Baz'art  : Des films, des livres...
25 mars 2026

[CRITIQUE] LES FILLES DU CIEL de Bérangère McNeese : Un touchant éloge du matriarcat

Pour sa première réalisation, Les Filles du ciel, la comédienne Bérangère McNeese, que l'on a vue notamment dans Le Bureau des légendes, a fait le pari réussi d'un récit d'apprentissage sensible dans lequel la sororité est un rempart à la solitude et à la violence sociale.

Son héroïne, Héloïse, est une mineure enceinte de son éducateur : elle a quitté son foyer, n'a nulle part où aller et rencontre par hasard Mallorie, qui lui propose une place dans l'appartement qu'elle partage avec deux jeunes femmes que la vie a aussi malmenées. Réfugiée dans un squat exclusivement féminin, cette ado découvre alors un nouveau mode de vie qui lui va plutôt pas mal.

 Avec énergie et sensibilité, la réalisatrice déploie la chronique de cette vie quotidienne entre nuits et jours, sans jamais verser dans la mièvrerie d'un côté ou la complaisance de l'autre. La justesse de son regard impressionne

Une énergie qui repose presque entièrement sur ses quatre jeunes et très talentueuses actrices.

On pense à la volcanique  Shirel Nataf, découverte dans la série « Tu préfères ? » et  qu'on a récemment  rencontré  suite à sa prestation dans le film Ma Frère,  ou bien encore la puissante  Yowa-Angélys Tshikaya, révélée par la série « Bistronomia » 

Sororité de l’entraide, de la débrouille les filles du ciel c’est la rencontre de jeunes femmes meurtries par la vie qui tentent à leur manière de s’en sortir tout en recréant des situations complexes et perverses par moment. 

À l'instar du cinéma de Kore-eda, « les Filles du ciel », le premier long métrage de la Belgo-Américaine Bérangère McNeese, renvoie à la famille d'adoption, celle que l'on choisit, plutôt qu'à celle du sang.

 


Mais en racontant ce modèle, la cinéaste ne l'idéalise pas, montrant les ombres et les lumières, mais aussi l'apprentissage d'une existence en marge permettant de se reconstruire et de s'inventer hors des cadres étriqués du patriarcat. 

 Le film alterne ainsi les vrais moments d’écoute, de combat, cette énergie, du désespoir qui se meut en attitude positive dans l’adversité, les embûches mais aussi ses dérives vers une emprise malsaine de ce groupe de filles sur les autres .

Les filles du ciel dévoile des personnages sombres et puissants avec des femmes complexes, parfois immatures, souvent attachantes et surtout d'une force incroyable.

Cette bande de quatre jeunes filles est en tous les cas épatante et leur complicité se ressent à l’écran. 

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Les Filles du ciel, de Bérangère McNeese, avec Héloìse Volle, Shirel Nataf, Yowa-Angélys Tshikaya, Mona Berard. 1h36. Sortie ce  mercredi.

 

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Depuis vingt-six ans, le Festival Cinémas du Sud, organisé par Regard Sud, offre un panorama du cinéma contemporain du Maghreb et du Moyen-Orient, à travers des œuvres rares

(Fictions, documentaires) avec la présence exceptionnelle de leurs cinéastes.

 Cette 26e édition qui se tiendra du 15 au 18 avril 2026, permettra de découvrir aussi des œuvres du patrimoine arabe, comme le film Gare Centrale de Youssef Chahine, et Said Effendi du cinéaste irakien Kameran Hosni (né en Irak et décédé en 2004 à Los Angeles) et le film du cinéaste marocain Ahmed El Maanouni, Alyam, Alyam.

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Les Mauvais Gones 2026 : Lyon au cœur du cinéma criminel du 20 au 24 avril

Du 20 au 24 avril 2026, Lyon accueillera la 8e édition du festival Les Mauvais Gones, un rendez-vous désormais installé dans le paysage culturel lyonnais, dédié au cinéma policier et de gangsters.

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Festival Caravane des Cinémas d’Afrique

La 18e édition du Festival Caravane des Cinémas d’Afrique aura lieu du 21 au 26 avril 2026 au Ciné Mourguet et dans 30 salles partenaires à travers la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Créé en 1991, le Festival Caravane des Cinémas d’Afrique avait initialement lieu chaque année avant d’adopter un rythme biennal dès 1992. En 2026, il retrouvera son format annuel, marquant ainsi une nouvelle étape dans son histoire. Ce retour à une périodicité annuelle permettra au festival d’accompagner plus étroitement la vitalité et la diversité du cinéma africain contemporain, en écho à la richesse de sa production et à l’enthousiasme croissant de son public.

Le Festival en quelques chiffres : une trentaine de films présentés, 30 salles partenaires en Région Auvergne-Rhône-Alpes, une vingtaine de nationalités et invités, environ 80 séances, 6 films en compétition pour le Prix du Public, 10 courts métrages pour le Prix du Jury Jeune. 

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