[CRITIQUE] MORLAIX de Jaime Rosales, un exercice de style vain entre Rohmer et Resnais
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Après les tournesols sauvages, portrait dense et complexe d'une jeune femme, le réalisateur catalan Jaime Rosales livre une lettre d'amour à la Nouvelle vague et à la France avec Morlaix, du nom de cette petite ville du Finistère qu'il a découvert lors de la promotion d'un précédent film.
Morlaix est un film sur la jeunesse, qui se veut cérébral et profond, aux longs dialogues soi disant profonds sur l'amour la religion, et le sens de la vie, mais très vite il s'apparente à un long pensum bavard et insipide, et dans l'ensemble assez mal joué.
Ces séquences s’étirent jusqu’à frôler la répétition. On ne croit jamais à cette jeunesse affectée qui s'exprime de façon si distanciée, si précieuse, jamais contemporaine.
Le passage le plus WTF du film survient lorsque les personnages vont au cinéma du village et découvrent… un autre film intitulé Morlaix, qui raconte exactement leur propre histoire.
Visiblement le cinéaste espagnol convoque à la fois Eric Rohmer ou Resnais (ce film dans le film aux deux scénarios complètement vaporeux )pour nous entretenir des amours adolescentes, mais dépourvu de l'intelligence et la maitrise de ces deux maitres.
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Tout sonne faux ou presque dans cet exercice vain et prétentieux qui donnera du crédit à ceux qui critiquent le snobisme du cinéma français ( même réalisé par un espagnol).
Le cadre passe du noir au blanc à la couleur, du 16/9, au format 4/3 sans réelle justification et on souffre un peu de la direction d’acteurs plus ou moins chancelante.
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Si les filles d’Aminthe Audiard, qui incarne Gwen adolescente, à Mélanie Thierry, qui la joue adulte et qui arrive au bout d'une 1h30- interminable du film- s'en sortent plutôt pas mal, les comédiens masculins, ceux qui jouent Thomas et Jean-Luc (un Paul Kircher qui, comme son frère, oscille entre fraicheur et agacement selon les rôles), n'échappent pas aux caricatures et peinent à convaincre.
Et pour les amoureux de Bretagne attiré par le titre du film, la si jolie baie de Morlaix n'est pas vraiment mise en valeur. Bref une des belles déception de ce printemps 2026.
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En salles depuis le 15 avril 2026
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