[CRITIQUE] La Vénus électrique : Pierre Salvadori sort le grand jeu !!
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Depuis son premier long métrage "Les Apprentis", son second "Comme elle respire", sans oublier "Après vous", "De vrais mensonges," "Hors de prix", ou Dans la cour, Pierre Salvadori réussit à chaque fois le prodige de trousser des comédies d'auteur, dans lesquelles le rire n'est jamais lourd ou vulgaire, mais toujours pleines de tendresse et de délicatesse, qu'on ressent particulièrement dans la direction d'acteurs, et dans les dialogues, toujours très soignés.
Si son dernier long à ce jour " En liberté!", un peu trop cartoonesque et burlesque, nous avait laissé sur le bas coté, on était ravis de retrouver son nom à l'affiche du film annoncé en ouverture du festival de Cannes 2026.
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Et c'est peu de dire que nous n'avons pas été déçus du résultat tant La Vénus électrique est un vrai enchantement et un un émerveillement du début à la fin et sans hésiter le meilleur long métrage de son auteur, un véritable aboutissement pour une carrière somme toute remarquable.
Espérons que tout le #festivaldecannes soit à la hauteur de son film d ouverture ( le meilleur depuis des lustres) tant #lavenuselectrique est un enchantement touché par la grâce de bout en bout..bravo Anaïs.Pio, Gilles,Vimala et bravo surtout Pierre... pic.twitter.com/ZG17HlfwZl
— Baz'art (@blog_bazart) May 12, 2026
D’entrée de jeu, Pierre Salvadori signe un pacte avec les spectateurs : il faut croire aux histoires, se laisser happer par la fiction.
Comme souvent dans les films de Pierre Salvadori, le mensonge sert de ressort dramatique au sport de combat qu’est la comédie. Le message du film est le suivant : La croyance en l'illusion de l'amour vaut bien la réalité? au moins pour un temps, car elle est un don fait pour l'autre, à l'ami l'amoureux ou même le spectateur.
Au fond, La Vénus électrique ne parle que de ça, de la nécessité de reprendre goût à la vie, parce que l’amour, bien qu’il soit empêché, finit tôt ou tard par triompher – avec un peu de patience, du courage et pas mal de ruse.
Ça pourrait être foncièrement mièvre, mais ca serait oublier l’écriture ciselée d’un scénario polychrome, alternant les touches de burlesque et de mélancolie.
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Pierre Salvadori signe un scénario virtuose, enchâssant divers niveaux de récit pour construire une implacable mécanique comique et narrative.
Artisan de cette mécanique d’horlogerie millimétrée, Pierre Salvadori soigne sa mise en scène, lorgnant à la fois sur le théâtre de boulevard et le cinéma muet.
Fin directeur d'acteur, il nous rappelle aussi combien Anaïs Demoustier est une grande actrice de comédie, trop sous-estimée. Il faut la voir, accorte, chiper des grains de raisin sur une desserte alors qu’elle prétend entrer en contact avec la femme de Pio Marmaï pendant que celui ci, tout aussi formidable, paupières fermées, gobe tout de ses balivernes, pour prendre la pleine mesure de son talent de (dés)équilibriste.
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Tout cela fait pour beaucoup à la réussite du film de Salvadori. Et peut-être son pouvoir d’attraction. « Ici, ni magie ni illusion, point de monstre ni de colosse ! Ici, juste de l’émotion, juste des sensations », promet-on à celui qui osera poser ses lèvres sur celles de la Vénus électrique. Le réalisateur s’en sert très intelligemment pour appuyer la porosité fiction-réalité, passé-présent, mort-vivant, qui se met en place (avec un double sens meta) sous les yeux des spectateurs.
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Avec ce film, plus que jamais Pierre Salvadori vise la flamboyance et le grand jeu pour défendre un récit qui magnifie les vertus imaginatives et créatives de la fiction et atteindre en dernière instance l’expression de la vérité.
Déjouant les lourdeur du film d'époque La Vénus électrique est un régal de sophistication et d'intelligence, on est heureux que le festival de cannes, en le mettant ainsi en avant pour le film d'ouverture (meilleur film d'ouverture depuis des lustres, voire depuis toujours?) lui donne toute la lumière qu'il mérite.
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