Lueur(s) : Stratagème troublant au cœur du complotisme, pour mieux happer son public – Théâtre La Flèche (Paris)
/image%2F1371318%2F20260522%2Fob_a6a9b2_capture-d-ecran-2026-05-22-a-14-14.png)
Dès la petite cour traversée, un premier mystère tombe : La compagnie Soplo joue cette pièce « secrètement » pour ne pas nuire à certaines personnes. Lueur(s) et Lucie Boisdamour ne sont que des couvertures. Tout est faux. La vraie pièce peut continuer d’exister qu’à la condition de cette couverture, pour soi-disant des raisons de sécurité.
La véritable pièce s’appelle Ravissement, écrite par de Lucy Kirkwood. Celle-ci, par sa plume de dramaturge, souhaite mener une enquête clos rapidement par la police britannique. Un couple est mort dans des circonstances mystérieuses. L’enquête remonte à la racine, celle de leur rencontre. Noah et Céleste ont rendez-vous pour un verre. Elle est infirmière à l’hôpital et lui travaille chez lui pour publier publie des textes sur les réseaux sociaux, sans réellement gagner sa vie. L’alchimie est directe, notamment lors d’une conversation très précise, portant sur les théories complotistes. Premier indice de l’autrice où le complotisme se loge. La relation se développe ; ils décident d’emménager enesemble. Leur quotidien change au moment où les appels anonymes retentissent une puis 3 fois par jour. Des inconnus publient de fausses informations sur leur vie privée.
Pendant une heure vingts, le trouble s’installe dans la salle. La pleine confiance de la compagnie Soplo dans le texte de Kirkwood instille une perte de confiance dans les démocraties occidentales (quand les demandes d’action restent sans réponse). Ravissement ou Lueur(s) constitue en soi une pièce post-crise sanitaire sur comment notre rapport au complotisme et le resserrement des valeurs dans les cercles familiaux pendant le Covid. Ce brouillard ne touche pas seulement les spectateurrices mais aussi metteuse en scène et comédien.nes. Entre théâtre documentaire et thriller, Inès Pigouillié suit chaque ficelle dessinée par Kirkwood avec une mise en scène qui se fait le relai de la tension instillé par le tro-plein d’informations.
Le dispositif quadrifrontal immerge directement dans une ambiance thriller qui impose aux spectateurrices de surveiller chaque recoin de la scène tout en confrontant à leur propre rapport aux fausses informations. La méfiance est d’autant plus rehaussée par le jeu haletant des comédiens et très chorégraphié par Inès Pigouillié. Un grand bravo au trio Émilie Diaz- Paul Fraysse- Lior Aidan !
Crédits photos : DR
Traduction du texte par Louise Bartlett
Mise en scène par Inès Pigouillié
Collaboration à la dramaturgie Lior Aidan
Avec Émilie Diaz, Paul Fraysse, Lior Aidan en alternance avec Maylis Schio
1H20
Tous les jeudis à 21H jusqu’au 4 juin
Théâtre La Flèche (Paris 11ème)
Jade SAUVANET
/image%2F1371318%2F20260204%2Fob_515b1d_1000063170.jpg)
/image%2F1371318%2F20260509%2Fob_9502ed_mmexport1777037463936.jpeg)
/image%2F1371318%2F20260515%2Fob_bee9fc_capture-d-ecran-15-5-2026-11744-www.jpeg)
/image%2F1371318%2F20260501%2Fob_a9e582_681624409-18054680474723835-6998064161.jpeg)
/image%2F1371318%2F20260501%2Fob_fcb71d_logo-besancon.png)