année encore, pour sa 32ème édition, le Festival du Film de Lama vous propose une programmation qui ravira petits comme grands, faisant une belle part aux œuvres présentées au Festival de Cannes avec des films venus du monde entier. Comme l'indique la devise du festival, rendez-vous aux "Chroniques d'un village monde" !
 
Le festival s'ouvrira sur le film de Sarah Arnols L'espèce explosive, présentée à la Quinzaine des Cinéastes cette année et mené par Alexis Manenti, Ella Rumpf et Vincent Dedienne.
 
Pour continuer sur cette lancée cannoise, le festival aura l'honneur de vous présenter La vie d'une femme de Charline Bourgeois-Tacquet mais aussi Notre Salut (Prix du Scénario - Festival de Cannes 2026) d'Emmanuel Marre, Minotaure (Grand Prix de Cannes 2026) de Andreï Zviaguintsev, La Bola Negra (Prix de la mise en scène - Festival de Cannes 2026) de Javier Calo et Javier Ambrossi ou encore Histoires de la nuit de Léa Mysius.
 

Festival du Film Italien de Villerupt

49e édition - Du 23 octobre au 8 novembre 2026

www.festival-villerupt.com

 

 

 

Hommage à Monica Vitti et rétrospective autour de la figure du père, la 49e édition du Festival de Villerupt dévoile ses premiers éléments de programmation et son affiche officielle.

 

En 2026, le Festival de Villerupt a souhaité, dans le cadre de sa rétrospective thématique, mettre en avant la figure paternelle. D’autorité structurante dans l’Italie d’après-guerre, cette dernière dérive progressivement vers une figure fragile, déplacée, voire problématique, révélatrice des mutations sociales, économiques et culturelles du pays. Une évolution qui sera illustrée travers une sélection d’une dizaine de films.

 

Le festival rendra aussi hommage à l’une des plus grandes icones du cinéma mondial : Monica Vitti, disparue en 2022. Reine de la comédie à l’italienne et égérie de Michelangelo Antonioni, elle est notamment célèbre pour ses rôles dans L’avventura ou Le désert rouge.

DE L'ÉCRIT À L'ÉCRAN MONTELIMAR FILM FESTIVAL 15 ème édition

DU VENDREDI 18 AU JEUDI 24 SEPTEMBRE 2026- Montélimar


Le festival De l'écrit à l'écran revient en septembre 2026 pour sa quinzième édition.
Véritable temps fort de l'action culturelle menée par l'association éponyme, le festival conjugue au présent cinéma et littérature, crée des ponts inter-culturels et interartistiques stimulants et enrichissants. Il s'articule autour de 3 axes fondamentaux: ce qui s’écrit, ce qui se dit et ce qui se pense, sur la toile comme au-delà, et les met en lumière. En 2025, le festival a accueilli plus de 147 invités, organisé 140 événements dont 89 séances de cinéma et réuni plus de 33 000 spectateurs.

De l'écrit à l'écran - Cinéma Festival - Montélimar - 2024 | De L'écrit à l'écran

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