Baz'art  : Des films, des livres...
2 juin 2026

Journal de mon corps : Mémoires de fille – Théâtre La Flèche (Paris)

 

Seules trois lais de tissus tombants habillent la scène de La Flèche. Trois corps font leur apparition. Trois corps qui n’en forment qu’un. Ils racontent le vécu d’une jeune femme née à la fin du siècle dernier, qui raconte la vie de son corps. Au commencement (à la manière de tableaux ou de chapitrages), il est corps d’enfant. Il se découvre, prend conscience de tous ses membres. Il s’imagine « cheval sauvage », prompt à s’élancer. Jusqu’à ce qu’un premier modèle féminin fasse irruption : je ne parle pas de la mère, s’occupant du foyer, aux ongles abimés par la javel, qui apparaît comme une antithèse, mais d’Esmeralda, aux cheveux soyeux, à la robe tournoyante, prête à se réfugier dans les bras du prince dans Le Bossu De Notre-Dame.

 

Après la découverte du « grand amour » et du prince charmant, viendront les règles sur la sexualité. Celles-ci s’énumèrent entre copines dans la cour de récré ou chez une d’entre elles devant n’importe quel magazine féminin. Il faut absolument sortir avec un garçon, faire sa première fois grâce aux conseils de Biba et surtout, surtout, ne jamais prononcer le mot « gouine ». Hétéronormativité et lesbophobie, acte 1. De ce corps, il en sort au fil du collège et du lycée, une sorte de pouvoir qui grandit à force d’âge. Des hanches qui roulent au-dessus des mini-jupes aux marches hésitantes à talons, le corps devient harassé sous une pluie d’injonctions. Un mouvement de hanche devient au début, un pouvoir infini pour la jeune femme puis une provocation pour la société. Chaque geste, chaque bout de peau est analysé : ce corps devra être lisse, mince (ou plutôt maigre).  

 

Au gré d’une « bonne conscience », un voile de culpabilité se jette sur la jeune femme. Culpabilité aux tons judéo-chrétiens qui coule tout le long du corps comme la cire sur le bord des bougies. « Pardon d’avoir traversé la rue trop vite. Pardon d’être arrivée en retard. Pardon d’avoir dansé trop près. » Puis la violence s’exerce à tous les niveaux. Le viol, la négligence face aux coups reçus. Puis une autre forme de violence apparaît, non soupçonnée : celle qu’on retrouve dans les paroles de Michel Sardou qui, en 1973, chantait « les villes de solitude » et son « envie de violer des femmes, de les forcer à [l’]admirer. » Comme l’a précédemment étudié Chloé Thibaud dans Désirer la violence, la pop culture favorise la culture du viol avec des mécanique de « non » qui voudraient dire « oui », des hommes sombres, toxiquesmais glamourisés et rendus désirables ou des baisons volés qui sont en réalité, des agressions sexuelles.

 

S’opère la catharsis d’une jeune femme qui décèle son corps, les injonctions qu’on lui colle, comment le patriarcat l’enveloppe jusqu’à le posséder, étouffant la jeune femme jusqu’à la dissocier. Puis la révolution s’enclenche, chaque cm de peau retrouve ses sensations. Sortir de l’hétéronormativité serait une erreur de parcours (on pense aussi au dernier livre C'est parce que t'es pas encore tombée sur le bon de Marie Kirschen). Ceci est une révolution silencieuse qui apporte l’alignement et une forme de paix. La Très sérieuse compagnie et son trio de comédiennes sont juste parfaits, l’humour très fin co-habite avec la gravité du sujet, l’effleure avec une grande sensibilité. Pépite nécessaire pour toustes !

 

Crédits photos : Félix Khadri 

 

Adaptée de "Ceci est mon corps" d'Agathe Charnet

Mise en scène de Léo Bouthier

Avec Maïlise Fernandes, Nina Gonzalez, Louise Marie en alternance avec Charlotte Goutagny

1H15

Tous les samedis à 19H

Théâtre La Flèche (Paris 11ème)

Reprise du 15 au 19 septembre 2026

 

Jade SAUVANET

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LE FESTIVAL DU FILM DE LAMA DÉVOILE SA PROGRAMMATION !
 

 

Cette année encore, pour sa 32ème édition, le Festival du Film de Lama vous propose une programmation qui ravira petits comme grands, faisant une belle part aux œuvres présentées au Festival de Cannes avec des films venus du monde entier. Comme l'indique la devise du festival, rendez-vous aux "Chroniques d'un village monde" !
 
Le festival s'ouvrira sur le film de Sarah Arnols L'espèce explosive, présentée à la Quinzaine des Cinéastes cette année et mené par Alexis Manenti, Ella Rumpf et Vincent Dedienne.
 
Pour continuer sur cette lancée cannoise, le festival aura l'honneur de vous présenter La vie d'une femme de Charline Bourgeois-Tacquet mais aussi Notre Salut (Prix du Scénario - Festival de Cannes 2026) d'Emmanuel Marre, Minotaure (Grand Prix de Cannes 2026) de Andreï Zviaguintsev, La Bola Negra (Prix de la mise en scène - Festival de Cannes 2026) de Javier Calo et Javier Ambrossi ou encore Histoires de la nuit de Léa Mysius.
 

Festival du Film Italien de Villerupt

49e édition - Du 23 octobre au 8 novembre 2026

www.festival-villerupt.com

 

 

 

Hommage à Monica Vitti et rétrospective autour de la figure du père, la 49e édition du Festival de Villerupt dévoile ses premiers éléments de programmation et son affiche officielle.

 

En 2026, le Festival de Villerupt a souhaité, dans le cadre de sa rétrospective thématique, mettre en avant la figure paternelle. D’autorité structurante dans l’Italie d’après-guerre, cette dernière dérive progressivement vers une figure fragile, déplacée, voire problématique, révélatrice des mutations sociales, économiques et culturelles du pays. Une évolution qui sera illustrée travers une sélection d’une dizaine de films.

 

Le festival rendra aussi hommage à l’une des plus grandes icones du cinéma mondial : Monica Vitti, disparue en 2022. Reine de la comédie à l’italienne et égérie de Michelangelo Antonioni, elle est notamment célèbre pour ses rôles dans L’avventura ou Le désert rouge.

DE L'ÉCRIT À L'ÉCRAN MONTELIMAR FILM FESTIVAL 15 ème édition

DU VENDREDI 18 AU JEUDI 24 SEPTEMBRE 2026- Montélimar


Le festival De l'écrit à l'écran revient en septembre 2026 pour sa quinzième édition.
Véritable temps fort de l'action culturelle menée par l'association éponyme, le festival conjugue au présent cinéma et littérature, crée des ponts inter-culturels et interartistiques stimulants et enrichissants. Il s'articule autour de 3 axes fondamentaux: ce qui s’écrit, ce qui se dit et ce qui se pense, sur la toile comme au-delà, et les met en lumière. En 2025, le festival a accueilli plus de 147 invités, organisé 140 événements dont 89 séances de cinéma et réuni plus de 33 000 spectateurs.

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