Rencontre avec Valéry Carnoy autour du film "La Danse des Renards"
Rencontré la semaine passée à Bron, dans la banlieue lyonnaise, dans le cadre du festival "Drôles d'endroit pour des rencontres ", le cinéaste belge Valéry Carnoy nous a parlé de son premier long métrage "La Danse des Renards"- retrouvez notre article sur le film ici même qui sort au cinéma le 18 mars prochain.
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Ses débuts dans la profession
"Je suis belge et ma passion pour le cinéma est venue vers vingt ans, je me suis d’abord intéressé à la vidéographie et au documentaire, suite à une relation forte que ma mère a nouée avec la Casamance, une région du Sénégal, où elle vit partiellement. J’ai ensuite intégré l’institut national des arts de la scène à Bruxelles (INSAS), vers 25 ans, après avoir réalisé un master de psychologie sociale et interculturelle à l’université libre de Bruxelles.
À l’Insas, je me suis spécialisé en direction de la photographie, avant de m’orienter vers la réalisation et l’écriture de fictions.
J'ai réalisé quelques courts métrages remarqués en festival avant de me lancer dans l'aventure du long avec la danse des renards "
Sur la masculinité dans une communauté de garçons boxeurs
« Il était important pour moi de parler de la virilité/masculinité, et de toutes les injonctions qui l’accompagnent, et de ce que c’est d’être un homme, je veux dire ce que c’est d’être un homme aujourd’hui, parce que dans une société patriarcale, c’est toujours quelque chose d’important. “
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Sur le choix de devenir champion de boxe
« Quand vous êtes adolescent et que vous vous entraînez dans un sport à un niveau très élevé, il y a la question de savoir quand vous avez décidé de faire cela et dans le film, c’est arrivé quand Camille était très jeune, donc il n’a pas vraiment décidé de faire ça. Et la boxe à un niveau compétitif, c’est difficile : tu dois frapper d’autres personnes et tu dois recevoir les coups... Et il a obtenu des amis grâce à cela, et parce qu’il est bon, il a encore plus d’amis, et de popularité, mais il n’a pas vraiment décidé que c’était ce qu’il voulait... C’est juste les autres qui décident pour lui...
Et soudainement, à cause de l’accident et de toutes les choses psychologiques qui lui arrivent, il comprend qu’il ne veut pas frapper quelqu’un d’autre, mais à cause de la pression masculine, à cause de toutes les choses qui lui arrivent, parce qu’il est bon, il doit continuer et continuer et c’est très injuste....
Tout simplement parce qu’il comprend qu’en tant qu’adolescent, il n’est pas ça et ce n’est pas ce qu’il veut faire... Je pensais que toutes ces difficultés feraient un bon script.
Le huis clos qu’amène l’internat, et l’aspect conte qu’amène la forêt
C’était important pour moi d’avoir un huis clos, entre jeunes, et que le monde des adultes (la ville en l’occurrence, où on finit le film), soit le plus éloigné possible. Dans la forêt, on a poussé la saturation, on filme à l’épaule, de façon organique, quand la ville est plus grise et stabilisée. Il fallait aussi que la nature soit prolifique. La nature et les animaux sont des objets de fascination pour les enfants et les ados, c’est un truc qu’on perd en grandissant. Et puis les moments tragiques pour les renards symbolisent aussi les moments tragiques de l’amitié de Camille et Matteo.
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La direction d'acteurs
J’ai une véritable obsession pour le jeu. Comme je n’avais que très peu de comédiens professionnels, on a fait énormément de répétitions. Pour s’assurer que le jeu est bon, j’ai deux techniques. La première, c’est d’être sûr que les comédiens croient aux mots et aux personnages, ça passe par beaucoup de lectures, de discussions, je les ai laissés se ré-approprier le texte. L’autre truc, avec mon chef opérateur, c’était de comprendre que parfois, c’est l’endroit où on met la caméra, la façon dont on place les comédiens qui les rend mauvais. Ce n’est pas forcément eux qui sont mauvais avec un dialogue, ça peut être nous qui sommes mal placés, avec le mauvais point de vue. Et puis je voulais beaucoup de nervosité, et que le mélange entre la violence et la tendresse soit juste.
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À propos de la rencontre avec Yas, une étudiant en taekwondo qui joue aussi de la trompette en secret
« Yas veut pratiquer le taekwondo, et elle veut faire de la musique : elle veut juste être heureuse. C’est un autre genre d’enfant, elle est un peu un guide pour Camille, parce qu’elle lui montre qu’il n’a pas besoin de se prendre trop au sérieux : il peut juste être lui-même. C’est pourquoi ce film est initiatique, car Camille comprend Yas et suit Yas, et découvre une autre façon d’être que les autres ne comprennent pas. “
Merci à Jour 2 fête et au cinéma les Alizés
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