Baz'art  : Des films, des livres...
7 juillet 2025

Notre journal de bord du Festival OFF Avignon 2025 : Jour 1

Nos premiers coups de coeur du festival d'Avignon- Le Off

 

C’est le top départ pour les milliers de compagnies et leurs 1700 spectacles. Après une parade enflammée (littéralement il faisait 42 degrés), l’opération tractage a commencé. Voici le résumé de cette première journée bien chargée !

 

Sous les paupières : Une virevoltante et mordante Lou Chauvain qui manie la frontière des genres - Théâtre du Train Bleu

 

 

Tout débute sur une confession : « je ne fermais pas les yeux pour dormir, je fermais les yeux pour vivre ». Le « je », c’est Lou, fille devenant femme au gré des désillusions et des injonctions.

Lou Chauvain se raconte dans son intime, sa perception du corps et de son monde. L’impression de vire ne se trouve qu’en son sein, il faut fermer ses paupières afin d’expérimenter pleinement. Si fort que la réalité n’est que déception.

De ses capsules de souvenirs qui surviennent comme des bulles d’air, elle conte comment devenir femme se fait automatiquement dans la douleur et le silence de ses aïeuls. Si on met du temps à s’ancrer dans son récit et son imaginaire (surement par des facteurs extérieurs de type chaleur qui fait fondre mes dernières capacités de concentration et en bonus, un frelon qui balade tranquillou dans la salle), on décèle une originalité de ton et surtout la découverte d’un talent mordant et sensible chez Lou Chauvain. Mais ce qui détonne, c’est bien sa capacité à sauter la frontière des genres entre théâtre, stand-up et musical !

 

A 15H40 au théâtre du Train Bleu

1H10

Du 5 au 26 juillet

Relâche les 11, 18 juillet

 

Le dernier cèdre du Liban : Quand la petite histoire rencontre l’Histoire, la recette bouleversante et riche de Aïda Asgharzadeh et Nikola Carton - Théâtre des Béliers

 

 

Eva, 17 ans, est placée dans un centre de rétention fermé. La colère la ronge tout comme le sentiment d’abandon. Elle n’a connu aucun de ses parents. Elle a rendez-vous avec un notaire.

Celui-ci lui annonce que sa mère biologique qu’elle n’a presque pas connue, vient de décéder en Irak. Anne Duval lui lègue une boîte remplie de micro-cassettes. De ces enregistrements, Eva découvre la vie de sa mère photoreporter de guerre reconnue par ses pairs, couvrant la guerre du Liban, le discours d’Arafat à l’ONU ou la chute du mur de Berlin.

On retrouve toujours un même cliffhanger dans les retrouvailles familiales et une réflexion sur la quête d’identité, commune aux Poupées Persanes.

La mise en scène est très rythmée, millimétrée tout en laissant une grande place aux émotions et à l’incarnation. C’est là que Magali Genoud, Maëlis Adalle, Azeddine Benamara nous transportent les un.es après les autres, toustes impeccables. Même si je reconnais avoir eu un coup de cœur pour Azeddine qui passe d’un rôle à l’autre avec grande agilité.

 

A 18H50 au Théâtre des Béliers

1H25

Du 5 au 26 juillet

Séances supplémentaires les MARDIS  8, 15 et 22 à 17h05
Relâches les mercredis 9, 16 et 23

 

 

 

Le dernier Aïd : Wacil Ben Messaoud pris entre la tradition et le désir des planches dans un récit passionné et teinté d’humour – La Scierie

 

 

5h du matin. Wacil s’apprête à quitter la boucherie de son père de Port-de-Bouc. Il s’apprête à rejoindre Paris pour devenir comédien. Ce n’était pas prévu.

Le duo s’arrête, laissant une seule solution pour le père : vendre la boucherie et rompre la tradition familiale. Wacil se raconte et raconte ces années de formation qui l’ont marqué, les clients et apprentis hauts en couleur avec le ton change lors des dernières heures mais aussi cette culpabilité à rompre une tradition familiale. L’adresse au public est passionnée et souligne le poids de la transmission familiale notamment pour les 2ème et 3èmegénérations d’immigrés en France.

Cette tension entre tradition et émancipation est imbriquée en filigrane dans un récit plus vaste : celui du sacrifice d’Ibrahim.

Au cœur de la fête de l’Aïd, la métaphore traverse toute la pièce. Ibrahim, à qui l’on demande de sacrifier son fils, reflète le dilemme contemporain d'un père qui doit laisser partir son enfant tout en luttant contre le poids de ce qui est traditionnellement convenu.

 

A 20h35 à la Scierie

50 minutes

Du 4 au 14 juillet 

Relâche le 8 juillet

 

 

J’aurais voulu être Jeff Bezos – La Factory / Espace Roseaux Teinturiers

 

D’une joute manichéenne en vers entre une aficionados d’Amazon et une anti-capitaliste, naissent nos contradictions de consommateur.rice « responsable ». L’ovni change de forme, il se concentre maintenant à retracer l’histoire et les interview d’un de ces 7 pères de la Sillicon Valley : Jeff Bezos. Promoteur du libertarisme comme son ami Elon, il dit n’être parti de rien et avoir réussi à la seule force de sa volonté… Son ambition : que la fonctionnalité proposé par son empire se faufile dans les sphères du travail, du commerce et de nos propres maisons. Et pouyrquoi pas jouer sur un chantage affectif pour récolter nos données ? Dans la Amazon family, tout est calculé et on loue le « Seigneur Bezos ». Au travail, trône sur les taules d’acier « work hard, have fun, make history » (« travaille dur, amuse-toi, crée l’histoire » en anglais). Comme s’amuser quand le travailler plus, gagne moins est de mise ? Les machines planent comme une menace de remplacement et les syndicats sont criminalisés. Bref, ce n’est que le reflet de notre réalité. Le tout premier syndicat chez Amazon a dû attendre 2022 pour voir le jour. Mais ici, nous sommes entre convaincu.es, nous ne voulons prendre sa place. Le collectif P4 propose une fable, un ovni absurde, cynique et hilarant à souhait pour dresser le portrait de Jeff Bezos et de l’empire Amazon (et tous ses potes de la Sillicon Valley) en empruntant au classique comme au dystopique afin de démonter leur envie démesurée de tout posséder (et détruire). Coup de cœur assuré !!

A 21H45 à La Factory / Espace Roseaux Teinturiers

1H10

Du 5 au 26 juillet

Relâche les 8, 15, 22 juillet

 

 

Crédits photos : 1- Antoine Vincens de Tapol / 2 : Simon Gosselin / 3 : compagnie Kourtrajmé  / 4 : Avril Dunoyer

 

Jade SAUVANET

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LES CHANTS DE MARS LE PREMIER FESTIVAL DE CHANSON FRANCOPHONE DE LA MÉTROPOLE DE LYON !  A Lyon, le festival Les chants de mars aura lieu du 12 au 28 mars 2026. Il s'annonce riche en surprises pour sa 20e édition, parrainée par le duo Terrenoire.

 

 

 

La 48ᵉ édition du Festival international du court-métrage de Clermont-Ferrand se tiendra du 30 janvier au 7 février 2026. Au total, plus de 8 500 films ont été reçus, dont 1 879 coproductions françaises.

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