Critique- La Guerre des prix d'Anthony Dechaux, la grande distribution, ce monde opaque et captivant...
Le cinéma Lumière Terreaux de Lyon reçoit ce soir le réalisateur Anthony Dechaux à l'occasion de l'avant-première de "La Guerre des Prix", qui sonde sous forme de thriller, un monde rarement usité, celui des centrales d’achat de la grande distribution.
Alors que le film est annoncé en salles le 18 mars 2026, nous avons pu voir le film en avant première en lien avec sa projection lyonnaise.
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« La Guerre des prix » raconte comment une fille d’agriculteurs (Ana Girardot), propulsée à la centrale d’achat de son enseigne afin d’y défendre la filière du lait bio et locale, va devoir se battre face à un négociateur aux méthodes redoutables
Parviendra-t-elle à faire triompher ses valeurs, au sein de ce monde sans pitié, symbolisé par le négociateur en chef Bruno Fournier (Olivier Gourmet) ?
Difficile d'imaginer un film en lien avec une actualité plus brûlante que cette Guerre des Prix.
Alors que les négociations commerciales entre grande distribution et industriels doivent s'achever début mars, et que le salon de l'agriculture vient de fermer ses portes, sous fond de malaise du monde agricole, le premier long métrage d'Anthony Déchaux nous offre une plongée plus vraie que nature, documentée et sensible, dans les coulisses de ce bras de fer où tous les coups semblent permis.
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L’un des points forts du premier long métrage de Déchaux: le pari de mise en scène.
Comment rendre en effet pleinement cinématographique un univers de boxes sans fenêtres et de joutes verbales ?
Venu du monde de l'entreprise après avoir bifurqué à 30 ans à la FEMIS, Anthony Dechaux assume avoir cherché la forme du thriller, pour rendre le sujet accessible et créer une dramaturgie, du conflit, des enjeux presque “de survie” pour les personnages.
Le film s’inscrit dans une veine très réaliste, alors même que les enjeux autour de ces négociations commerciales se révèlent souvent méconnus, obscurs et complexes.
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Ana Girardot , entre douceur et détermination, est très juste ; tout comme Julien Frison, moins naïf et faible qu’il ne paraît ; sans oublier, Olivier Gourmet, fils d'agriculteur dans la vraie vie, massif, barbu et peu causant, droit dans ses bottes,
On aime le contraste visuel travaillé par le film : grands espaces côté ferme, froid et resserré côté bureaux. Un film “bavard” par nature (la négociation est une guerre de mots), mais où le réalisateur a voulu installer du silence comme arme de tension, appuyé par un travail sonore très précis (respirations, soufflerie, doigts sur la table…).
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La guerre des prix marque avant tout une guerre de système, pas une galerie de “gentils” et de “méchants” et évite de tomber dans le manichéisme. Le film veut montrer un système qui enferme tout le monde, et des individus qu’il essaie de regarder sans les juger — y compris ceux qui semblent les plus durs.
Ni manichéen ni angélique, un thriller social à la fois maitrisé, réaliste et tendu, dans la veine des films de Stéphane Brizé (la Loi du marché, En guerre...) ou de l'excellent Petit paysan, d'Hubert Charuel.
Une belle réussite!
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Audrey, fille d'agriculteurs et cheffe de rayon dans un hypermarché en province, se voit propulsée à la centrale d'achat de son enseigne afin d'y défendre la filière bio et locale. Alors qu'el...
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