Rencontre avec le réalisateur libanais Cyril Aris pour son film "Un monde merveilleux et fragile"
/image%2F1371318%2F20260217%2Fob_39be3f_image-1371318-20260208-ob-c9f5f3-umfm.jpeg)
Cyril Aris est un réalisateur et scénariste libanais, dont le premier long métrage de fiction, Un monde fragile et merveilleux a été présenté en première dans la compétition Giornate degli Autori au Festival du film de Venise, où il a remporté le Prix du public.
Son film a aussi été sélectionné pour représenter le Liban dans la catégorie Meilleur film international lors de la 98e cérémonie des Oscars et son film sort dans les salles françaises ce mercredi .
Avec "Un monde fragile et merveilleux", Cyril Aris signe un film poétique, sincère, émouvant qui dit le Liban d’aujourd’hui et le désarroi d’une partie de la population, partagée entre le désir de rester et l’envie d’exil (voir notre critique ici même)
Rencontré la semaine passée lors de son passage sur Lyon, le cinéaste libanais nous parle avec passion et force détails de son premier long, une histoire d'amour avec pour toile de fond un pays meurtri, le Liban.
/image%2F1371318%2F20260220%2Fob_f94d5c_image-1371318-20260217-ob-1649ea-25040.jpeg)
/image%2F1371318%2F20260217%2Fob_aed320_image-1371318-20260208-ob-c9f5f3-umfm.jpeg)
Comment avez-vous abordé la création et le maintien d’une telle tension ?
/image%2F1371318%2F20260217%2Fob_a4fc8b_cyril.png)
Est-ce difficile d'écrire un récit qui suit deux personnages sur un temps aussi long?
Cyril Aris : Oui, surtout quand il s’agit de Nino et Yasmina entre le deuxième et le troisième chapitre lorsque nous voyons se développer leur changement complet d’énergie.
Alors qu’il est le flamboyant, exubérant, énergique, il devient beaucoup plus sombre dans le troisième chapitre et pour elle, c’est le contraire. Elle est assez cynique et pessimiste et plus tard, elle se retrouve avec le devoir de porter les autres sur ses épaules
Jouer avec cette évolution, je ne peux que féliciter mes acteurs : nous avons essayé de tourner autant que possible chronologiquement afin qu’ils puissent tomber amoureux l’un de l’autre et ne plus s’aimer.
Je me souviens que lorsque nous tournons le troisième chapitre, ils ont arrêté de se parler ensemble et vraiment la seule communication qu’ils avaient était à l’intérieur des scènes, ce qui a beaucoup aidé à transformer cette énergie et à ressentir le passage du temps.
Par ailleurs, concernant la construction du récit, au départ c'était plus chronologique, on voyait l'enfance puis l'âge adulte, et les marqueurs temporels étaient plus affirmés, mais j'ai écouté mon monteur mon chef opérateur mes producteurs et on a finalement opté pour cette construction que vous voyez à l'écran et qui me semble plus imactante pour le spectateur.
/image%2F1371318%2F20260217%2Fob_1649ea_250402-isabw-stills-r06-6-6-1-1-copie.jpeg)
/image%2F1371318%2F20260217%2Fob_d97582_img-20260209-194633.jpg)
Cyril Aris : Le casting de ce film a été la décision la plus cruciale. Yasmina avait besoin pour l'incarner, de quelqu’un qui puisse projeter une certaine distance et maturité, tout en conservant une étincelle enfantine dans les yeux.
Nino devait être joyeux, magnétique, drôle, mais aussi capable d’une grande vulnérabilité. Mounia et Hasan étaient parfaitement opposés et complémentaires.
Avant le tournage, nous avons construit toute leur relation lors de répétitions et d’exercices hors caméra, afin qu’au moment du tournage, nous puissions oublier le scénario et les laisser improviser, se surprendre mutuellement et simplement être eux mêmes.
Ils ont tous deux apporté beaucoup de leur propre personnalité dans leurs rôles, se fondant dans leurs personnages. Leur générosité l’un envers l’autre était immense.
C’était le premier rôle principal de Mounia, et Hasan savait exactement comment jouer avec elle. L’expérience de Mounia en tant que réalisatrice a également enrichi le processus, contribuant à faire ressortir de nouvelles facettes chez Hasan. C’était une harmonie parfaite entre Mounia, Hasan et moi.
Plus tard, travailler avec le monteur Nat Sanders m’a permis de façonner leur alchimie avec nuance, tissant le spontané et le scénarisé en quelque chose de vivant
Cyril Aris : Avant, au Liban comme dans tout le Levant, il y avait des trains. Ils reliaient non seulement les différentes régions du pays, mais traversaient aussi Jérusalem jusqu’au Caire. Avec le début de la guerre civile au Liban, les rails ont cessé de fonctionner, et cette rupture symbolise pour moi la fragmentation de notre région : des cultures et des peuples autrefois connectés, aujourd’hui déchirés par les conflits.
/image%2F1371318%2F20260204%2Fob_515b1d_1000063170.jpg)
/image%2F1371318%2F20260222%2Fob_4792a1_affiche-a3-ecrans-mixtes-2026-new.jpg)
/image%2F1371318%2F20251204%2Fob_3c566e_template-cdm-2026-insta-carre-prog-108.jpg)
/image%2F1371318%2F20251226%2Fob_211419_fcem2026-a3-v1-1.jpg)