[CRITIQUE] LA CORDE AU COU : la solitude d'un homme face au système écrasant
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Parmi les incontournables de la semaine au cinéma, La Corde au cou est un récit très largement inspiré d'un fait divers qui a défrayé la chronique à Indianapolis en 1977.
Pendant soixante-trois heures, Tony Kiritsis a pris en otage le fils d'un courtier qu'il accuse d'avoir causé sa ruine. S'ensuit un tourbillon médiatique où l'homme, pointant son fusil sur son prisonnier devant les caméras, réclame des excuses et 5 millions de dollars.
Dans le récit qu'en a tiré le scénariste Austin Kolodney, Kiritsis a changé d'allure. L'homme trapu a les traits de l'élégant Bill Skarsgard, le mécanisme de coercition repose sur un fusil accroché avec une corde au cou et le journaliste blanc qui fut l'interlocuteur privilégié de Tony Kiritsis a été remplacé par un DJ noir.
Ce film appartient à la veine hollywoodienne subversive de Gus Van Sant tels que Harvey Milk (2008) ou Promised Land (2012).
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La prise d’otages, dans son appartement, dure en réalit 63 heures. Le film la tient en 105 minutes sans aucun répit ni temps mors
Gus Van Sant a été touché par ce récit de « la solitude d’un homme qui ose se dresser contre le système ». Dans le huis clos de l’appartement, la tension ne retombe jamais. C’est le suspense qui nous prend en otage, tandis que la caméra tourne autour des deux hommes, un face-à-face entre rage et épuisement.
Le réalisateur de Elephant ou Will Hunting arpente son territoire dramatique de prédilection : les solitudes dans une Amérique fracturée. Tony n’est pas un méchant sociopathe revanchard, à l’humeur changeante imprévisible ; c’est un petit homme en rage, victime d’un système financier pourri, corrompu, qui l’a ruiné et à qui il demande des comptes.
Jamais Gus Van Sant ne le condamne : ce qui fait tout le seul de cet excellent thriller qui signe le retour en force et en forme d'un cinéaste qu'on avait un peu mis de coté.
A voir en salles actuellement.
A venir : une prochaine analyse critique du film.
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