Le réalisateur Pierre Mazingarbe présente son premier film "La pire mère au monde".
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La pire mère au monde, comédie décalée de Pierre Mazingarbe est en salles depuis le 24 décembre dernier.
Dans son premier film, Pierre Mazingarbe s'essaie à la comédie corrosive et met en scène les relations catastrophiques entre deux femmes qui ne se parlent plus depuis quinze ans. Son film joue à fond, la carte de la caricature, poussant à l’extrême tous les curseurs de mise en scène . Lesdécors, baroques à souhait, expressionnistes même, et la musique, étonnant patchwork d’électro et de classique,
Un univers étonnant qui nous a donné envie d'en savoir un peu plus en échangeant avec lui en novembre dernier :
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Quel fut le point de départ du scénario que vous signez
avec Thomas Pujol ?
Tout part d’un personnage qui est dans l’incapacité de reconnaître son
origine, ce d’où elle vient. Sa mère s’est sacrifiée pour que sa fille puisse
s’émanciper. En faisant cela, elle a créé un monstre d’arrogance qui, ironie suprême, la déteste. Louise incarne la première génération de femmes possédant un fort pouvoir dans sa famille, alors qu’auparavant il n’avait eu que des sacrifiées.
Mais elle est dans l’incapacité de s’en rendre compte, tant elle est restée coincée dans l’idéalisation du père, dans une fausse croyance.
Nous avons creusé sur les fruits des incompréhensions, pourquoi, quand on grandit, se méprend-on sur son père, sur sa mère, ainsi que sur les intentions des uns et des autres
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Muriel Robin et le réalisateur Pierre Mazingarbe présentent leur film à Lyon le 26 novembre .
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Comment s'est passé le tournage dans notre région?
On a passé au moins quatre semaines à Villefranche-sur-Saône, dans un grand bâtiment de l’agglo où l’on a reconstitué quasiment une dizaine de décors. Nous avons également tourné au château de Bagnols, dans les rues de Villefranche-sur-Saône, et deux jours à Lyon. »
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Votre mise en scène est très visuelle, tres voyante.. un parti pris assumé?
"J’aime la mise en scène qui se voit en tant que telle, qui possède une forme marquée, qu’elle soit spectaculaire et nous embarque. J’aime ce qui est dense, intense, j’aime les tableaux de Jérôme Bosch et les gravures de Dürer. Un effet de trop plein, dont évidemment je vais me débarrasser au montage final mais qui m’est nécessaire au moment de l’écriture.
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Votre film parle de femmes de pouvoir, de femmes puissantes..
La question du féminisme m’importe depuis longtemps. Sans doute parce que mes parents, grands lecteurs de l’œuvre de Françoise Héritier, m’ont offert « King Kong Théorie » de Virginie Despentes lorsque j’avais 15 ans.
Mais à part cela, le point de départ de mon film, c’est la photo d’une amie dans le sous-sol de son tribunal où elle tire à la kalachnikov. Je me dis, mais alors ces femmes cow-boys existent pour de vrai ? Puis je remets l’image dans le contexte, car les magistrats, quand ils travaillent sur du grand banditisme, tirent une fois dans leur vie pour voir ce que c’est qu’appuyer sur une détente d’arme à feu. Mais cette image demeure.
Ensuite pour nourrir le scénario, j’ai passé plusieurs mois au Tribunal judiciaire de Paris, j’ai fait un stage dans le milieu de la magistrature.
Un espace éminemment politique, lieu de tensions extrêmement intéressantes sur le plan social. Car ce sont des femmes hyper éduquées qui jugent majoritairement des hommes peu éduqués. Aussi, ce qui m’intéressait dans la magistrature, c’est qu’elle constitue une anomalie dans un monde patriarcal. C’est une bulle de femmes puissantes. Pourtant, elles disparaissent dès que l’on monte dans la haute hiérarchie judiciaire.
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Vous décrivez Judith comme 50% Tintin et 50% Isabelle Balkany… comment l’avez-vous caractérisée au-delà de ce savoureux portrait- robot ?
"Il y avait l’idée d’une femme qui fait du mal parce qu’on lui en a fait. Mais que derrière cette façade il y ait quelque chose de dissimulé. Il fallait qu’on
en ait un peu peur mais que l’on ait envie malgré tout de gratter pour comprendre ce qui se cache en dessous. J’ai tendance à penser que les gens
qui sont brusques le sont parce qu’ils ont peur.
Peur d’être agressés, peur d’être emmerdés. Cela provoque entre elle et Louise un énervement mutuel. Judith a très envie de pouvoir dire tout ce qu’elle ne lui a jamais dit, mais la communication est impossible. Il y a cette idée de ne pas réussir à se dire ‘je t’aime’. Ce sera pour la fin du film."
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Un mot sur le choix du casting et de la dynamique entre Muriel Robin et Louise Bourgoin
« J’avais envie de réunir deux actrices aux climats, aux tempéraments différents parce que j’avais le sentiment que ça allait créer des étincelles. Il y a quelque chose qui me plaisait là-dedans. »
La Pire Mere Au Monde au cinéma depuis le 24 décembre 2025
Crédit : Fabrice Schiff
Merci à Pathé Grand Lyon et Moonlight films distribution
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