Baz'art  : Des films, des livres...
5 novembre 2025

[CRITIQUE] KIKA de Alexe Poukine :bouleversante Manon Clavel

"Kika" sort en salles la semaine prochaine et attention ce n'est pas une restauration du célèbre film d'Almodóvar : le Kika en question est signé Alexe Poukine et a secoué Cannes cette année.

Le film d'Alexe Poukine suit la destinée, faite de haut et de bas, d'une assistante sociale volontaire devenue travailleuse du sexe.

Alors qu’elle est enceinte, Kika (Manon Clavel), assistante sociale, perd brutalement l’homme qu’elle aime (Makita Samba).

Complètement fauchée, elle en vient à vendre ses petites culottes sales à des fétichistes avant de tenter sa chance dans un métier.

De plus en plus investie dans cette activité dont elle ignore à peu près tout, Kika entame sa remontée vers la lumière dans un cheminement de deuil inattendu qui lui permettra de partir à la rencontre de soi-même… déconcertant.

 

 

Il sera alors question de travailleuses du sexe, très solidaires et empreintes d’une sonorité infaillible, de BDSM… A travers le personnage de Kika,  les clichés liés au travail du sexe par l’intermédiaire d’une jeune femme en proie aux violences, les siennes, celles des institutions, celles de la société où les femmes doivent dealer avec des injonctions quotidiennes, sont battues en brèche.

L’occasion pour Poukine de continuer, après son documentaire " Sans Frapper", à explorer les rapports de domination femmes-hommes.

Et même au sein d’une vraie fiction, on sent la sensibilité documentaire de la cinéaste, qui soigne son portrait des clients de la prostitution, loin de toute idée préconçue ou de tout jugement moral.  qui ont avant tout besoin d’aide et qui essaient de la trouver de différentes manières. Il s’agit de gens qui essaient de s’en sortir et qui exercent une pression sur ceux qui veulent les aider. 

Si Kika parvient à toucher le spectateur, c’est évidemment à cause de la justesse du portrait que dessine Poukine.  Kika est porté de bout en bout par l’actrice Manon Clavel qui tient ici le rôle-titre et son premier grand rôle au cinéma.

 

Impossible en effet de parler du film sans mentionner le charisme incroyable de son actrice principale qui le porte sur ses épaules du début à la fin.  

Vue au cinéma dans La Vérité du Japonais Kore-eda en 2019, dans Un petit frère de Léonore Séraille et plus récemment dans Le Répondeur,  Manon Clavel est exceptionnelle dans le rôle de cette jeune femme perdue, qui cherche à se reconstruire après une expérience dramatique.

À la fois pétillante, décalée, mais toujours profondément humaine et touchante, l’actrice française impose une vraie personnalité vibrante et touchante et une belle sensibilité. 

En elle Kika semble, sans cesse se fuir elle-même et se courir après, en hésitant toujours, beaucoup, et même temps campée sur une détermination sans faille qu'illustre le son de sa voix grave; à la manière d'une Anna Mougladis.

 

Kika sort en salles mercredi 12 novembre mais on peut le voir en avant-première au Comoedia de Lyon ce 5 novembre à 20 h.

 

 

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Depuis vingt-six ans, le Festival Cinémas du Sud, organisé par Regard Sud, offre un panorama du cinéma contemporain du Maghreb et du Moyen-Orient, à travers des œuvres rares

(Fictions, documentaires) avec la présence exceptionnelle de leurs cinéastes.

 Cette 26e édition qui se tiendra du 15 au 18 avril 2026, permettra de découvrir aussi des œuvres du patrimoine arabe, comme le film Gare Centrale de Youssef Chahine, et Said Effendi du cinéaste irakien Kameran Hosni (né en Irak et décédé en 2004 à Los Angeles) et le film du cinéaste marocain Ahmed El Maanouni, Alyam, Alyam.

Cet évènement sera aussi l’occasion de découvrir des œuvres inédites, des premiers long-métrages et d’assister à une avant-première. Elle accueillera des invités témoignant de l’importance du Festival Cinémas du Sud à l’Institut Lumière.

https://www.institut-lumiere.org/25e-festival-cinemas-du-sud

 

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Les Mauvais Gones 2026 : Lyon au cœur du cinéma criminel du 20 au 24 avril

Du 20 au 24 avril 2026, Lyon accueillera la 8e édition du festival Les Mauvais Gones, un rendez-vous désormais installé dans le paysage culturel lyonnais, dédié au cinéma policier et de gangsters.

Pendant cinq jours, le cinéma UGC Ciné Cité Confluence se transforme en véritable immersion dans l’univers du crime à l’écran, avec une programmation de films cultes, des soirées thématiques et des échanges avec des invités du monde du cinéma.

 https://www.lesmauvaisgones.fr/

 

 

Festival Caravane des Cinémas d’Afrique

La 18e édition du Festival Caravane des Cinémas d’Afrique aura lieu du 21 au 26 avril 2026 au Ciné Mourguet et dans 30 salles partenaires à travers la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Créé en 1991, le Festival Caravane des Cinémas d’Afrique avait initialement lieu chaque année avant d’adopter un rythme biennal dès 1992. En 2026, il retrouvera son format annuel, marquant ainsi une nouvelle étape dans son histoire. Ce retour à une périodicité annuelle permettra au festival d’accompagner plus étroitement la vitalité et la diversité du cinéma africain contemporain, en écho à la richesse de sa production et à l’enthousiasme croissant de son public.

Le Festival en quelques chiffres : une trentaine de films présentés, 30 salles partenaires en Région Auvergne-Rhône-Alpes, une vingtaine de nationalités et invités, environ 80 séances, 6 films en compétition pour le Prix du Public, 10 courts métrages pour le Prix du Jury Jeune. 

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