Baz'art  : Des films, des livres...
2 mars 2026

Nos questions à Thibault Cauvin, guitariste (et désormais romancier) voyageur

Alter Ego, c'est le titre du dixième album de Thibault Cauvin qui a habitué son public à passer d'un répertoire classique à ses compositions personnelles, ponctuant sa discographie de duos avec des musiciens comme Youssoupha ou -M-. Après avoir repris à la guitare les bandes originales de films dans son album Films paru en 2021, il présente dans Alter Ego la bande originale de ses voyages.  
Autant d’alter ego qui l’émeuvent, l’amusent, le bouleversent, et qu’il  partage en mots et en musique avec une sincérité désarmante. Thibault Cauvin raconte une autre façon de rencontrer l’autre, de l’écouter et de s’en inspirer. De Hong-Kong à l'Italie, Thibault Cauvin nous embarque dans ses pérégrinations à travers le monde. Et comme il était de passage sur Lyon la semaine passée pour promouvoir son prochain concert à la Bourse du Travail on en a profité pour lui poser  rapidement quelques questions : 

Vous avez sorti l'an passé votre premier roman, Alter Ego qui devient désormais un disque . Comment est-il né ?

 Ce livre est en moi depuis des années. Je suis parti adolescent en voyage tout seul avec ma guitare, et pendant 15 ans, j’ai vécu en nomade, guidé par les concerts. J’ai joué dans plus de 130 pays et le voyage m’a forgé, inspiré et, les années passant, ce qui m’a le plus bouleversé ce sont les rencontres avec des gens du bout du monde. Et parmi ces rencontres, certaines sont encore plus savoureuses que d’autres : les rencontres éphémères avec quelqu’un qu’on ne connaît pas et qu’on ne reverra jamais. Et donc l’idée était de rassembler les 15 plus belles rencontres éphémères de ma vie. Quinze courts chapitres , chacun portant comme titre le prénom de chacun des êtres rencontrés.

Chacune de ces rencontres a un côté romanesque : ça peut être un chauffeur de taxi à Hong Kong ou alors une vendeuse de fleurs à Rio. Il y a un côté très poétique ou onirique dans la lecture. Chacune de ces rencontres est aussi le message d’une pensée, d’un grand sujet philosophique, que je traite à ma manière. Et mon espoir c’est que les gens qui lisent ce livre vivent un peu ce que j’ai vécu dans ces voyages, c’est-à-dire avoir des certitudes qui peuvent être bousculées. Et inviter le lecteur à penser autrement, peut-être à s’ouvrir et à rencontrer l’autre. Ces 15 rencontres ont eu lieu au bout du monde, mais finalement chacun d’entre nous peut vivre ça au coin de la rue. 

 

La gestation du livre, pour vous qui venez plutot de la musique pas forcément du verbe, a été facile?

" Plutôt oui... Courant 2024,  je suis parti sur une petite île exquise, Salina, au nord de la Sicile et pendant un mois, j'ai couché sur le papier quinze des plus belles rencontres de ma vie. Parmi ces rencontres, celles qui pour moi ont une saveur particulière, ce sont les rencontres éphémères, des gens qu'on ne connaît pas et qu'on ne revoit pas. À travers eux se cache un peu toute l'humanité ; je ne les ai jamais revus, je ne les connaissais pas, mais ils ont changé ma manière de voir la vie.

Mais vous savez, si effectivement je fais de la guitare depuis que j'ai 5 ans et que mon père, Philippe, est un musicien rock, ma mère était professeur de lettres, donc j'ai en moi cet amour des mots depuis longtemps.

 Et le disque, c'est la suite et la déclinaison logique du livre?

Oui et d'une certaine manière, c'est presque mon premier album. J'ai vécu pendant près de 20 ans avec pour seuls compagnons ma guitare et une valise que je voulais toute petite, et je voyageais à base d'allés simples. Je n'avais pas de maison, pas d'appartement, je vivais à l'hôtel et j'ai aimé cette vie-là de nomade. Adolescent, ce qui me plaisait, c'étaient les grandes cités : Hong Kong, New York, puis assez vite, c'est devenu les paysages, j'avais un goût très fort pour l'Afrique par exemple" Au fil des ans, ce qui est resté dans mon cœur, ce sont les rencontres.. Ce sont des rencontres que chacun peut vivre.

Dans mon livre et mon album qui lui fait écho, ce sont des gens du bout du monde pour rendre la saveur plus grande, mais ces rencontres-là peuvent avoir lieu dans un bus ou une file d'attente à la boulangerie. Ce que me plaît, c'est ce qu'offre le voyage, c'est-à-dire partir avec des certitudes, et revenir plus doux, moins radical.

 

Cela fait une vingtaine d’années que vous vous produisez aux quatre coins du monde. Quel regard portez-vous sur votre carrière ?

 Ma passion première, au-delà de tout, c’est l’aventure. Ce qui me plaît, c’est de découvrir des contrées nouvelles, me mettre en danger, apprendre comme un aventurier qui part toujours découvrir de nouvelles terres. J’ai été, adolescent, passionné par la virtuosité ultime, le côté un peu sportif de haut niveau de la guitare, et ensuite les voyages m’ont enrichi d’autres musiques. J’ai eu l’envie de raconter toutes ces contrées du bout du monde avec la guitare. Et ensuite ça a été aussi de voyager entre les styles, jouer avec des musiciens d’autres bords. On ne parle pas la même langue musicale, mais on arrive à s’accorder. C’est comme ce que j’ai pu vivre l’année dernière avec M

 On a vécu une sublime année tous les deux, un duo de guitares, lui avec sa guitare électrique, moi avec ma guitare classique. Donc ça a été un moment assez merveilleux. Ce qui me plaît c’est quand on s’enrichit de l’autre, de la différence, des expériences. Et alors notre propre univers grandit. 

 

Vous avez obtenu 36 grands prix internationaux au début de votre carrière. Que retenez-vous de cette période ?

C’est une partie de ma jeune histoire. Je me souviens de l’époque où j’avais cette gourmandise, un peu comme des jeunes tennismen qui préparent Roland Garros. On ne vit que pour ça, tout est réfléchi, calculé, jaugé, pour tout optimiser, vraiment comme un sportif de haut niveau. Et en plus avec cette énergie extraordinaire de l’adolescence où on veut conquérir le monde. Je suis très heureux d’avoir vécu ça et d’avoir poussé à l’extrême cette technique, la virtuosité, la science de la guitare.

Mais aujourd’hui, ce n’est plus du tout ça qui me bouleverse. C’est plutôt d’inviter les gens à rêver, à partir en voyage, qu’on vive un moment de communion où on oublie la guitare.

Et il y avait ce paradoxe : plus je m’enfonçais vers cette virtuosité, cette quête d’excellence, plus le nombre de personnes qui pouvaient apprécier cette science était restreint. Ensuite, c’est comme si j’avais fait le chemin inverse et que mon souhait était de me dire que ce qui me plaît c’est de jouer pour les gens et que cette guitare, même si elle est parfois savante et complexe, soit populaire.  Mais vous savez, actuellement en France, c'est aujourd'hui l'instrument le plus joué dans les conservatoires.

Nous sommes en train de vivre un âge d'or de la guitare classique. Nos guitaristes n'ont jamais été aussi bons, nous n'avons jamais bénéficié d'une lutherie d'une telle qualité !!

".

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